‹ Voyage au pays de la quatrième dimensionChapitre 41 sur 51 · AU DELA DES FOIÎCES NATURELLES ±Q · texte numérisé non relu

AU DELA DES FOIÎCES NATURELLES ±Q

pensée humaine; mais du jour où la quatrième dimension entra dans le domaine de la pratique quotidienne, il en résulta des bouleversements inouïs sur la surface du globe.

Au début, les penseurs très avancés, qui s'étaient faits à cette idée, s'étaient contentés, pour leurs voyages d'exploration, de recourir à l'utilisation des spectres et des fantômes qui leur fournissaient momentanément le corps surnaturel dont ils avaient besoin pour incarner leur pensée. Ils pouvaient ainsi, sans aucun risque, abandonner, durant plusieurs jours, leur corps humain vivant seul d'une vie ralentie et emprunter des formes spectrales qui suffisaient pour leurs déplacements en quatrième dimension.

Mais, petit à petit, avec la pratique continuelle de ce sport nouveau, les hommes en arrivèrent à tenter d'adapter leur propre corps aux exigences plus vastes de leur pensée. Pourquoi ne point essayer de plier leur enveloppe matérielle aux idées nouvelles? Chose invraisemblable, ils y parvinrent, et ce furent bientôt d'irréparables désastres.

On le sait, en effet, le corps humain est construit d'après les principes de l'espace à trois dimensions. La charpente osseuse est établie suivant cette vision provisoire de l'univers, les

organes sont contenus par les muscles, par la peau dans un espace à trois dimensions. Du jour où l'on voulut plierle corps humain aux exigences de la quatrième dimension, il en résulta pour lui les désordres les plus graves. Sans blessure apparente, sans ouverture visible, certains organes se trouvèrent transportés au dehors du corps et, sous la poussée naturelle des muscles, ils se groupèrent en un indescriptible amas, échappant à toute règle connue, à toute anatomie précise.

On ne pouvait pas dire, certes, que le corps, ainsi modifié, se trouvait écrasé, broyé ou désagrégé; il continuait à vivre, mais sans présenter l'apparence habituelle du corps humain dans un espace à trois dimensions.

Cette terrible leçon impressionna vivement d'autres savants, qui résolurent de ne plus s'exposer désormais à de pareils inconvénients, et, tout naturellement, ils eurent recours à des animaux domestiques pour incarner provisoirement leur esprit. Leur corps huriiain était déposé, en attente, dans le Grand Laboratoire Central où il était conservé et, pendant ce -temps-là, nos explorateurs s'en donnaient à cœur-joie en utilisant les corps d'infortunés animaux.

Certains savants, comme les généraux d'autrefois, eurent ainsi d'innombrables chevaux tués

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