CHAPITRE NEUVIÈME
ments de cette époque, plane la grande figure d'Ormuzd*. »
Ce nom est celui du Dieu primitif, du Dieu par excellence, tel que la langue zend nous Ta conservé dans les livres de Zoroastre.
Il appartenait bien au savant commentateur du Yaçna de dégager ce nom auguste de son enveloppe cunéiforme. C'est ce qu*il a fait par la détermination de la lettre Z de son alphabet. Il a découvert ou plutôt il a rendu possible la lecture du groupe symbolique représenté par les sept caractères : A-U-R-M- Z-D-A, qui reviennent si souvent dans les inscriptions des rois achéménides. « Moi , Darius , par la grâce d'Auramazda, je suis roi. Aura-mazda m'a donné le royaume. »
« AUR-MZDA n'est qu'une corruption phonétique du nom de la Divinité suprême, Aura-mazda, que npus retrouvons à chaque page du Zend-Avesta. « Aura-mazda y est représenté comme le créateur et le gouverneur du monde, c'est l'Esprit saint et véridique, l'Esprit sage et vivant *. » Nous reviendrons plus tard sur le sens et la portée de ce nom, au point de vue de la science des religions comparées.
Ici, au simple point de vue philologique, qu'il nous sufBse de faire remarquer que cette œuvre de reconstitution a coûté plus d'un demi- siècle de dévouement et de laborieuses recherches.
* Menant, p. 263.
* Mâller, p. 262.
La première lettre, A, de ce nom fameux, avait été découverte par Munter. Les lettres V, R et D le furent plus tard par Grotefend. M fut constaté par Rask, Z enfin, par Lassen et Bumouf. Après avoir bien reconnu et établi l'identité du mot sacré Aura- Mazda des livres zoroastriens avec le mot non moins sacré Aubmzda des inscriptions achéménides, Burnouf observe que la suppression des deux lettres A , dans ce cas, est due non à une règle étymologique, mais à un vice d'écriture, attendu que, pour la représentation des voyelles, l'écriture cunéiforme est moins parfaite, moins rigoureuse que récriture zende ou sanscrite; elle est en désaccord avec la belle langue arienne qu'elle est ici chargée de représenter.
Cette langue arienne, qui s'offre ainsi à nous sous des traits cunéiformes du premier système des inscriptions des rois achéménides, n'avait été d'abord, de la part de Grotefend, comme nous l'avons dit, qu'une heureuse et hardie hypothèse. Cette hypothèse est devenue, peu à peu, une réalité et a fini par servir à son tour de confirmation et de contrôle à l'authenticité de cet antique dialecte zend, dont Bumouf a été, parmi nous, l'initiateur. En nous faisant connaître l'étroite affinité qui le reliait au sanscrit des Yédas, il nous a donné le moyen de remonter au berceau de la Perse, et par là nous a permis de toucher à l'origine du culte d'Ormuzd et des doctrines de Zoroastre.
Et, en effet I la langue des cunéiformes parlée au