‹ Voyage au pays des milliards (volume 3)Chapitre 24 sur 29 · B. SECOND TABLEAU · texte numérisé non relu

B. SECOND TABLEAU

L'été. Le midi. La jeunesse des individus et des peuples.

La Moisson. Une Nymphe offre à un guerrier la boisson de l'enthousiasme, les sons de la lyre et de la flûte embellissent les joies de la nature; la gaieté de la jeunesse inspire des folies à une jeune fille qui arrose son amie puisant de l'eau. Sur les hauteurs du mont Hélicon, Pégase, d'après les fables des anciens, fait jaillir, par un coup de pied, l'Hippocrène (en français, source de cheval), qui, enchantant l'innocence, descend dans le puits de l'inspiration ; une Nymphe caresse le cheval ailé, un couple amoureux l'admire.

Gomme c'est idyllique !

M. le docteur Lœve, que les dieux de l'Olympe, pour se venger, devraient transformer en arrosoir, décrit encore de la manière suivante l'arrivée du jour : « Les nuages de nuit qui s'évanouissent font voir un chœur qui, avec des harpes, célèbre le lever du soleil, et dessous, des alouettes s'élèvent des champs arrosés en chantant. »

Devine qui pourra ce charabia plein d'une gaieté trop folichonne, qui a toutefois le mérite de donner une idée exacte de la peinture de MM. Cornélius et Schinkel.

On arrive à la galerie des tableaux par un escalier borgne, en passant par une rotonde décorée de merveilleuses tapisseries de Raphaël et d'une légion de dieux et de héros de la Grèce au milieu desquels était placé jadis le buste de l'empereur Guillaume, couronné de lauriers en papier peint : à le voir là avec son col droit et ses favoris bien peignés, on eût dit un inspecteur de police surveillant une école de natation.

La collection de l'ancien musée comprend les tableaux rassemblés par le Grand-Électeur dans les châteaux de Potsdam, de Berlin et de Charlottenbourg ; ils sont classés en trois sections, avec subdivisions, d'après le développement historique de l'art. La première section, où sont réunies les écoles italienne, espagnole et française, est composée de cinq cents tableaux ; la seconde section, qui comprend les écoles flamande, hollandaise et allemande, est également composée de cinq cents tableaux ; la troisième section, de trois cents tableaux, réunit les antiquités byzantines, italiennes, hollandaises et allemandes.

Je ne veux pas refaire sur la galerie de Berlin un travail déjà fait, bien qu'il soit ancien et incomplet '. M. Viardot porte un jugement d'une scrupuleuse vérité, lorsqu'il dit : »< Cette collection n'a pas une seule de ces œuvres

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