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CIIAPITRE XV
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STALHEIMS-HOTEL LE N^R(ffiDAL APRliS LA PI.UIE ^— LE N^ROEFIORD
L^RDAL SOEREN LE JOSTEDALSBR/E — EN ROUTE POUR KniSTIANIA —
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l'eGLISE DE BORGUND DNE LEgOiX DE RUNIQUE.
De toutes les stations rencontr^es sur notre route, au oours de
ce long voyage en Norwege, celle de Stallieim est sans coutrodit la 1
raieux situee au point de vue pittoresque. Imaginez-vous un roc
escarpd de 342 metres, se dressant au fond d'une vallee do 9 kilometres de long, encaiss^e entre deux rnurailles (ilev^es de 2S() metres;
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au fond de cette large gorge serpente un torrent, form6 par les eaux abondantes de deux ruisseaux qui tombent en cascades, u droito et
k gaucbe du nid d'aigle nomme Stalheims-IIotel.
M vous avancez de trente ou quarante pas en dehors de la porle
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du chalet-station, vous vous trouvez suspendu au-dessus de I'abirae; k gauche et au-dessous de vous se d^roulent seize 6aormes lacets
qui perraettent aux voitures de descendre sur les bords de la riviere, pour atteindre la route basse de Gudvangen.
En avant se dresse la masse ^norme du Jordalsnut, cone gigan- ' tesque, k la cime arrondie, baut de 1 100 metres. Dans le lointain.
vous distinguez le Kilefos, une des plus grandes cascades d'Europe
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(chute de S60 metres). ,
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La station, nouvellement reconstruite sur un plan bien coneu,
regarde ce paysage grandiose, et des verandas munies de sieges,
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de tables, de longues-vues, sont disposees k proximity des chambres
destinies aux voyageurs. Ne me demandez pas la nationality du i
nouveau propri6laire de cet 6tablissement « very confortable », je
serais obIig(3, vous le pensez bien, de vous r^pondre: « Oyes! En-
glish indeed (1) ! »
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(1) TiM.J.irtioii lilji'c : ci Parblni ! mais il est AuglaisI »
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DE BERGEN A KRISTIANIA
Apr^s avoir pass6 la nuit et la matinee a. Stalheim, nous donnames I'ordre & notre a kydsgute » de descendre sur Gudvangen, nous reservant de le suivre k pied a cause de la i^apidite excessive de la pente et des nombreux tournants de la route. A peine nos preparatifs de voyage etaient-ils acheves, le ciel brusquement voile de gros nuages se mit a fondre en eau. La descente fut horrible ; les rochers ruisselants avaient Fair de pleurer sur notre sort, et, trempes comme des plongeurs nouvellement sortis des profondeurs de la mer, nous nous faisions pitie I'un k I'autre en nous regardant.
Enfin, nous pumes prendre place dans nos v6hicules d6couverts, mais ce fut pour suivre une route defoacee, et coupee sur plus d'un point par des torrents « de circonstance ». Nous apprimes, de voyageurs attardes et navres, que depuis cinq jours les catarautes du ciel 6taient ouvertes sur le Naeroedal.
Que voulez-vous ?... Lorsqu'on entreprend un long voyage, il faut emporter avec son petit bagage une forte provision de philosophie, de patience, etmeditersouvenlcettepenseepleine d'a-propos: « II est impossible, aussi bien k I'^tranger qu'en France, de nager sans cesse... dans le bonhear 1 » avec cela, comme disent les marins, « on est toujours par6 ! »
Vous pouvez m'en croire, il nous fallut puiser ce jour-la dans notre r{5serve, afin de gagner sans mauvaise humeur I'hotel Holsen.
Et la pluie tombait toujours ! Et les cascades roulaient, en guise de bouillons d'6cume, des torrents de boue melee de quartiers de rochers arrach6s k la montagne par les grosses eaux.
D'en has, nous voyons ces petites avalanches rebondir de roc en roc ; leurs debris solides 4clataient comme des obus en tombant sur les blocs de granit, et les malheureux bestiaux, livres a eux-memes ■ dans la montagne, cherchaient pr^cipitamment un abri naturel capable de les garantir des projectiles dont ils 6taient cribles.
Enfm, « le deluge d'en haut » prit fin, et nous pumes gagner sans trop de « misfere » le pont du Fjalir, qui chauffait au bout de I'estaceda de Gudvangen en attendant I'heure du depart.
II faut environ trois heures pour se rendre, par eau, de cette station a La3rdalsoeren, mais le temps passe vite k bord, car les yeux sont occup(5s sans cesse par un magnifique spectacle.
Le Naercefiord n'est, comme vous le devinez, que la suite du Naerocdal; les murailles de rochers suivies depuis Stalheim se pro-
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longent dans la mer; mais ici, la vallee, large tout au plus de
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100 metres par endroits, disparait sous la nappe liquide, dos sommets neigeux se dressent au-dessus de ces remparls naturcls,
at les torrents se jettent directeraent dans les flots, de hauleurs
diverses variant de 300 k 1 000 metres. On se croirait dans un era- ^
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