CHAPITRE NEUVIÈME
temps de Darius et de Xerxès, et contemporaine des historiens grecs, procède directement, malgré l'intervalle des siècles, du zend ordinaire de TAvesta. Mais le vaste recueil de ces textes sacrés n'est pas entièrement écrit dans un dialecte homogène; il contient des parties dont les dialectes divers attestent, par leur composition et par leur origine, des époques fort éloignées.
Il en résulte donc que la distinction et la distance qui existe entre le zend ordinaire et les cunéiformes existe encore, en rebroussant chemin et en remontant vers le passé , entre le zend ordinaire de l'Avesta et le dialecte de certaines parties beaucoup plus primitives du Yaçna, entre autres, les cinq chapitres connus sous le nom de Gàthas.
C'est un recueil de pensées abstraites et philosophiques. Haugh les considère comme représentant la doctrine originelle et primitive de Zoroastre.
On voit tout de suite à quelle immense distance, vers le passé, peut nous ramener une pareille étude.
En établissant de plus en plus l'étroite affinité qui règne entre le zend et la langue du Rig-Yéda, elle nous fait remonter d'un bond, et par delà la Perse, aux temps primitifs des patriarches iraniens, à l'époque pastorale où le sanscrit védique était parlé par les Hindous, avant de franchir les gorges de l'Indou-Koush pour se répandre dans le bassin de rindus et vers les rives du Gange.
Cette partie, la plus reculée de TYaçna et la plus
anclenue de TAvestay avait échappé à Bornoof, ou du moins la mort ne lui avait pas permis d'y pénétrer.
Elle eist devenue, pour ses continuateurs, un champ d'exploration, un but de laborieuses et continuelles recherches.
Parmi les savants actuels dont les travaux sont les plus récents et les plus remarqués, on peut citer MM. Spiegel et Haugh*.
Haugh a plus spécialement suivi la méthode du maître. Il a laissé de côté les interprétations traditionnelles des prêtres, la version pehlvi et la traduction sanscrite de Niriosengh. Gomme Bumouf, il n*a atta-: que le texte qu'avec des armes philologiques. Laissons-lui la parole, si nous voulons savoir ce qu'est la vraie science en de pareilles mains :
ft Animé par l'amour de cesantiques archives, et plein d'espoir de faire des découvertes dans une terre inconnue. J'entrepris des recherches vers ces textes sacrés.
« Je dirigeai mon attention vers les parties métriques du Yaçna, nommées les cinq Gàthas, dont l'explication n'avait encore été tentée par aucun orientaliste. La principale raison de cette difficulté est leur caractère spécial , tant pour le langage que
1 spiegel pablie en 1859 le premier volame de la traduction allemande de VAvesta , contenant le Vendidad, et, en 1859, la tradaction de VYi^na et du Vispertd, Des versions modifiées ont continué à paraître en 1865 et 1866. Haagh lui reproche de s'éire trop asservi à l'interprétation traditionnelle des Parsis , et d*avoir négligé les investigations philologiques prises dans le sens rigoureux du mot. (Robiou, ouvrage cité.)