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AU CAMP DES LAPONS

de tourbe ; vous aurez une id^e exacte d'une demeure lapone. La porte, haute de l'"50 environ, ferm^e par des planches mal jointes, tient lieu de fenetre quand elle est ouverte ; h I'int^rieur, un foyer central, 6tabli sur un massif de pierres assemblies, rechauffe une grande chaudi^re attach(5e k une chalne de fer, remplie d'une bouillie epaisse compos6e de farine et de lait de renne; une litiere de brindilles de bouleaux jonche le sol. C'est 1^-dessus que reposent pele-mele, nuit et jour, les membres de lafamille (peut-etre m^me de latribu), dans une atmosphere puante et enfum6e. Une femme assez jeune, coiff^e d'un bonnet de drap aux couleurs voyantes, enveIopp6e de peaux de rennes, est 1^, accroupie; elle berce un nouveau-n6, ficel6 dans une sorte de grand sabot reconvert de cuir et suspendu par des lani^res aux montants de la hutte. Quelques vases de

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bois, un cofFre, des bottes de cuir, des peaux, forment le mobilier

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de cette installation. Une fillette d'une quinzaine d'annees, aux traits fins, k la physionomie strange et sauvage, aux pommettes saillantes

et aux yeux petits raais vifs, vient nous presenter une ^cuelle remplie de lait frais, tandis qu'une vieille, rid^e comme une sorciere de

Macbeth, aux cheveux rares, aux yeux gris et brillants, nous fait des propositions commerciales. EUe sort de son corsage des cuill^res

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d'argent etd'os travaille, unebague d'or ornee d'annelets grelottauts

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LA CUISINB DANS £iA HUTU

comme des breloques, des rubans de laine brod^s, tout un bazar

enfin. Bientot les hommes nous apportont des v6tements complets,

des bottes, des gants, des couteaux fails avec de vieilles limes us^es

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h la meule et enferm^s dans une gaine oompos^e de deux plaquettes

de bois de renne riv6es ensemble ; gesticulant comme des muets, ils

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nousexpriment par une mimique tres expressive, le prix qu'ils nous

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demandent de ces; specimens de leur Industrie, les concessions

qu'ils sont disposes k nous faire.

Ces hommes scat petits, fort sales et mal batig, leur buste dispro-

portionne repose sur des jambes arqu^es comme des douelles de ton-

neaux, et leurs longs bras pendent comme iceux des oraDgs-outangs.

Leur d-marche disgracieuse rappelle celle des canards et des oies,

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