‹ Voyage au pays de la quatrième dimensionChapitre 42 sur 51 · AU DELA DES FORCES NATURELLES · texte numérisé non relu

AU DELA DES FORCES NATURELLES

SOUS eux, ou, du moins, réduits à l'état d'organismes informes, inconnus jusqu'à ce jour dans l'espace à trois dimensions.

Puis il y eut des gens qui ne revinrent pas réclamer leur corps humain et dont on n'eut jamais de nouvelles. On remarqua simultanément des signes d'intelligence chez certains animaux et l'on s'en montra fort inquiet. Tel chien, tel cheval errant dans la rue, n'était-il pas un des savants les plus notoires du Grand Laboratoire Central? On dut prendre d'infmies précautions pour, dans le doute, ne point maltraiter des ânes ou des oies qui incarnaient peut-être Tesprit des plus grands représentants de l'espèce humaine.

De nombreux cas de folie s'étant manifestés, dans les années suivantes, chez des animaux, on dut créer un asile spécial d'aliénés pour les enfermer. On n'osait, en effet, attenter aux jours de ces animaux bizarres et on en vint à avoir pour eux le même respect que témoignaient jadis les peuples de l'Orient pour les bêtes.

La folie chez les animaux emprunta les formes les plus bizarres. On remarqua des girafes qui refusaient toute nourriture et qui s'imaginaient, la nuit, brouter des étoiles. Des chevaux atteints de folic' orgueilleuse passaient toutes leurs journées à danser sur deux pattes et à hennir

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d'une façon triomphale. Des chiens, éternellement fidèles à tous les gens qu'ils rencontraient, dépérissaient de chagrin en songeant à ces milliers de maîtres qu'ils ne reverraient jamais.

On parla beaucoup d'une autruche qui croyait avoir avalé un trottoir et qui se traînait lourdement par terre, écrasée par ce poids supposé. Un veau, couronné de fleurs, se noya dans un étang, avec deux branches de persil dans les narines ; des chats s'imaginèrent émettre des ondes hertziennes et restèrent sans bouger, toute la journée, attendant scrupuleusement des télégrammes sans fil.

Cette situation angoissante ne prit fin que le jour où l'on interdit formellement de pareilles substitutions et, provisoirement, tout rentra dans l'ordre à partir de ce moment-là.

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