‹ Voyage au pays des paintres: Salon de 1876Chapitre 13 sur 20 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Sommaire : Nous irons tout d*abord au jardin. — Les forçats de ridéal à perpétuité. — M. Paul Dubois. — A toute médaille d'honneur tout honneur. — La Charité et le Courage militaire. — M. Falguière. — Le protégé du sieur Emile Ollivier. — Indulgence aux gloires ! — Et le grand citoyen ? — Messieurs les z'harpes, vous pouvez commencer. — M. Delaplanche. — Mme Doche restaurée et la Vierge retrouvée. — M. Mercié. — L'affreux bonhomme en pain d'épice. — Le petit berger n'était pas roi encore. — UAlle^ luia de la jeunesse. — M. Baujault. — C'est la muse de l'équivoque. — La rentrée de M. Christophe et le Masque. — Tout le monde n'a pas une idée. — Il faut rire, ma belle I — La douleur a le droit d'être bien portante . — Du Masque à l'Adolescence, — M. Albert Lefeuvre. — Sera-t-elle jolie? je le lui souhaite. — Il est d'autres entraîneurs du talent. — Le grand Prix de Florence. — Voilà donc une personnalité I

Et aussi, c*est bien décidément la dernière fois que nous commencerons par la peinture notre Voyage au pays des Peintres. A Texemple de certains confrères très-judicieux, nous irons tout d'abord à la sculpture.

Pour vingt raisons, dont une suffirait. La peinture, en dépit des timides espoirs que la présente exposition nous donne, aura quelque peine à guérir de son enfièvrement industriel et malsain, legs du Bas-Empire, a La sculpture, écrivions- nous en 1875, marche lentement et résolument vers un progrès sûr et continu. » Ce qui était vrai, il j a un an, ne Test pas moins aujourd'hui. La rapide fortune» Tentraînement

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du public, sont choses interdites aux sculpteurs. Le travail fatigant et chichement payé, la lutte inces* aante est leur lot. Ils sont les forçats de Fidéal à perpétuité.

Leur tâche est rude, leur courage est persévérant. La lutte même les a maintenus. Us ont jalousement gardé les traditions de leur grand art, et Tidée moderne les a envahis. C'est chez eux que depuis quelques années la patrie, la liberté, le dévouement, rhistoire, la science, la philosophie même, le passé glorieux, Tavenir consolant ont trouvé leurs plus brillants interprètes. Là où les peintres trop souvent s'indifférencient, les sculpteurs s'émeuvent et pensent. Ils ne sont pas moins artistes, ils sont plus hommes, et d'autant plus intéressants. Donc, une autre fois, avant que la folle, la légère, la bruyante, l'innombrable peinture nous ait brûlé les yeux de son bariolage et ahuri la cervelle de son implacable ca» cophonie, nous irons dans le silencieux jardin^ loin de la foule, demander à la sculpture ses calmes et forti> fiantes impressions. Elle réglera notre esthétique. Elle équilibrera notre esprit et raffermira notre &me.

Ceci promis et juré, hâtons-nous. A toute médaille d'honneur tout honneur, et nous débuterons par M. Paul Dubois.

Il a été couronné et justement couronné deux fois, comme peintre et comme sculpteur. Chez le peintre, avons-nous dit, on devine le sculpteur, chez le sculpteur on retrouve le peintre. Et en effet ses deux figures, la Charité et le Courage militaire^ qui orneront prochainement le tombeau de Lamoricière à Nantes, sont d'un exquis et savant coloriste.

La Charité surtout. Fidèle à une tradition coqsi^*

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