‹ Voyage au pays de la quatrième dimensionChapitre 29 sur 51 · LE JAHDIN DES PLANÈTES 2J · texte numérisé non relu

LE JAHDIN DES PLANÈTES 2J

d'en expulser la personnalité immatérielle pour permettre au.^ gens épris de repos ou de rêverie d'occuper momentanément ces fragiles abris. Et le Jardin fut surveillé d'une façon toute spéciale pour qu'aucun accident ne vînt troubler ces paisibles retraites.

Certaines personnes passaient ainsi des semaines exquises dans la même serre ou dans la même prairie, jouissant pleinement de tous les avantages de la vie animale ou végétale, mieux que n'avaient pu le faire les dames d'autrefois qui jouaient à la bergère, abusant même parfois, sans retenue, des corps d'emprunt qui n'étaient pas les leurs.

Cette mode délicate adoucit un peu les rigueurs de la période scientifique encore à ses débuts et l'on ne peut s'empêcher de constater, à ce propos, combien toutes ces possibilités scientifiques avaient été pressenties, jadis, d'une façon obscure parles religions antiques et par les spirites naïfs du dixneuvième ou du vingtième siècle. Lorsque les Egyptiens plaçaient dans les tombeaux des objets usuels, des armes de combat et qu'ils respectaient la dépouille du mort, c'était avec l'intime conviction que les doubles matériels de tous ces objets seraient utilisés par le défunt dans sa seconde vie. Quant aux spirites qui croyaient à l'évocation des morts,

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ils aimaient également à se figurer volontiers que, dans leurs naïfs cimetières, l'âme d'une jeune fille morte viendrait cueillir l'âme des fleurs mortes que l'on apportait sur sa tombe.

Moi qui suis parvenu au pays de la quatrième dimension, je n'ai pas besoin de dire combien toutes ces croyances d'autrefois en la survivance paraissent primitives lorsque l'on sait que la mort n'existe pas, que la vie, si courte qu'elle paraisse, n'a aucune valeur en durée mais simplement en qualité, en dehors de toute notion enfantine de temps et d'espace.

Ces notions de dédoublement du corps et de l'esprit dont vécurent les croyances anciennes, se trouvaient donc réalisées, mais directement sur terre, pendant la vie. Elles n'étaient plus qu'un moyen de villégiature à la portée de tous, infiniment banal en somme et placé sous la surveillance directe d'un laboratoire scientifique.

Cette coutume charmante prit fin, cependant, elle aussi, d'une façon assez brusque, à la suite d'incidents pénibles qui désolèrent le Jardin des planètes.

On avait ainsi surnommé ce grand jardin entouré de murs parce qu'il contenait de gros fragments de matière interplanétaire, des bolides comme on disait autrefois, détachés peut-être

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