BUDGET DES BEAUX-ARTS
Sommaire : Dans les profondeurs budgétaires. — M. Tirard et son rapport. — Un aimable système de gratifications. — Quand aura sonné l’heure. — Une école nationale internationale. — Très-piquant, ce chapitre xli. — Les Cent Vierges du Panthéon. — Comme dit Alexandre Dumas fils. — On dirait un vieux bébé. — Les Fanfans de la Doctrine et les essoufflés de la tradition. — O Athènes! ô Salente ! — A quand le Palais des Beaux-Arts? — Ce cher Odéon ! — A souris mélomanes, rossignols mélancolieux. — Bravo! l’inventaire des richesses artistiques de la France. — Et celui des Monuments historiques? — A Commission, Commission et demie. — Messieurs les Anglais, fouillez les premiers. — Et Carnac ? et La Bastie ? — Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas au Louvre. — Un chapitre de Victoires et Conquêtes. — Propre comme une toile de M. Bouguereau. — Et les Manufactures nationales ! — La vieille innocente ! — Ce que l’État encourage... vous savez le reste. — Au revoir!
Ce que l'État encourage languit, ce qu’il protège meurt.
P.-L. Courier.
Et s’il ne vous déplaît, nous terminerons notre Voyage par une excursion rapide, quelque chose comme une reconnaissance d’éclaireurs, à travers le Budget des Beaux-Arts. Comme tout pays au monde, le Pays des peintres a son budget, ses finances qu’il importe de bien gérer, c’est-à-dire de dépenser pour le plus grand bien du plus grand nombre. Tout un chacun, artiste ou profane, a le droit de jeter dans
les profondeurs budgétaires un indiscret regard. Jetons-le donc.
L’Assemblée nationale, à qui le Pape et M. Dupanloup ont imposé cinq mois d’inutiles mais désastreuses vacances, avait nommé une Commission du budget, et cette Commission avait choisi parmi ses membres une Commission des Beaux-Arts, laquelle, enfin, avait élu rapporteur M. Tirard, député de la Seine, un des esprits les plus alertes, un des homme» les plus compétents de toute l’Assemblée. Nous avons entre les mains le rapport de M. Tirard.
Or, ces vacances bizarres vont bientôt prendre fin. L’Assemblée va revenir, et ne changera point sa Commission du budget, qui ne changera point sa Commission des Beaux-Arts, qui ne changera point son rapporteur. On reprendra paisiblement le travail national, interrompu par quelques évêques sans prévoyance et quelques ducs sans brevets. M. Tirard lira son rapport. On le discutera. Auparavant, et puisque par grâce spéciale, il est encore au mois d’août une primeur, nous l’allons déguster.
Il est fort bien fait, ce rapport. Il témoigne d’une véritable élévation d’idées, d’un coup d’œil très-sûr, d’une observation très-exercée, et aussi de la prudence excessive qu’apportait à entamer la moindre réforme cette Assemblée terrible, dont nous a sauvé le génie politique de nos étourdissants conservateurs. Nous qui ne sommes point tenus à la même prudence que l’Assemblée, efforçons-nous d’indiquer certaines lacunes et de souligner certaines réticences parlementaires de ce remarquable travail.
La République a élevé déjà de 300,000 francs environ le Budget des Beaux-Arts. Voilà qui, de sa
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part, ne nous étonne point. Mais où passe cet argent? M. Tirard nous assure que la Commission de 1877, « suivant l’exemple de sa devancière, a exigé des juste tifications aussi complètes que possible». Soit. Mais où sont ces justifications ? L’on n’en trouve la trace nulle part.
Certain paragraphe du rapport de M. Tirard a violemment, nous le savons, agacé les nerfs sensibles de- la classe dirigeante des Beaux-Arts. C’est celui relatif au chapitre xxxviii : Administration Centrale . Personnel. Cette administration, en effet, demande une augmentation de 14,000 francs sur ce chapitre. Son but philantropique, ou pour mieux dire, paternel, est de relever la moyenne des traitements, « moyenne « inférieure aujourd’hui à celle de presque tous les « ministères. » Le coeur delà Commission du budget allait à son tour s’émouvoir ; mais ne voilà-t-il pas qu’en poursuivant ses indiscrétions, elle connut que l’infériorité de cette moyenne est apparente seulement, et corrigée par un aimable système de gratifications bisannuelles, directement proportionnelles, contre toute justice, à l’importance de chaque traitement, et empruntées à d’autres chapitres que l’on détourne ainsi de l’attribution à eux assignée par la Chambre. Tout aussitôt se referma le cœur parlementaire, et la Commission, considérant que figurent déjà au 38e chapitre 14,000 francs pour indemnités et secours, décida qu’il était urgent de refuser les 14,000 francs sollicités, et même « de retrancher « de chacun des chapitres étrangers au Personnel « une somme égale à l’emprunt qui leur a été fait en « 1876 pour des gratifications. »
La Commission s’est montrée prévoyante et avisée gardienne de nos deniers. Mais que M. le rappor-
teur, passé et futur, n’aille point croire qu’à l’exemple du fameux Solitaire, il a tout vu, tout entendu, tout su. Bien des choses, je pense, lui ont échappé, entre autres et surtout la fort précaire situation des tout petits, petits employés. Celle-là est vraiment digne d’une attention sérieuse, et quand aura sonné l’heure, nous en toucherons deux mots, qui ne seront pas les premiers.
M. Tirard termine son paragraphe du Personnel en signalant « la nécessité de procéder sans rètard à la « réorganisation de l’Administration des Beaux-Arts, « qui lui paraît défectueuse , manquant de lien et « d’unité »... Il serait assez difficile, par exemple, de dire aujourd’hui si la Direction des Musées nationaux, malgré le décret du 4 août 1874, est indépendante ou non de la Direction des Beaux-Arts. Cette situation mal définie et anormale appelle une prompte réorganisation.
De qui, en effet, dépend le Directeur des Musées du Louvre ? de qui le Conservateur du Luxembourg ? Précisons... M. le Directeur des Beaux-Arts n’est-il pas aussi Conservateur du Luxembourg? C’est de luimême alors qu’il sollicite, et à lui-même qu’il accorde une acquisition pour cet intéressant Musée ?
On demande à la Commission une augmentation de 28,/ 10 francs pour cette Ecole nationale des Beaux- Arts, que l’on pourrait dire internationale, tant elle compte aujourd hui d’élèves étrangers. Cette augmentation paraît fort justifiée ; on l’accorde. Nous n’en mourrons pas, et l’École n’en vivra pas mieux. Certains de ses cours, si nécessaires pourtant à l’éducation historique ou littéraire, hélas ! bien négligée des élèves, ne seront pas faits pour cela dans un sens plus libéral, plus moderne, par des pro-
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fesseurs moins réactionnaires et plus éloquents. Ils n’en seront pas plus suivis. Certains emplois, fort inutiles, ne seront pas supprimés. L’enseignement de l’École ne sera pas élargi, dégagé des traditions surannées, arraché à la Doctrine, au cléricalisme, aux parvenus, aux grands hommes d’occasion. Augmentez donc, augmentez tant qu’il vous plaira. Dix lignes, mille, trois mille lignes ne nous suffiraient point pour exposer ce que l’on dit et pense de Y Ecole nationale des Beaux- Arts. On écrira là-dessus d’utiles volumes le jour où, avertis enfin par tant de concours infertiles, par une impuissance assez longuement prouvée, par une décadence assez éclatante, nos parlementaires commenceront à douter de l’opportunité même d’une École spéciale des Beaux-Arts?
Très-curieux, très-piquant, le chapitre xli. On s’y heurte, dès l’abord, à une grosse affaire : Décoration des monuments publics . Crédit demandé... 400,000 fr.
« M. le rapporteur de la dernière Commission du « budget, ditM. Tirard, vous a signalé la grave at- « teinte portée aux prérogatives du Parlement en « matière de crédits par les commandes de peintures « et de sculptures faites, sans autorisation spéciale, « pour la décoration du Panthéon (église Sainte-Gea neviève). »
La Commission du budget de 1877 s’était trouvée déjà devant un fait à peu près accompli, qui lui inspira des scrupules selon nous exagérés et naïfs, et une protestation dont nos génovéfains tinrent compte comme d’une guigne ou, mieux encore, d’une simple liberté de conscience.
Or, la Commission du budget de 1878 « s’est fait « remettre un état descriptif des commandes ; elle a « même eu sous les yeux quelques esquisses, et elle
« a eu le regret de constater que les sujets cornet mandés pour l’une des chapelles les plus importance tes du Panthéon s’écartent absolument du proec gramme convenu. Ces sujets n’ont rien d’historiee que et de national ; ils sont exclusivement em- « preints du caractère de dévotion particulière ee qu’affecte le néo-catholicisme et nous ont paru de ee nature à soulever les plus regrettables polémiee que s. »
Ces remarquables opérettistes, en effet, MM. Lecoq, Clairville, Chivot et Duru, auteurs de ce» Cent Vierges qui firent les délices de Bruxelles et ensuite de Paris, avaient incontestablement troublé le sommeil de notre cléricale Administration.
Elle a voulu, elle aussi, son succès des Cent Vierges. Tout le monde ne pouvant avoir les Variétés pour théâtre, elle dut se contenter du Panthéon.
Et nonobstant les très-respectueuses observations de nos représentants et législateurs, quelques artistes, non pas les premiers venus, ont été conviés à s’illuminer suffisamment. Il s’agit, paraît-il, de retracer sur les murs du grave édifice les pourtraictures authentiques et ressemblantes de toutes ces vierges et madones qui, sur tous les points du territoire, ont, comme l’écrivait Alexandre Dumas fils, la rage de « trop apparaître aux petites filles. »
Aucune, si l’on en croit l’indiscrète chronique, ne manquerait au pieux appel. Ni la Vierge Noire de Chartres, ni la Notre-Dame de Lourdes, ni celle de La Salette, ni celle de Fourvièros, ni celle d’Auray, ni cette autre, voisine de Lorient, que les navires de l’État saluent d’un coup de canon, ni celle d’ici, ni celle de là, ni bien d’autres encore dont les noms échappent à notre profane mémoire. La Mariolâtrie tout entière y passerait. MM. les cléricaux,
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d’ailleurs, auraient tort de s’arrêter en si beau chemin. Il est encore sur ces pierres sacrées des peintures laïques et subversives. On les gratte-ra. Sur le ChenaYard, vite un badigeon sérieux, je vous prie! Et que fait là ce fronton d’un odieux grand sculpteur républicain ? Vite un marteau ! — Aux grands hommes la patrie reconnaissante ! — Allons donc ! — A toutes Nos-Dames la France repentante!
« M. le Ministre,» continue le rapport — ce ministre était alors M. W addington , — ■ « a reconnu lui-même « la justesse de nos observations, et il s’est immédia- « tement entendu avec l’artiste chargé de cette partie « des travaux, lequel a consenti de bonne grâce à « changer complètement les compositions qui lui « avaient été primitivement commandées. »
Cet artiste est M. Humbert, l’auteur de la Madeleine, dont il est parlé quelque part dans ce livre, un peintre d’inspiration fort accommodante, vous le voyez, Oui, mais depuis ces colloques, il y a eu le Seize Mai, le grand Seize Mai, auquel n’ont pas du tout, vous le savez, pas du tout collaboré nos cléricaux. N’importe, nous donnerons à M. Humbert le salutaire avis de s’en tenir aux conclusions de M. Waddington.
Et pour en finir avec le Panthéon béni, disons que les peintures murales de M. Puvis de Chavannes, tout récemment exposées au jugement publie, et puis officiellement récompensées, ne sont pas faites, loin de là, pour atténuer notre révolte contre l’art néo-catholique. Malgré tout le talent dépensé par l’artiste en son Histoire de sainte Geneviève , il n’a pu nous rendre supportables, ni admissibles à aucun degré, ces racontars de catéchisme, pour le développement desquels il lui a fallu inventer une érudition toute spéciale et assez douteuse, des Lutéciens
fantastiques, un peu trop incultes, et proches parents des indigènes de l’archipel Fidji. Dame! il fallait être naïf, plus que naïf, primitif. Et heureusement, ne l’est plus qui veut. Les fausses naïvetés, auxquelles des gens point naïfs accrochent notre siècle et condamnent nos meilleurs artistes, nous laissent la même impression mêlée de colère et de tristesse qu’un homme, déjà mûr et de forte barbe au menton, s’amusant, par un ramollissement quelconque du cerveau, à porter le costume, grimacer les mines et jouer les jeux d’un tout petit enfant!
Le paragraphe du rapport : Acquisitions d'objets d'art , églises et musées , nous dit en quelques lignes que, chaque année, la somme réservée pour les églises s’élève à 40 ou 50,000 francs. Disons tout de suite 50,000, cela vaudra mieux. « L’Administra- « tion des Beaux-Arts ne fait heureusement plus de « commandes de copies. Deux fois par an, les artistes « copistes présentent des oeuvres terminées à la Cornet mission des inspecteurs des Beaux-Arts,, qui les « examine et dresse son rapport. Les travaux accepte tés sont achetés par ordre de classement, jusqu à a concurrence des sommes réservées à cet effet. Le « crédit, qui était autrefois de 2>5,000 francs, a été « réduit l’année dernière à 175,000 francs, que « l’on nous demande et que nous vous proposons de « maintenir. »
Un artiste nous fait observer que ce paragraphe pourrait fort bien rentrer dans le Chapitre 42, celui de l'Exposition des artistes vivants. 11 n’y aurait pour cela qu’à supprimer les présentations des copistes, si parfaitement, si profondément inutiles. Notre artiste a bien raison, n’est-ce pas? Ce paragraphe, d’ailleurs, nous restera jusqu’à nouvel ordre à peu près indiffé—
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rent. Aquoi bon ce crédit, s’il doit se partager jusqu’à la consommation des siècles entre les fils de l’Église, les fanfans de la Doctrine, les essoufflés de la tradition? Parcourez les musées de province, et voyez la somme d’art, l’infinitésimale fraction du génie national qu’j représentent les dons de l’État. A quoi bon ce crédit, s’il doit couver jusqu’à complet é puisement de la virilité française les Vierges consolatrices de M. Bouguereau, les Femmes de Loth de M. Toudouze, les Martyres de saint Etienne de M. Lehoux, les Sébastien de M. Boulanger, les Epaves de M. Cougnj, les Adieux de M. Perraud, les saint Bernard de M, JoufFroj ? P.-L. Courier vous l’a dit : « Ce que l’Etat encourage languit, ce qu’il protège meurt ! »
Et ainsi du Chapitre 42e. Cette Exposition des artistes vivants qui loge en garni, sous un jour faux dont la prévision trouble et dénature le travail de nos artistes, dans un hangar à locomotives que prête le Ministère des Travaux publics à celui de l’Instruction, n’a point inspiré à M. Tirardles plus claires pages de son rapport. L’arithmétique surtout j est un peu embrouillée. Si les frais d’installation sont à peu près compensés par le produit des entrées et des catalogues, le crédit total porté en 1876 par la plus effroyable des Conventions de 310 à 510,000 fr. devrait, pour la majeure part, se dépenser en acquisitions d’oeüvres exposées. En est-il ainsi ? Non pas, certes. Et s’il en est ainsi, pourquoi, selon la règle enseignée tout d’abord et rigoureusement suivie par l’empire lui-même, n’achète-t-on pas au moins tous les Médaillés ? On ne les achète pas tous, tant sans faut, et nous pourrions nommer tel Médaillé de seconde classe dont l’œuvre éclatante ne figure point
sur cette liste sacro-sainte, chargée, on l’a vu, de tant d’inepties.
Le travail des achats, qui le prépare ? Est-ce la Commission? est-ce le Ministère? Chi lo sa ? M. Tirard souhaite que les recommandations de personnages influents soient balayées comme un simple rassemblement, pour laisser à la Commission toute sa pleine équité, sa liberté entière. On ne verra plus en ce beau temps-là « de déplorables médiocrités accro- « chées aux lambris de nos musées et de nos édifices « publics, alors que des collections particulières s’ente richissent d’oeuvres du plus grand mérite. » Rêve doux, patriotique et touchant. O Athènes ! ô Salente ! Ni cabales, ni Cabanelles! Mais nous, qui achevons en ce moment notre troisième campagne contre l’institution du Salon officiel, que nous arrêtons-nous là, discutant et ratiocinant sur la part qu’elle réclame du gâteau budgétaire ? A quand l’Exposition permanente, en son Palais des Beaux-Arts, de la Société nationale des artistes français?
Le Chapitre 43e ouvre aux polémistes de loyale intention et de bon combat le plus vaste champ. C’est celui des Théâtres . Ah ! nous regrettons bien fort, extrêmement fort, que le temps nous presse. Nous aurions eu tant de plaisir à quitter un instant le Pays des peintres pour dévider avec vous quelques menus propos sur cette cléricale exploitation, l’horrible et sentimental Droit des pauvres, vis-à-vis duquel la Commission garde sans doute quelque respect naïf, accusé parle silence du rapporteur. Et aussi sur nos théâtres subventionnés, tous prêtant si fort à la glose. L’Odéon, par exemple. Oh! ce cher Odéon, si utile, si étonnamment fécond ! Et sûrement nous aurions vu ensemble que là, au Théâtre, où l’in-
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tervention administrative est le plus justifiable, où l’insuffisance de nos moeurs et de notre éducatiion publiques lui donnera le plus longtemps enccore une couleur de nécessité, là même il n’est de meilleure conclusion que le refrain de Paul-Louis Courier : « Ce que l’État encourage » vous savez le
reste.
Le Crédit 44e, celui des Souscriptions aux ouvrages d'art , était de 136,000 francs. Beaucoup trop généreux encore, M. Tirard demande qu’on le réduise à 100,000 francs. Il nous apprend, ou plutôt il nous confirme, car nous n’en avions jamais douté, que la Commiss ion d’examen de ces ouvrages « n’a pas encore fome- « tionné bien utilement.» S’étant fait remettre un état des ouvrages achetés ou subventionnés en 1876 sur le fonds de 136,000 francs, la Commission législative a été « stupéfaite d’y trouver un nombre assez c once sidérable d’ouvrages d’un très-médiocre intérêt, « et d’autres dont le succès est depuis longtemps as- « suré et qui par conséquent, n’ont nul besoin d’en- « couragements et de subventions. Les fonds de l’E- « tat mis chaque année à la disposition de la Diree- « tion des Beaux-Arts sont destinés à encourager des « œuvres d’un réel mérite, et non pas à épuiser des « fonds de librairies. »
La stupéfaction de la Commission nous stupéfierait absolument, si nous ne savions combien nos hommes politiques sont remplis encore de préjugés et d’illusions sur une foule de matières abandonnées jusqu’ici à des budgétiveres prétendus administrateurs, spécialistes et indispensables. S’il est au Budget un chapitre superflu, c’est ce 44®, car, s’il est au monde administratif une affaire bien évidente de boutique et de protections, c’est la Souscription aux ouvrages d'art.
Il n’est là-dessus qu’un cri. Et puis d’où vient, et quel résultat merveilleux amène donc cette tendresse pour la librairie chère? Déjà ridicule chez bon nombre de particuliers, elle devient, pour l’État, folie pure. Le progrès moderne, en effet, ne consisterait-il pas bien plutôt à répandre universellement le livre, en le mettant à la portée des plus humbles bourses ? Et ne vaudrait-il pas mieux, si vous avez quelque argent disponible, encourager les savants et les industriels en quête d’une fabrication économique de la librairie d’art, que de payer inconsidérément des volées de « rossignols » destinés à charmer de leurs chants mélancolieux les souris mélomanes, dans la solitude des greniers ?
Sur ce Crédit toutefois « une somme de 160,000 fr. « dit M. Tirard, est employée à la confection de l’in- « ventaire général des richesses artistiques de la « France. Cet important travail, dû à l’initiative de « M. le Directeur actuel des Beaux-Arts, est plus que « jamais nécessaire. Il importe, en effet, de classer et « de cataloguer nos richesses artistiques disséminées « sur tous les points du territoire, car leur conser- « vation est menacée par l’absence d’un inventaire « complet, et aussi par l’insuffisance de notre législa- « tion. Nous savons que le gouvernement fait étudier « activement cette importante question, de façon à « fixer d’une façon définitive les droits de l’État sur « une quantité d’objets de grande valeur que les face briques d’église, notamment, considèrent comme « leur propriété et qu’elles échangent, vendent ou ce transforment à leur gré. Plusieurs faits de ce genre cc nous ont été signalés et donnent lieu à des procès cc en revendication. »
Un de ces procès a eu lieu récemment. Il a donné gain de cause à l’État contre la fabrique de je ne sais
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quelle église, laquelle avait vendu pour une faible somme d’admirables tapisseries. Il a tourné à la double confusion de Tartufe, convaincu d’avoir trafiqué du bien d’autrui et d’en avoir trafiqué bêtement, comme un ignorant qu’il est de la réelle valeur des objets d’art. C’est donc une excellente chose que cet inventaire des richesses artistiques de la France, et que l’on inscrira justement à l’actif historique de M. le Directeur actuel.
Ne pourrait-on aussi organiser un inventaire minutieux et définitif des Monuments historiques de la France? Ils figurent au budget pour un crédit de 1.360,000 francs, à répartir entre 162 monuments, sur lesquels combien de médiocres ^ou insignifiantes églises! Vous l’avez pu lire déjà dans notre visite à l’Exposition d’architecture. La Commission de 1878, amplement édifiée, formule, comum son aînée, l’opinion unanime « que, dès l’exercice prochain, les mo- « numents qui n’ont pas un caractère religieux « prennent une plus large part dans les crédits qui « nous sont demandés et que les Conseils généraux « soient consultés pour les classements qui seront « faits à l’avenir. » Équitable avertissement! il honore cette Cassandre parlementaire, la Commission du budget, et il soulage sa patriotique conscience. Yain avertissement! les exercices se suivront, et les classements se ressembleront.
Nos législateurs pensent, parlent et votent, quelques séances durant. Nos administrateurs agissent à leur guise, toute l’année. Contre la Commission législative, toute républicaine, qui a la tribune, il y a la Commission administrative, presque toute réactionnaire, qui a les fonds et le pouvoir. Aussi, pour quelques laids clochers rapiécés à grands frais, que de
curieux manoirs à la cime des monts, dans l’épaisseur des vieilles forêts, au fond des sauvages campagnes, vont, depuis des années et des années, s’émiettant aux mains des paysans qui se taillent à plaisir des cabanes dans leurs manteaux de pierres féodales! Et les Alignements de Carnac, que sont-ils devenus? on en comptait par milliers des Menhirs, il y a un siècle. On les compte par centaines aujourd’hui. Nos ingénieurs en ont dallé des routes. Que de fouilles merveilleuses, que de découvertes en ce sol de Bretagne, où l’on peut lire, écrites par le fer et le feu, les terribles conquêtes du christianisme! Ce sont des Anglais qui font ces fouilles. Et parmi les monuments religieux eux-mêmes, qu’est de venue la chapelle du château des d’Urfé, à La Bastie? Que devient le légendaire asile de YAstrée ? Je vousl’ai demandé, il y un an, il y a deux ans, je vous le demanderai demain. M. Montégut vous le demandait hier.
Un important, très-important Chapitre est celui des Musées Nationaux auxquels est alfecté un crédit considérable, dont le rapport ne nous détaille pas l’emploi.
Tout d’abord, pourquoi nos grands Musées dépendent-ils de deux administrations différentes : celle des Beaux-Arts et celle des Bâtiments civils, appartenant à deux ministères différents? Il y a là un manque de logique tout français, un tiraillement funeste à la marche des affaires qui ne nous saurait étonner. Son origine se perd dans la nuit de la routine, et sa fin dans les vagues brumes d’un lointain avenir. Il n’a pas peu contribué, nous le croyons, à l’inexplicable ajournement des travaux sans nombre que le Louvre attend, depuis je ne sais combien de Parlements et do Budgets.
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Que de salles vides et dégradées, là-bàs, du côté de la Colonnade ! Elles ont attristé la Commission!, je comprends ça. Que de caves à établir « sous toutte la « partie du vieux Louvre qui en est dépourvue, et que « l’envahissement du salpêtre menace d’une dest.ruc- « tion rapide. » Il n’est que temps d’aviser, paraiît-il, « si l’on veut sauver le plus beau monument dn la « Renaissance que la France possède. »
L’Ecole moderne de peinture est nichée sous les combles, dans des salles petites, basses, étroites, éclairées comme l’atelier Nadar, où l’on arrive par une échelle de Jacob ! Mais l’on pouvait, il est vrai, facilement approprier pour cette Ecole, digne de quelque intérêt, cette fameuse Salle des Etats, où le sinistre gorü du Deux Décembre tenait chaque armée ses canapés de justice. Elle est immense, et recevrait un trè3-respectable nombre de toiles.
« L’on a conquis aussi sur un logement du rez;-de- « chaussée une nouvelle salle, vaste etbien éclairée. » Conquis est le mot juste, et M. Tirard l’emploie non sans quelque ironie. Mieux que personne, il a pu étudier par le menu cette question des employés, riches d’ailleurs, logés, que dis-je? cramponnés, incrustés, eux et leurs familles, et les annexes de leurs familles, aux frais de l’Etat. Elle aurait une grosse place, celle-là, au Questionnaire des Beaux-Arts ; mais on nous annonce une loi qui supprimera purement et simplement toutes incrustations? Enfin cette salle, dont l’histoire fournirait un supplément à Victoires et conquêtes, est destinée à recevoir, un siècle ou l’autre, les oeuvres de nos sculpteurs modernes, les David d’Angers, les Rude, les Pradier, les Foyatier, les Carpeaux; mais il faudrait, selon toute apparence, des piédestaux, et nous ne les avons pas!
Animé d’une foi robuste dans les destinées de la
France, M. Tirard espérait que tous ces travaux divers seraient achevés, ou peu s’en faut, pour le jour prochain de l'Exposition internationale ; mais il avait compté sans le Seize Mai, qui a vraiment bien d’autres soucis.
En attendant, l’opération pharamineuse dont nous vous entretenions l’an dernier, touche à sa fin ; le génial, le solennel, le divin, le sublime grattage de l’oeuvre de Perrault. Vienne l’Exposition, et la Colonnade du Louvre sera propre, comme les Magasins du même nom, ou une Mère aux sept douleurs de M. Bouguereau.
Et l’on nous proposait encore de rafistoler cette masure, les Tuileries, sous prétexte de sauver un chapiteau, à peu près authentique, de Philibert Delorme! Le Seize Mai ne s’est-il pas bien chargé d’apprendre le vrai motif à qui voulait l’ignorer?
C’est quelque chose, n’est-ce pas? de fort précieux, que le Musée gallo-romain. Rien ne nous est plus indispensable que de bien approfondir nos origines. La preuve en est dans cette hostilité systématique dont le clergé, au ministère, dans les campagnes, par tout, honore nos archéologues, nos fouilleurs, n’ignorant pas les comptes singuliers que le catholicisme des premiers âges devra rendre à l’histoire. Or, dans le Musée de Saint-Germain, des salles prêtes, il y a beau temps, espèrent, comme l’on dit, des collections non moins prêtes. Quelques petits travaux, tout petits, opéreraient promptement la jonction désirée. « Nous les recommandons, dit M. Tirard, à « M. le ministre destravaux publics, car il serait bien « fâcheux de n’avoir pas en 1878 une Exposition plus « riche que celle de 1867. »Mais le ministre en question n’est plus M. Christophle, comme celui des
Beaux-Arts n’est plus M. Waddington. Elle ne sera pas plus riche, M. Tirard, elle ne sera pas plus riche !
Chapitre 49. — Palais du Luxembourg, 82,000 fr. Et puis, c’est tout. Soit. Mais l’emploi de cette somme?
Le cinquantième chapitre, le dernier du Budget des Beaux-Arts a trait aux Manufactures nationales. Elles figurent au budget des crédits pour 883,800 fr. et à celui des recettes pour 200,000 fr. Ce n’est certes pas leur rapport extraordinaire qui les maintient ainsi dans la faveur de nos gouvernants et la bonne volonté de nos légiférants. Quoi donc alors ?
« Elles ont pour mission spéciale, rappelle M. Ti- « rard, de conserver les bonnes traditions, d’entre- « tenir le goût élevé de la forme et des décorations, « de rechercher le perfectionnement des procédés « de fabrication. En un mot, elles ne sont pas les « rivales, mais au contraire, les protectrices et les « directrices de l’industrie privée. »
O sainte, mais déplorable erreur! Les Gobelins peut-être « qu’il faut reconstruire de fond en comble,» et la Manufacture de Beauvais qui se meurt faute d’artistes, ont encore quelque supériorité dans l’art plus borné, de la Tapisserie. Mais était-il donc si nécessaire de reconstruire à grands frais cette Mecnufacture de Sèvres? Celle-là, pour le coup, ne vaut plus guère que comme source de traitements, soutien de familles, et comme Musée. ELle « conserve », oui, elle « entretient » encore : ses employés. Mais il y a des lustres qu’elle ne recherche pas grand’chose, la vieille innocente ! et ne perfectionne plus rien. Les inaugurations, bénédictions,
gratifications ne la sauveront pas. La dernière Exposition de VUnion centrale vous a montré ce que peut désormais, ce que veut, ce que crée dans notre démocratie puissante l’industrie privée. Tout. Ayant
la liberté, elle a le génie.
Et s’il vous reste au fronton de votre neuve Manufacture de Sèvres une place vide, vous y pourrez bientôt inscrire en lettres d’or cette parole du vigneron de Yéretz, qui demeurera « jusqu’au bout » notre refrain de travail, notre fanfare de combat :
« Ce que l’État encourage languit, ce qu’il protège « meurt. »
Au revoir !
TABLE DES CHAPITRES
A. u. Lecteur, vu
S’eu vont en guerre. — Avete, morituri. — Ce sera formidable. — Il pleuvra des palmes et des croix. ■ — Ce sera grandiose. — L’art et son marasme. — Petits peintres, grands hôtels. — Condamnés au brouet. — Horreur! — Cette galeuse, cette pelée. — Ce sera touchant. — Nostradamus l’a dit. — En avant l’Association! — Marchands et marchés.
— Qui trop monte, trop tombe. — Française aujourd’hui,
internationale demain. — Trésor de guerre, conquête de paix 1
Jockey-Clubs panachés, blocs enfarinés. — Toute opposition a ses intransigeants. — Impressionnisme, nihilisme, àpeuprèsisme. — M. Manet figé. — Un crêpe au drapeau, s. v. p.
— Habile ou sincère? — La drôle d’idée qu’ils ont tous!
— C’est lugubre, une folie froide. — L’art a ses Politiques.
— Revoici l'Union. — Ce sont des personnes naturelles. —
Où l’on voit Lançon, Lepère, Meyer, Christy, Thesmar, Gérardin, Régamey, etc. — Plus de foi que de laquais. — En République, c’est quelque chose. — Il y a peut-être un grand Peut-Être. — Saint Rabelais. — Fromentin. — Peintre en littérature, écrivain en peinture. — Diaz et la calvitie d’Apollon. — A quoi pensait-il? — Pauvre Marchai. — Beati qui iugrnt. — Oh ! les croix ! 5
Sculpture.
Chose promise, chose due. — Curie romaine, incurie française.
— Encens et patchouli. — L’État, c’est nous! — Jouffroy.
— Pauvres nous! — Un dandy du Golgotha. — MM. Lenoir, Cougny. — Il n’y a plus d'enfants ! — M. Becquet, Isrnaël,
TABLE DES CHAPITRES
et le R. P. Ducoudray. — Les superstitions mortes. ■— Mercié et le Génie des Arts. — Le bonhomme en pain d’épice. — La critique bat son plein. • — Une France à la petit chien.
— M. Moulin et la Gal/ia nostra. — Les Éoies malfaisants.
— Si elle parlera! — M. Chapu. — Cette femme, c’est la Pensée. — ■ D’aucuns crieront à la romance. — Mi-habit et mi-culotte. — M. Falguière. — Plus d’arbre de gloire dans les bottes! — M. Guillaume et le saint Michel de la ligne.
— Le portier de l’art français. — Le dessin est l’art de la pro-
bité ! — Ni amours, ni mamours. — Toutes les mairies de la République française 14
M. Perraud et la tape du grand-papa. — O dieu de l’ennui!
— M. Henri Cros et les Druidesses. — M. Marqueste et Velléda. — En avant la Gaule! — Que M. Injalbert nous entende! — M. Delaplanche. — Que chantes-tu, belle dame?
— Vieilles Muses et vieilles lyres. — M. Soldi et la plus jolie des Jolies femmes de Grévin. — M. Cabet et Mil huit cent soixante et onze ! — Pourquoi pas 1851? — Où l’on voit apparaître MM. les ducs! - — L'Année terrible et M. de Saint-Vidal. — MT. Peinte et le Prix du Salon. — All'right !
— MM. Lafrance, Lemaire et Noël. — Ton test n’aura plus
de peau! — M. Amy et le Remords. — Le Peuple agacé par l’ordre moral, ou Hercule enfant qui étouffe les serpents 27
A Gustave Doré tout le Catalogue. — Pourquoi nous aimons l'amour triste. — Absurdement auguste. — Fugit Amor! — M. Damé. — Pour quel boudoir princier? — Des ailes! des ailes! — M. Mabille et son Icare. — Namouna et M. Voyez.
— Omphale triomphale. — Clotilde de Surville en pâtisserie. — Schœnewerk. — Un chat tigre de manchon. — A cette Cassandre-là, je demanderais bien la mauvaise aventure. — L’Amour menuisier. — M. Eudes et son chasseur.
— M. Crauk aura de la morte-saison. — M. Ding et son Enfant à la Source. — MM. La Vingtrie, Albert-Lefeuvre, Captier, Aizelin, Leroux. • — M. Chéret et sa fontaine. — Les Italiens marbriers. — M. Genito, son « voyou » et son Verdi.
— Des bustes! des bustes! — Beaucoup de pelés, peu d’élus. — MM. Etex, Barrias, Oliva. — Deux cardinaux et un maréchal. — MM. Hiolle, Guilbert, Boisseau, Caillé, Astruc, Degeorge. — Mme Bertaux et ses élèves. — MM. Baujault, Echérac, Itasse, Francia, Godebski, Latouclie et Ross.
TABLE DES CHAPITRES 181
Salut à Préaultl — Une tète de l’autre monde. — Sans plus de cérémonie 39-
Peinture
Où l’on revoit M. Tartufe. — Il les aime tant! — Tout cela, c’est du décor. — Debout, sans être soutenu. — M. Weerts et le capuchon lumineux. — Le pape et sa grande tenue. — M. Boulanger et son faux revenant. — Sébastien et le César de pacotille. — Le cabinet de cires de M. Bouguereau. — M. Becker et la divine menuiserie. — M. Lehoux, saint Etienne et Thomas Vire'loque. — L’État de M. de Chennevières. — M. Chartran et son Saturnin. — M. Perrault. — Réveillons -nous, monsieur Aublet! — M. Dupain. — Le mât de cocagne officiel. — Nous attendons 33
Cinq fois vainqueur, M. Roll ! — Ce joli mois de mai! — Un gros mufle , point risible. — Toujours premier. — MM. Guillemet et Van Marché. — Oh ! M. Toudouze ! Oh ! — M. Morot et Madame Médée. — Monsieur Ehrmann, votre plafond plafonne-t-il ? — La nature panthéiste de M. Dauéigny. — Monsieur Jules Goupil, prenez garde! — M. Fan tin- Latour et sa Lecture. — • Léopold Flameng, par François Flameng. — M. Guillou. — M. Cabanel est une Monnaie !
— Toujours aveugles, M. Falguière. — Bien coquets, vos Fugitifs, monsieur Glaize! — M. Herpin 61
Harpignies et le jeu de patience. — Hanoteau. — Après l’eau
qui rit, le soleil qui fait tout rire. — La lyre et la fourchette de Monselet. — • Le Chef de l’âtre . — Qui n’a ses enfants dont Fêpaistre. — Guillaumet. — L’École et ses pompes, Rome et ses rengaines. — Une symphonie en blanc majeur. — Critique, ma sœur Anne... — Henner. — Le décapité sur un plat. — Celle-ci est nue, les autres sont déshabillées. — André Gill. — Bravo, Lesueur ! et hue, Polignac! — Gardez votre ours, monsieur Firmin Girard. — Gare à la vogue, monsieur Jacquet! — Mme Elodie La Villette, MM. Gosselin et Huas. — M. Humbert et son Christ. — Un repentir à la poudre de riz. — M. Amand Gautier et le Jury conservateur. — MM. Laugée, Knyff, Jacomin. — Du calme, monsieur Haquette. — 'L’ordre alphabétique et l’ordre moral. — M. Gervex.
TABLE DES CHAPITRES
— Dans l’église du High-life . — Papas et mamans cossus. —
Un sentiment religieux sous bonne escorte 71
Un tableau et un chapitre d’histoire. — Il y a la postérité? — Nous sommes la postérité de 89 ! — Le lion de l’armée française. — Byron dans son Child-Harold. — Il préserva la blancheur de son âme. — Ses pleureurs furent deux armées.
— Le rapport du général Dumas. — L’époque immense. —
Laurens a quitté le moyen âge. — A la guerre comme à la guerre! — Un morceau qui sera classique. — Ce sont des personnes, non des modèles. — Jamais exécution plus magistrale. — On demande un bout de ruban tricolore. — Médaille d’honneur et de civisme. — Il n’est pas Prix de Rome 81
Je dis l’esprit. — Le bisaïeul des ordres moraux. — Le labeur de la Terre. — Ils n’étaient que des figurations passagères. — Cinq ans, quelle carrière ! — Mélancolique, puis atrabilaire. — Au nom de qui? — Voilà le massacreur! — La prescription de l’horreur! — M. Mélingue. — L’habit bleu barbeau et l’Etre suprême. — Le suave Merda. — Une tête rapportée. — Cette œuvre est un signe des temps. — M. Maignan et le continuateur d’Hildebrand. — Encore Mons Tartufe. — M. Alma Tadéma et son Audience chez Agrippa. — M. Motte et son Samson chez Dalila. — Il y a Michelet, il y a les croque-notes. — Les pompeux et les pompiers. — M. Cabanel et sa provocation au bâillement. — Que dirons-nous des mythographes? — MM. Leroux, Priou, Guay, Henri-Eugène Delacroix. — Neuville et sa Bataille de Forbach. — Est-ce là que nous avons fait les prisonniers de Détaillé ? — M. Berne-Bellecour. — Dupray et notre monde militaire. — M. Couturier 90
M. Vuillefroy et le Souvenir du Morvan. — MM. Yon, Wiuter , Willems, Emile Vernier, Saunier. — A travers un bocal bleu. — Les animaux de Vayson. — . M. Schenck. — Cela devient une scie. — M. Texier. — M. Ronot, son bohème, et l’État. — Monsieur Schreyer, mettez tout cela sur le compte de Sedan! — M. Sargent. — Gardez-vous du procédé, mon- ' sieur Renard. — M. Philippe Rousseau. — A la crevette ! elle est bonne! à la crevette! — MM. Bergeret et Attendu.
TABLE DES CHAPITRES
— M. Rapin. — Ah! que de douces voix dans les bois! —
M. Rizo et son Eve apprivoisée. — L’éternelle femme nue de M. Lefebvre. — M. Louis Collin. — Il est brun comme la nuit, elle plus blonde que l’aurore. — Amants plus tard, aujourd’hui amis. — M. Gustave Colin. — M. Paul Colin. — Les amoureux d’Yport. — M. Benjamin Constant. . . 104
Carolus Duran et le portrait de Madame L... — Ne glissez plus, monsieur Bonnat. — Le voilà bien, lui! — Le petit bourgeois, pour faire suite au petit caporal. — Après Bonnat, Chaplin. — Le duc Prudhomme. — Déjazet de la peinture. — M. Bastien-Lepage. — Voilà de l’art honnête. — Dût le ciel de l’Opéra crouler! — MM. Baudry et Delaunay.— Amende honorable à Ribot. — Les dynasties de la peinture.
— Dubufe I, II, III. — Bravo, mon sieur Wencker. — Mlle Valentino. — Mme Madeleine Lemaire. — MM. Emile Lévy, Cormon, Amand Laroche, Castagnary, Cartellier, Henri Haro, Lionel Royer, Poncet, Alphonse Hirsch. — On atout dit sur Meissonier. — Dumas avant l’Académie, Dumas après. — Son ironie a le sommeil léger — Pourquoi pas chez lui.
— Mais n’ayons souci 11
Chevaliers de la Triste-Figure. — Un livre d’or de la démocratie rurale. — Après l’églogue, voici l’ode. — La Glaneuse de Jules Breton. — M. Schutzenberger. — Actéon de biscornue mémoire. — M. Baudoin. — M. Lansyer et ses moulins.
— Les mains remplies de Heurs, les yeux d’amour. — M. d’Alheim ou le fidèle du golfe Juan. — Le paysage inépuisable de M. Busson. — Lejeune inconnu et sa victime. — M. Bernier en est un autre. — Sabotiers qui sabotez ! — M. Le Marié des Landelles. — M. Lhermitte et ses pèlerinages « pour de bon. » — Il est né à Rome, M. Vannutelli. •— M. Bridgman et l’antique Égypte. — En route vers la Pyramide prochaine. — La Gaule et Luminâis. — La Gaule et M. Sauvage. — O les démolisseurs de Paris! — MM. Mois, Nittis, Lecomte, Béraud. — Un instant rentrons encore! — J’aime cette peinture de Sinet. — J’irai en Russie pour me faire une opinion sur M. Chelmousky. — MM. Ballavoine et Bayard. — Ma Villa pour faire suite à mon Castel en Espagne. — La Leçon de danse d’Adan. — La nymphe Écho de James Bertrand. — Une estivale Matinée d’Émile Breton. — M. Milliet et sa Danse à Paphos. — Le Dîner chez Molière de M. Gaston Mélingue. — La Fin d’octobre de M. Diaz. —
TABLE DES CHAPITRES
MM. Munkacksy, L. de Paal, Paczka. — La Chevalière Printemps de M. A. Hirsch. — M. Richomme. — Voir, c’est avoir. — Ce n’était pas un triste Salon, mais un Salon triste. Du 16 mai au 20 juin. — Une statistique officielle. — A l’histoire! 123
Architecture.
Où l’administration fait le quart d’un petit pas. — La solitude des promenoirs. — Architecturales pauvretés. — Construisez mal, mais pensez bien. — Le Sacré-Cœur, M. Simil et les Thermes de Nîmes. — O Ville Éternelle. Quousque tandem?
— M. Dutert prédestiné. — Cette chère Maison de Diomède! Talons empressés, bottes studieuses. — M. Mangeant et Thèbes aux cent portes. — Encore M. Bosc ! — Allons, les églisiers,en avant • — M. Paul Langlois et Saint-Leu-Saint- Gilles. — M. Naples et Saint-Pierre de Gonesse. — M. Ballu et son église fortifiée. — Qu’ils y viennent donc, ces méchants Sarrasins! — M. Goût et sa Chartreuse. — M. Boudier et le Château de Châteaudun. — M. Reboul et celui d’Auffay. — Monsieur Hügelin, pourquoi fûtes-vous élève de M. Labrouste? — MM. Calliat, Charles Lameire, Ledru, Vildieu et Leblanc. — M. Destors et sa boîte à locataires.
— La coqueluche des Communautés. — M. Sauvageot et ses
projets. — Tant pis! je vais me répéter, je me répète. — Je veux mon Forum. — Vous ne nous avez pas lu, reliseznous. — Il aura compris son Temps! 136
Aquarelle, Dessins, Eaux-Fortes, Gravures, Cérani iq ue.
Comme Sa Majesté la Peinture. — Feyen-Perrin, Armand Sylvestre. — Fleur de mer et le général Thomassin. — MM. Casanova, Berchère, Vibert, Worms, Lami, Détaillé, Dubufe fils. — Le réalisme de Bonvin. — M. Laguillermie. — Enfin! Mme Madeleine Lemaire, enfin! — Et Luminais, et Bida... et Barbarin? — Fantin-Latour, ou le wagnérien convaincu.
— La gravure sur bois. — Et puis celle à l’eau forte. — MM. Courtry, Boilvin et bien d’autres. — La gravure se meurt, elle est morte! — Demandez à M. Flameng. — La Céramique au Salon. — Qu’est-ce que M. Grosmaur? — Voir le jour, quelquefois c’est mourir. — Peu de maîtres, beaucoup de professeurs. — M. Léonce Petit et Gambrinus.
TABLE DES CHAPITRES
— Faïences et porcelaines — Depuis Parvillée jusqu’à Mlle Allix. — Les Écoles professionnelles Lemonnier. — Où l’email se réveille. ■ — M. Alfred Meyer. — Où nous retrouvons M. Falize. — Une indiscrétion, je vous prie? — Je me répète volontiers. — Ce sont gens vivants que ces sculpteurs.
— Tant d’art dans notre industrie, tant d’industrie dans
notre art! 145
Le Budget des Beaux-Arts.
Dans les profondeurs budgétaires. — M. Tirard et son rapport. — Un aimable système de gratifications. — Quand aura sonné l’heure. — Une école nationale internationale. — Trèspiquant, ce chapitre xli. — Les Cent Vierges du Panthéon.
— Comme dit Alexandre Dumas fils. — On dirait un vieux bébé. — Les fanfans de la Doctrine et les essoufflés de la Tradition. — O Athènes! ô Salente! — A quand le palais des Beaux-Arts? — Ce cher Odéon ! — A souris mélomanes, rossignols mélancolieux. — Bravo! l’inventaire des richesses artistiques de la France. — Et celui des Monuments historiques? — ■ A Commission, Commission et demie. — Messieurs les Anglais, fouillez les premiers. — Et Carnac? et La Bastie? — Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas au Louvre.
— Un chapitre de Victoires et conquêtes. — Propre comme
une toile de M. Bouguereau. — Et les Manufactures nationales! — La vieille innocente! — Ce que l'État encourage... vous savez le reste. — Au revoir! 161