CHAPITRE TREIZIÈME
branches, qaand les hymnes les plus anciens da Rig reçurent la forme sous laquelle ils nous sont parvenus. Bien des siècles peut-être s'étaient écoulés depuis la scission ; mais certainement on était loin , très-loin , de l'origine et de Tenfance de notre race : rétat de la langue, déjà profondément altérée, l'indique suffisamment.
« Par les idées comme par le langage, les chants consacrés à la louange d*Agni, d'Indra et autres dieux védiques , ne nous offrent donc autre chose qu'un remaniement, une appropriation , à la manière hindoue, du patrimoine intellectuel des peuples aryens ^ »
Mais le patrimoine intellectuel lui-même, de quelle source dérive- t-il? Ne serait-ce pas, par hasard, d'une mythologie primitive, puisque toutes les théogonies de l'Inde et de l'Europe présentent des analogies qui peuvent laisser croire à cette mythologie primitive, mythologie commune à tous les Aryens, avant l'époque de leur séparation?
On voit l'objection ; elle est bien nettement posée : nous ne la dissimulons pas ; voici la réponse :
Oui, il existe des conceptions générales qui servent de base à tons les systèmes religieux de l'Inde et de l'Europe.
Mais ces conceptions sont tellement naturelles à l'homme, qu'A n'est pas nécessaire de recourir à un berceau commun pour expliquer la tendance qui
1 Le R. P. Brucker, Etudes philosophique* et religieuses, aTril
pousse chacun de nous à reconnaître et à respecter rintervention divine dans la grandiose manifestation de sa puissance, au sein de la nature.
Nous devons ajouter, il est vrai, que, de la connaissance du Créateur à Tadoration de ses œuvres, il n'y a qu*un pas; il n'y a qu'un pas pour passer de la contemplation des grands spectacles de la nature à la déification des forces matérielles qui n'en sont que des agents secondaires et des instruments.
C'est une pente fatale, qu'aucun peuple livré à luimême n'a su éviter.
Il n'est pas une idée générale du paganisme aryen qui ne se répercute, avec des variantes purement accessoires, dans la plupart des races païennes de l'antiquité et même de l'époque moderne.
Ce n'est point une raison pour les faire remonter forcément à une source païenne. Car, pour que leur présence devint un argument en faveur d'une mythologie primitive, il faudrait que ces idées, générales et communes à tous nos ancêtres , se trouvassent également liées à des mots communs, susceptibles, par leur identité, de soutenir l'épreuve de la méthode scientifique qui vient d'être posée, comme règle fondamentale de la philologie et de l'étymologie comparée. Ce n'est évidemment qu'à cette condition, nous l'avons déjà dit, que ces termes communs peuvent être considérés comme les témoins autorisés de la pensée de nos premiers ancêtres.
C'est ce que Max Mùller exprime en ces termes :