‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 79 sur 137 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

« La rencontre des mêmes conceptions, des mêmes mythes et des mêmes légendes dans Tlnde, en Grèce, en Italie et dans la Germanie, nous donne bien quelque présomption en faveur de leur communauté d'origine ; mais il ne peut être question de certitude et de réalité que si Ton parvient à trouver des dieux et des héros portant le. même nom dans la mythologie desYédas et dans celle des autres peuples indoeuropéens. •

Cette étude comparative a été faites Elle renverse les inductions à Taide desquelles on cherche à remonter des mythologies indo-européennes à une mythologie originaire : une telle mythologie n'a jamais existé.

Les peuples aryens n'ont point eu à leur berceau une mythologie primitive, commune, antérieure à la dispersion de leur race.

Entre les dieux du Panthéon védique et ceux de la Grèce, une identité générale ne peut être établie.

Toutefois, dans cette foale de héros et de dieux, il est un nom qui les domine tous. Il présente des coïncidences étranges et un rapprochement lumineux. C'est le nom donné à la puissance divine, dans le sens le plus immatériel et le plus élevé.

C'est le nom même de Dieu ^ !

' La Science du langage et la religion primitive, P. Brucker^ Études religieuses et philosophiques (avril 1874).

'/(/.■ La source du nom de Dieu n'est pas plus sanscrite ou in« dienne que latine ou grecque. Elle se trouve tout simplement dans le patrimoine intellectuel et religieux commun à tous les peuples de langue indo-européenne. » Réponse à M. i€ Anselme (août 1875).

Diea vient du latin Deus, nous ne dirons pas du grec 9e(i<>, mais du sanscrit Deva, Dçvas, en lithuanien DiewM, en ancien prassien Diewa.

Les différences que Ton observe sont justifiées par i'étymologie, et il n'est pas un changement de lettre qui n'y soit motivé par une loi positive, loi variable selon les dialectes, mais, dans chaque dialecte, loi applicable à tous les cas semblables.

Mais Devas, Deus, n'est point une racine. Ce n'est qu'un dérivé de la racine sanscrite div ou dyu, briller, s'élancer, rayonner*.

* Maigre Tidentité de l'idëe et da son , les lÎDgaistes ne font point dëiÎTer 0e6ç de Deus, à cause du 6 qui, d'après les lois de la lingnistique, se transforme en F et non en D.

' Plusieurs savants se sont efforcés de rattacher la racine div à des radicaux sëmitiques. ■ Voas donnez une étymologie sanscrite au nom de Dieu, écrit le marquis d'Anselme au R. P. Brucker; moi, j'en donne une sémitique. La philologie toute seule est encore impuissante à trancher la difficulté. Appelons à notre aide l'étude des traditions comparées, pour qu'elle nous montre à laquelle de ces deux élymologies se rattache la notion la plus pure et la plus élevée de la Divinité. Or, le plus beau nom de Dieu est le Tout-Puissant, Celui qui estj Ëlohim, Jéhovah. Ce serait donc avec la connaissance de ces deux noms que Thomnie aurait reçu la connaissance de Dieu. «Aussi je rattache le mot Z)et;a,Dien, à la racine sémitique Jéhovah, qui exprime l'intelligence suprême , plutôt qu'à la racine sanscrite diVf qui signifie briller. • Telle est en substance et sur l'origine du nom de Dieu la thè^e soutenue par M. d'Anselme dans une série d'articles publiés par la Revue des Annales de philosophie chrétienne, 1874-75.

Aux reproches qui lui sont adressés, le P. Brncker répond qu'il ne prétend point sacrifier l'étude des traditions à celle de la philologie. Dans la recherche des origines, ces deux études ont à ses yenx un

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