AUTRE RUE DE LA VILLE DE TÊTE
Albert Barbier, des.-aut. Nancy.
Vue prise du fleuve.
quent, non unie à la base organique comme dans la graine de café; secondement, qu'il renferme une quantité très appréciable de théobromine, qui concourt à l’action de la caféine et possède des propriétés semblables à cette base ; troisièmement, ce qui est un fait important, qu’il possède une proportion considérable de glycose, dont le cacao ne présente aucune trace; quatrièmement, que la quantité d’amidon qui s’y trouve est trois fois plus grande que celle qui existe dans le cacao, ce qui explique sa valeur nutritive ; cinquièmement, qu’il contient peu de matière grasse . et diffère, sous ce rapport, notamment du cacao; et, enfin, qu'il renferme une forme spéciale de tannin, qui se rapproche par sa composition de l'acide caféo-tannique, et une matière colorante rouge, très semblable à ce que Payen a nommé rouge de cacao. L'examen physiologique de cette substance a montré que ses propriétés sont essentiellement dues à la caféine et à la Lhéobromine qu’elle contient. Ces graines, paraît-il, ont été longtemps employées, dans le Soudan et dans l’Afrique orientale, pour le traitement des maladies des intestins et du foie, dans les cas d’atonie du tube digestif et aussi comme tonique et masticatoire, à l'instar des amandes d’arec, qui sont tenues en si haute estime par les natifs de l’Inde. Au point de vue médical, ce produit occupe une place importante à côté de la coca et d’autres remèdes antimétaboliques, auxquels on le trouvera probablement ue. à cause du tannin qu'il contient.
Il y a une douzaine d'années, Th. Christy en a importé en Angleterre. Le D" Daniell, qui a longtemps voyagé dans le Soudan, dit que là les nègres adorent la noix kola et que, quand ils s’expatrient, ils n’oublient jamais de l’emporter avec eux. Ils l’emploient comme remède in- faillible contre l’ivresse.
Le palétuvier (Rhizophora mangle), qui croît abondamment aux environs de Quilimane et vers la pointe de Tan-
galane, ne se rencontre pas à Tête qui jouit d’une salu-
brité très grande relativement aux villes de Senna et du
bas Zambèse. Depuis la mer jusque vers la Lupata, le pays est fiévreux et toutes les personnes qui l’ont habité jusqu’à ce jour l'ont appris à leurs dépens. Lorsqu'on examine l’état actuel du pays, on se demande pourquoi, depuis des siècles qu’ils habitent les bords du fleuve, les Portugais n’ont rien fait pour améliorer l’élat sanitaire de la colonie. On se demande encore pourquoi certains personnages instruits ou réputés tels, envoyés en Zambésie pour la visiter ou la gouverner, n’ont pas mis les habitants ou les colons en rapport avec les nouvelles découvertes de la science. Voilà bien des années déjà qu’on a étudié les Eucalyptus qui rendent de si utiles services dans les pays fiévreux et marécageux. Parmi les nombreuses espèces décrites et qui se trouvent dans le commerce, il en est sûrement quelques-unes qui réussiraient sur les rives du Zambèse ou à proximité des marais du Chiré. Nous voulons bien croire à l’éternelle réponse qui nous a été faite chaque fois que nous avons parlé d'améliorations à effectuer : « Le Portugal n’a pas de finances l » Il est vrai que, sans argent, on ne peut entretenir une grande colonie et la mettre en état de prospérer ; mais si, à la place des utiles travaux qu’il faudrait exécuter pour assainir certains terrains, on substituait les plantes destructives des germes putrides,onse créerait pour un avenir non éloigné, un revenu assez important, Outre le service rendu à la- population en améliorant l'hygiène publique. Nous avons recommandé ces plantations à divers particuliers qui nous ont promis de faire quelques essais.
Pour terminer le chapitre des plantes médicinales et industrielles, nous nommerons encore une fois le baobab dont nous avons parlé précédemment. Ses feuilles, de 12 à
15 centimètres de long, ressemblent en grand à celles du
marronnier d'Inde. En poudre ouen décoction, ces feuilles, de même que l'écorce des jeunes rameaux, ont des quali-
Dr 2
tés nutritives et adoucissantes. On emploie aussi les fila- ments que contient l’écorce du tronc de cet arbre pour
faire des cordes, des sacs et d’autres objets que l’on travaille avec beaucoup de soin.
Faune (*). — La faune du bassin du Zambèse est riche et variée, comme celle de toute l’Afrique centrale. Nous ne citerons ici que les espèces que nous avons vucs ainsi que celles de l'existence desquelles nous avons eu la preuve certaine sans les rencontrer. Ainsi le lion existe sûrement aux environs de Tête, quoique personnellement nous ne l’ayons pas vu ; la frayeur seule des nègres lorsqu'on leur en parle sufliraït à dissiper tous les doutes. Il en est de même du porc-épic (nongou) dont nous avons trouvé les piquants dans le bois situé entre le fort de la ville et la Caroeira.
Nous les grouperons pour plus de clarté, suivant une des méthodes classiques.
MammirÈRes.— Les quadrumanes sont représentés par de nombreuses troupes de macaques, de cercopithèques et de cynocéphales. — Dans les premiers, le maugabey, puis le cercopithèque de Lalande et, parmi les derniers, les cynocéphales babouin et chacma. Nous avons eu entre les mains un crâne de singe (kima), trouvé du côté du Mazoé ; les grandes dimensions de ce crâne (25 centimètres de l’extrémité maxillaire au trou occipital) et la longueur des canines nous font croire qu’il appartenait à une guenon de forte taille, sinon à un anthropomorphe.
Parmi les chéiroptères, deux espèces de chauves-souris assez grosses et une espèce d’oreillards. Ces derniers habitent en troupe les soupentes des maisons et, le soir au crépuscule, ils sortent tous ensemble en bataillons serrés.
Le hérisson ordinaire est le seul insectivore que nous ayons vu ; nous avons inutilement cherché la taupe.
(1) Nous devons de précieux renseignements sur la faune de la vallée du Zambèse à l’obligeance de notre ami et compagnon de voyage M. R. Gaffard.
Les carnivores plantigrades sont peu ou point représentés dans cette région; nous n’en avons pas rencontré ; mais les digitigrades y sont fort nombreux.
Le lion (pandoro ou simba), le léopard et la panthère, qui habitent les forêts pendant le jour, ne craignent pas de venir, pendant la nuit, dans les villages emporter une proie facile. Les hyènes (kysoumbes) rayées et tachetées s’y trouvent en grand nombre, et leur voracité est telle, qu’elles viennent, malgré leur lâcheté, jusque dans les habitations dérober tout ce qu’elles peuvent.
Le chat sauvage, le serval, le chat de la Cafrerie et le chien sauvage (pombo) s'approchent moins des lieux habi-
tés, on ne les rencontre que dans les bois touffus. Les chiens
de cette espèce (Canis mesomelas), assez redoutable, se réunissent au nombre de cinq ou six pour chasser la gazelle. Nous citerons encore, parmi cet ordre, une espèce de fouine et la civette d'Afrique, dont un spécimen est resté pendant plusieurs mois dans la cour de notre maison, à Tête. He Rongeurs. — Outre les rats ordinaires, souris, Campa-
gnols et mulots qui pullulent en Afrique autant, sinon plus
qu’en Europe, nous avons vu encore un rat gros comme une marmotte et d’une longueur de 40 à 50 centimètres,
queue comprise. Le nègre qui l'avait tué se trouvait très.
heureux d’une pareille aubaine, car la chair de cet animal est très estimée des Ares L’écureuil fait complètement défaut.
Le lièvre ordinaire se trouve abondamment aux environs de Tête ; près du littoral, on rencontre le lapin des sables di arenarius). D’ après le dire des noirs, le porc-épic est assez commun dans les bois qui bordent le Revugo.
L'ordre des édentés ne nous a fourni qu’une seule pes à
du genre manis : c’est le pangolin phatagin. Ce spécimen
nous a été donné près de l'embouchure du Muaraze, chez
PEN ETES EP RE SP NET EE En
De ee | Tous
model. D SR SE.
ne
NÉ RÉ, St éle due SE nf RDS dE
Éd tt SR ji À ai :
VOYAGE AU ZAMBÈSE. ab 125
Dona Paula, par un de ses voisins qui l'avait trouvé sur la
rive gauche du Zambèse.
Parmi les pachydermes, nous avons d’abord l'éléphant,
l’une des principales sources de commerce pour toute la
province. Les défenses d'ivoire qui en font l’objet viennent surtout du haut Zambèse; l’animal n'existe plus aujourd’hui près du littoral; on ne le rencontre qu’assez loin dans l’interieur. Il y en a encore, dit-on, près de la Manica.
Vient ensuite l’hippopotame (kiboko), très commun sur la rivière de Quilimane, le Chiré ei le Zambèse. Près de l'Océan Indien, à la pointe de Tangalane, se trouve la baie des Hippopotames qui doit son nom à la grande quantité de ces animaux qu'on y rencontre. Il n’est pas rare de les voir par troupe de vingt à trente, mais ils se laissent difficilement approcher, sans doute parce qu'ils connaissent maintenant les effets des armes perfectionnées.
Le rhinocéros est plus courageux que l’hippopotame et il est bon pour le chasser d’agir avec prudence. L’un de nous en à tué un sur le chemin de la Manica.
Le tapir n’existe pas dans la vallée du bas Zambèse.
Outre les porcs que les indigènes élèvent en domesticité, il y a encore le sanglier ordinaire et le sanglier à masque ou à verrues ; ces derniers se tiennent dans des endroits tout à fait écartés et dans les fourrés les plus épais. Près
de Quilimane, le sanglier est fort friand des nombreux
crabes qui pullulent dans les marais fangeux que la contremarée laisse à découvert.
Parmi les solipèdes, le zèbre, le couagga et probablement
le daws vivent à l’état sauvage. On a essayé d’acclimater
le cheval (/arasi) et l’âne. Jusqu'ici, les essais ont peu réussi pour le cheval; le dernier survivant de ceux importés de Timor et de Zanzibar estmort au mois d'avril 1881. À quoi attribuer cet insuccès? Tient-il au défaut de soins ou à une nourriture peu convenable? Nous croyons que
ces deux raisons peuvent marcher de pair.
1 aux ânes (punda), ils résistent plus roubi: nous avons dit précédemment quelques mots sur ceux de Tête. - | Les ruminants sont surtout représentés par les genres antilope, chèvre (buzi), mouton et bœuf. Nous citerons parmi les nombreuses antilopes, la gazelle euphore (pda), l’antilope chevaline, l’algazel, le gnou, le coudou dont la chasse est à la fois si attrayante et si difficile.
De nombreux troupeaux de chèvres naines et de moutons à large queue vivent à l’état domestique. On rencontre aussi quelques troupeaux de bœufs à bosse (zébu : Bos indicus) qui servent à l'alimentation des Européens, mais qui ne sont utilisés à aucun travail. De Quilimane à Zumbo, | un seul quadrupède est soumis au joug : c’est le bœuf des ) travaux publics qui conduit l'unique chariot ou voiture de = Quilimane. Nous avons entendu parler de la création prochaine d’un service de transport par terre, de Ghaïma à Mucatacata, des marchandises qui doivent aller au delà du Chiré; on nous a dit qu’on emploierait des bœufs à cet. usage. Ce serait une innovation, mais nous doutons qu’elle réussisse tant que le service de la culture ne sera pas amé- . lioré. Eutre Senna et la Manica, plusieurs d’entrenousont aperçu un troupeau de buffles sans pouvoir l’approcher. Est-ce le buffle du Cap ou le bufile brachyure du centre de l'Afrique ? 3
Oiseaux, — Grimpeurs. La famille des perroquets est assez mal représentée. Nous n’en avons apercu qu'une seule espèce qui nous a paru être un psittacus. Mais les grimpeurs proprement dits y sonttrès nombreux et remarquables par le brillant et la variété de leur plumage. Les espèces que nous avons examinées se rapportent surtout aux genres pic, pogonias, couroucous et coucous. Dans ce
dernier nous ne citerons que le coucou cuivré, au plumage
éclatant, et le coucou indicateur, qui se rencontre souvent dans le mato.
L'ordre des rapaces est aussi très nombreux : les genres vautour, gyapète, faucon, aigle, pygargue, buse, épervier y ont tous une ou plusieurs espèces. L’aigle pêcheur (Dominique) est commun sur le Chiré. Parmi les nocturnes, les grands-ducs atteignent des dimensions colossales ; nous avons tué une orfraie (kukuni) en aval de la Lupata.
Pigeons. — Plusieurs variétés à l’état domestique. A l’état sauvage, on rencontre quatre ou cinq espèces de tourterelles (Aua). L'une d’elles a sur les ailes plusieurs taches vert foncé métallique d’un très bel effet. On trouve aussi une espèce de pigeon ayant le plumage complètement vert, Comme un perroquet, le tour des yeux, le bec et les pattes rouges ; ce doit être un colombar. On en rencontre beaucoup dans la partie la plus basse de la vallée du Zambèse. |
Gallinacés. — Les indigènes ont presque tous autour de leur cabane des coqs et des poules en domesticité; les dindons sont très rares. [Il en existait une paire à Têteet un vieux mâle à Chingose qui, habitué aux noirs, ne leur disait rien, mais avait une antipathie prononcée pour plusieurs de nous que leurs travaux conduisaient souvent dans la localité.
Le chasseur trouve facilement dans les champs, et surtout près des cours d’eau, la pintade commune (khanga toré) et aussi une autre espèce, la Numida crisiata, non moins savoureuse que la première. Gette pintade est tellement commune qu’on la rencontre par bandes de 80 à 100 sujets s’arrêtant pour passer la nuit sur les arbres qui bordent le fleuve. Il nous est arrivé maintes fois de nous trouver sur le passage de pareilles tribus qui s’effrayaient à peine des coups de fusils que nous tirions et que nous pouvions suivre sans difficulté jusqu’à ce que nous eussions trouvé notre chasse suffisamment fructueuse.
On trouve encore, mais dans les bois, une perdrix brune, le francolin, et près des cultures de riz ou de sor-
128 on VOYAGE AU ZAMBÈSE.
gho, la caille à ventre perlé. M. Gaffard a tué près de Tête un tridactyle dont le fumet ne le cède en rien à celui du perdreau.
Palmipèdes. — Les abords du Zambèse et des autres cours d’eau sont peu praticables en bien des endroits; aussi ne peut-on guère, sur les rives, chasser les oiseaux aquatiques. Mais si l’on prend une barque, surtout une almendia qui fait moins de bruit, on rencontre presque à discrétion des canards et des oies sauvages (Machikoué), des plongeurs de toutes sortes, peut-être un pélican, un flamant ou un cormoran. On peut trouver encore, mais parmi les échassiers, des râles, des poules d’eau, des bécassines, des chevaliers et des courlis, la cigogne noire, le héron goliath et plus souvent le héron commun. Les grues et les garces abondent, et parmi elles la grue couronnée (Mahouang) et la demoiselle de Numidie; enfin, on peut, quoique rarement, rencontrer l’outarde. La rivière de Quilimane et le Quaqua abondent surtout en oiseaux aquatiques de toutes espèces, mais pour approcher le gibier et aussi pour le recueillir, les difficultés sont grandes à cause de l’alfacynia et autres plantes qui obstruent complètement les rivières en bien des points.
Nous avons tué plusieurs combattants ou paons de mer entre la Chamoara ei Senna.
L’autruche n'existe pas de Quilimane à Tête ; on nous a assuré qu’on en rencontre sur la route de Zumbo.
Passereaux. — Cet ordre si vaste a de nombreux genres représentés dans la Zambésie ; voici ceux que nous avons rencontrés : Martin-pêcheur, sur le Chiré et vers Tête; pie-grièche ; fauveite à tête noire; cotinga bleu ;, hochequeue ; gobe-mouches et merle dans ses divisions de merle bleu ou pétrocincle et merle métallique aux couleurs vives et chatoyantes.
Dans une autre famille, les genres : Martin rose ; geai (bleu huppé); alouette (sirli); coliou (à dos blanc); cor-
POBUENTENU
4 HUINN AAUEN ‘jne- Sp ‘JANINE jAOGIV
"AOUEN ‘Iotun y
"LOANY9 'd4 N za TOVAOÀ Aa SINGOUT
E-ee << =) (rx = [=] =] =) =
AdYL HQ ATTIA 97 SAV SHION à
FAOUEN ‘JOIUUW ‘EE ‘ii OUEN ne sop ‘orqivg MENT
OA TS Un
hs
jan
beau (ordinaire et à manteau) ; freux ; choucas ; bengali ; sénégali ; veuve (à deux brins); becs-croisés (le républicain) ; becs-en-ciseaux ; gros-becs; hirondelles de fenêtre, engoulevents et rolliers. |
Nous avons encore vu, aux environs de Tête, une espèce de huppe et un sucrier vert.
Reprises : Chéloniens. — Dans les terrains humides, on trouve une tortue terrestre ayant 25 à 30 centimètres de longueur, le dos très bombé et ressemblant assez à la tortue grecque ; mais elle a les pattes de derrière et de devant semblables, ce qui n’a pas lieu pour la tortue d'Europe. Nous avons aussi rencontré une tortue de marais plus
plate, mais deux fois plus grande que la précédente.
Parmi les sauriens, vient d’abord le crocodile vulgaire, qui pullule dans le Zambèse, le Chiré et le Muaraze, mais qui est plus rare dans le Revugo. Nous ferons remarquer à son sujet que, comme presque tous les animaux sauvages, il redoute l’homme blanc. Nous avons vu quelquefois une almandia chargée de plusieurs nègres passer à quelques mètres de cet animal, sans que celui-ci parût s'en apercevoir. À Tête, il n’y avait pas de semaine sans que quelque négresse, allant puiser de l’eau, ne fût attaquée et parfois entrainée dans le fleuve par le crocodile (Ignacoco ou Mamba). Mais lorsque l’un de nous voulait lui faire la chasse, il avait toutes les peines du monde à arriver à portée de son arme. Cependant, il ne ferait pas bon le relancer jusque dans son élément ; il est probable que dans l’eau la différence de couleur n’existerait plus. On a dit aussi, bien souvent, que la peau du crocodile résistait à la balle. Ce fait n’est pas exact, du moins pour la carabine Winchester ni pour le fusil de chasse calibre 12. Toutes nos balles ont pénétré. La chair du crocodile est mangée, en divers endroits, par les naturels.
Après le crocodile, le plus grand de cet ordre est une espèce d’iguane (Pénembé) qui a une longueur de 1 mètre
à 1,90 et que l’on rencontre sur les bords du fleuve. Les nègres le trouvent bon à manger.
On y voit encore, mais alors dans les terres et près des habitations, le caméléon ordinaire, le gecko verruqueux, le gecko des maisons, le lézard gris, le lézard vert et enfin, sur,les rochers, un lézard gris avec deux bandes noires sur le dos et la queue d’un bleu d’azur sans aucune tache.
Le caméléon, commun à Quilimane, est plus rare à Tête.
Ophidiens. — Comme serpents, nous avons vu la peau de deux pythons qui avait 3 mètres de longueur et dont le diamètre égalait environ dix à quinze centimètres dans la partie la plus grosse.
Près de la source minérale de Paouro, nous avons trouvé un serpent d’un mètre de longueur environ dont la peau était jaune avec des taches noires. Entre Senna et la Lupata, nous avons aperçu un serpent d’eau (Cobra), dont les noirs ont une peur excessive; il était d’un vert-olive foncé, très long et excessivement mince.
Plusieurs sortes de couleuvres sont très communes, même dans l’intérieur des maisons. Mais ce qui est plus redoutable, c’estune espèce de serpentà crochets venimeux, de couleur jaunâtre et d’un aspect hideux, dont la morsure, au dire des nègres, cause la mort en très peu de temps. Nous croyons que c’est un échidné.
Batraciens. — Dans cette classe, la grenouille (Tchura), la rainette, la salamandre commune, se rencontrent partout où il y a de l’eau et avec des variétés différentes. Les naturels ne les mangent pas.
Il en est de même des crapauds ; ils sont fort nombreux et de toutes les dimensions.
Poissons. — Le requin et la scie commune viennent jusque dans le port de Quilimane. De temps en temps, quelque nègre imprudent subit les atteintes de ces terribles squales et, s’il n’y perd pas toujours la vie, il y laisse habituellement un de ses membres.
Dans le Chiré, on trouve une espèce de carpe appelée Sanjika ou Mpasa qui mesure quelquefois jusqu'à 70 centimètres. Elle est d’un éclat éblouissant.
Sur le Zio-Zio, nous avons vu des pêcheurs recueillir le poisson-torpille et le Ngouési aux écailles argentées, aux nageoires rougeâtres. Il peut peser de quinze à vingt livres ; ses dents sont découvertes et disposées de telle sorte que, quand elles se rejoignent, l’hamecon est coupé comme avec des pinces.
Kono-Kono est le nom du poisson dont nous avons déjà parlé, qui a les nageoires pectorales et dorsales armées de véritables scies. Quand il est avalé par un poisson plus gros que lui, il étend ses nageoires et perce les flancs du rapace.
Le Chiriré, poisson commun dans le Zambèse, a la nageoire ventrale de forme circulaire et d’une largeur peu commune.
Voici quelques noms de poissons assez communs dans la Zambésie :
Boundo, Lobangoua, Ndombé, Jorungo, Minga, Nemboué, Leshouala, M, Nijnjé, Likala, Mostiba, Nimbélé, Likeya, Moshona, Nalà, Linyonga, Motomé, Seio, Litoré, Moumbo, Sito.
Lisinjé, Mpala, Lobotou, Mpofou,
InsecTes.— La Zambésie ne semble pas être une des contrées favorisées sous le rapport des insectes de collections, on y trouve cependant un assez grand nombre d'espèces remarquables par leur grande taille ou l’éclat de leurs couleurs. Les coléoptères sont assez répandus ; les naturels s’en servent comme d’amulettes.
Les pyrophores et les lampyrides y sont nombreux. Ces mouches lumineuses voltigent souvent isolées, mais
quelquefois elles se réunissent en grand nombre dans le même endroit, et alors, si la nuit est un peu obscure, on a Ce Curieux pe QU . éclairage naturel par cette foule d’étincelles qui volent dans les airs.
Dans les rizières et les rares plantations de froment, on rencontre les calendres qui y causent de grands préjudices. La larve de la calendre du palmier sert de nourriture aux nègres.
Signalons ‘encore le copra, joli petit insecte ailé qui existe en grand nombre dans les magasins où l’on a renfermé des noix de coco, pour les dessécher.
Dans l’ordre des orthoptères, outre le perce-oreille inoffensif et plusieurs espèces de blattes qui causent de grands dégâts dans les magasins aux provisions, nous trouvons encore au Zambèse et dans les champs la mante religieuse ou prie-marie et la mante striée, Les phasmes aux longues pattes et aux formes singulières, et les phyllies, semblables à une feuille sèche.
Les criquets, les grillons et les sauterelles ne manquent pas non plus. Parmi les premiers, il en est une espèce de grande taille, aux ailes d’un rouge-feu que l’on prend souvent pour un oiseau au moment où il s'envole. Il y a encore le criquet pèlerin, celui qui, connu sous le nom de sauterelle de passage, se réunit en bandes innombrables, prend son vol et détruit toute végétation dans la contrée où il s’abat.
Parmi les hémiptères, nous avons vu une cigale jaune et noire, plus petite que notre cigale commune; sur le Chiré, nous avons entendu maintes fois le chant caractéristique de la cigale forgeronne.
Dans une autre famille, nous citerons la punaise des lits et son terrible ennemi, le réduve masqué. Les punaises des bois, à l'odeur repoussante, se rencontrent partout et, parmi elles, le genre scutellère en contient qui sont ornées de magnifiques couleurs.
L'ordre des névropières est représenté sur les bords du fleuve par les libellules et les acrions aux couleurs éclatantes et variées. Il l’est encore par le fourmi-lion, dont la larve, comme chacun sait, construit si adroitement un piège pour subvenir à sa nourriture. Mais le genre le plus remarquable de cet ordre est sans contredit celui des termites. Il existe au Zambèse plusieurs espèces de ces animaux connus sous les noms de fourmis blanches et mouchins. Ils sont d’une voracité telle, qu'à moins de précautions infinies, on ne peut conserver dans les habitations aucune matière organique. Les uns construisent leur demeure dans les vieux troncs d'arbre, dans les boiseries des maisons, d’autres les établissent dans la terre, enfin quelques-uns bâtissent leur nid à la surface du sol avec de la terre gâchée. Ces derniers nids, d’une dimension colossale parrapport à leurs constructeurs, ont généralement la forme d’un cône. Nous en avons vu qui avaient à leur base 3 metres de diamètre sur 4 ou 5 mètres de hauteur. On n’apercoit aucune ouverture extérieure ; ils sont disposés intérieurement en un grand nombre de loges de dimensions variables et, pour y arriver, les termites ont creusé üne galerie souterraine. Leur grande solidité permet de monter sur le toit sans qu’il s’effondre, et le pic et la hache sont nécessaires pour entamer cette solide construction. On en rencontre beaucoup sur les rives du Zambèse, tantôt isolés, tantôt réunis en un groupe que l’on prendrait de loin pour un village. Ces mouchins exercent de grands ravages dans les forêts ; il n’est pas rare de rencontrer des arbres de grande taille coupés et rongés par ces animaux.
Ouire les abeilles domestiques (moandi et kokomaisamé), les bourdons et les guêpes qui ne sont pas rares au Zambèse, l’ordre des hyménoptères y compte de nombreuses espèces du genre fourmi. Ces innombrables insectes se trouvent partout; il est impossible, ou à peu près, d'éviter leur présence dans les aliments, les boissons, etc... Les
habitations en sont infestées. La piqüre de certaines espèces n’occasionne qu'un léger prurit, mais d’autres mordent avec rage, et si l’on a le malheur de s'endormir près de leur nid, on se réveille bientôt en proie à d’horribles: souffrances, et l’on n’a plus qu’à fuir au plus tôt ce lieu de torture. Nous nous souviendrons longtemps de la nuit que nous avons passée sur le Malahoué, au village de Magombé, où une légion de fourmis noires longues et très dures, de l'espèce appelée Makoukou par les naturels, nous a forcés d'abandonner trois fois nos divers campements.
Dans les bois qui sont au nord et près de Quilimane, on rencontre une espèce de fourmi, de couleur rougeûtre, qui a des instincts féroces et belliqueux. Lorsqu'elle a tout détruit dans un endroit, elle émigre et traverse en colonnes serrées de très grandes distances. Ces fourmis paraissent être carnivores ; elles font disparaitre rase tout ce qui a cessé de vivre.
Viennent ensuite les moustiques et les maringouins, de l’ordre des diptères. Nous en avons trouvé de cinq espèces différentes, nombreuses surtout sur le Quaqua, le Muto et le Chr'é.
Outre les mouches ordinaires, dorées, bleues, de toutes espèces, on trouve encore dans cet ordre le diptère connu sous le nom de Tsétsé. Nous n’en avons pas vu dans tout le bas fleuve et, au dire des indigènes, il n’y existe pas. Ce qui le prouve, du reste, c’est le nombre de bestiaux de toutes sortes élevés par les habitants dans la contrée. Mais à quelques journées de marche de Tête, vers le Mazoé, on en rencontre.
Les lépidoptères nous ont paru faiblement représentés
dans la Zambésie; nous y avons cependant va un nocturne .
assez grand (de 15 à 16 centimètres d'envergure) qui nous a paru être une saturnie. Nous n'avons plus qu’à citer les parasites pour terminer la classe des insectes; parmi eux, outre les parasites produits par la malpropreté, il en est
PSE
un qui peut occasionner des accidents assez graves, si l’on néglige la blessure qu’il produit. C’est la puce pénétrante ou chique. Get insecte, tout petit, peut percer les vêtements et pénétrer dans les chairs ; c’est surtout sous la peau du talon et sous les ongles du pied qu’il va se fixer. Si on ne l’extrait pas, il donne naissance à une nombreuse progéniture qui détermine un ulcère assez difficile à guérir. L’extraction de cet animal n’est pas toujours une chose aisée; le mieux est de s'adresser tout de suite à une vieille négresse qui s’acquittera à merveille de l'opération.
ARACHNIDES. — Plusieurs espèces d'araignées de toutes les dimensions ne sont pas rares dans les lieux habités; nous avons trouvé sur un buisson, au milieu de sa toile assez forte, une araignée grosse comme le bout du doigt, aux longues pattes velues, dont les yeux formaient un quadrilatère au centre, et étaient disposés par paire de chaque côté. Ge qui nous fait citer cette espèce que nous croyons être une épeire tendeuse, c’est la belle coloration bleue rayée de jaune de son abdomen volumineux.
À Tête nous avons vu plusieurs scorpions; il y en avait dans la maison que nous habitions. Cette espèce avait de 1 à 8 centimètres de long et une coloration blanc sale ou jaunâtre: nous croyons que c’est le scorpion roussâtre dont la piqûre est, dit-on, fort dangereuse.
MyriaPpoDes. — Nous avons trouvé, près de Tête, la scolopendre mordante; les Jules sont très nombreux dans toute la Zambésie; quelques-uns ont près de 30 centimetres de longueur sur deux environ de diamètre.
CRUSTACÉS. — Quant aux crustacés, nous pouvons citer les crabes et les crevettes qui abondent dans le port de Quilimane ; les cloportes et les armandilles dans les habitations ou sous les pierres.
ANNÉLIDES.— Comme faisant partie de cette classe, nous nommerons la sangsue (ruba). Les nègres connaissent l'emploi médical de cet annelé: ils sont venus plusieurs
fois nous en offrir. Nous en avons vu deux espèces, l’une verte et l’autre brune, toutes deux de petite taille. CesrToïnes. — M. Gaffard a constaté chez un Européen et chez plusieurs indigènes, la présence du ténia solium et une fois celle du bothriocéphale large. Il n’a pas vu le ver de Guinée. | Eaux minérales. — TI existe autour de Tête des sources thermales connues depuis longtemps. Voici ce qu’on lit à ce sujet dans Examen des Viagens O. D' Livingsione (Lisbonne, 1 vol., 1867, p. 304) : « On lira sans doute avec plaisir la description d’une fontaine d’eau chaude visitée par Livingstone en compagnie du major Sicard, gouverneur du district de Tête. À la suite de cette note, on trouvera une notice écrite bien antérieurement par le père Santos, sur des fontaines de même nature existant autour de la même ville. De cette notice sort la preuve qu’il ne faut pas admettre avec certitude les informations ou prétendues découvertes des missionnaires anglais, puisqu'elles étaient connues des Portugais depuis longtemps. Voici la description qu’en fait Livingstone : « De « Tête nous avons remonté le Zambèse pour visiter une « source chaude, nommée Nhamboranda, qui est située « dans le lit d’une petite rivière qu’on appelle Nhaondo et « qui prouve que la force ignée agit encore dans cette ré- « gion. Pour arriver à cette source, nous avons débarqué « à l'embouchure d’une petite rivière nommée Mokorozi, «et, nous dirigeant à l’est, nous avons trouvé la source « chaude après avoir fait environ deux milles. Gette source « placée au pied d’une haute montagne bouillonne sur « l’un des côtés du Nhaondo; une vapeur très abondante « et d’une grande âcreté s'élève du terrain environnant « sur un espace de trois à quatre mètres carrés et la sur- « face du sol est tellement chaude en cet endroit qu’il fut «impossible d’y rester pieds nus. L’eau sortpar plusieurs « petites ouvertures mais le jet principal s'échappe d’un
CRoQUIS DE VOYAGE DE M. P'GUNOR ES
3 22 , è Terre Vegetale.
Re | A © 12 Cr A ATLS 2, 00 Gres fin” À, 00.
tre nr k D em mm mme ; es RS Schaiste. nou: 1,20 Cres »,, 90
« nine enmein eesen En A AO ARRETE TE “ ; Lena nn Juste etgres (ewbandesr, 90
| Gres co CE », 80 | Schisle nou 100
CORP EEE EEE ,
Charbon barre 00
sr .
eJcheste avec quelques veinules de Charbon, {60
mp.
| (pwisance inconnue)
visible C7
COUPE GÉOLOGIQUE DE LA GALERIE DE HOUILLE DITE DE LIVINGSIONE Dans le Mourogose.
« bassin de 1 mètre de circonférence et de 30 centimètres « de profondeur ; des bulles de gaz s'élèvent constamment « du fond de la source; le gaz qui s’en dégage prend à la « gorge mais n’est pas inflammable. Le thermomètre « plongé dans le bassin marque invariablement 70° centi- « grades ét s'arrête un instant après à 71°°},; même après « avoir coulé quelque temps sur les pierres, l’eau est en- « core chaude pour que l’on ne puisse y tenir la main; de « petits poissons viennent fréquemment tomber dans cette « eau brülante où ils sont bientôt morts; une grenouille « y est cuite en un instant. L’eau a déposé sur la pierre « une croûte de sel blanc et les indigènes ont fait des trous « près du bassin pour en extraire le sel que contient l’eau « qu'il renferme. Cette fontaine est située parmi de puis- « santes chaussées de porphyre syénitique, bordées de -« masses de gneiss et qui se dirigent au N.-E. On y trouve « de nombreux échantillons de pierre ponce à demi formée « et des laves ; quelques-unes des couches de grès ont été disloquées par l’éruption du basalte et de la horn- « blende; le grès qui touche au basalte est converti en « quartz. »
« Le père Santos, qui note l’existence de plusieurs fontaines d’eau chaude dans le district de Tête s’exprime ainsi (Ethiopia orientale, liv. II, cap. 6, fol. 51): « Près « de ce lieu (Rufumba), est une fontaine que les Cafres « nomment Maembé, laquelle est formée de cinq sources « éloignées les unes des autres d’un peu plus d’une « brasse. Cette eau est chaude différemment : deux sources « sont tièdes et deux très chaudes. La cinquième l’est tel- « lement qu’elle bouillonne comme si elle était sur un « grand feu. Personne n’y peut tenir la main; les œufs y «“ Sont cuits en peu d’instants, comme plusieurs Portugais « l’ont expérimenté en maintes circonstances. Ces sources « coulent toute l’année et leurs eaux se jettent dans le lac « Rufumba.
« Plus haut que le fort de Tête est un lieu nommé Em- « pango, lequel possède trois sources d’eau chaude, situées « au bord du Zambèse et qui ne sont visibles que quand « Les eaux très basses laissent la vase à découvert. On dit « que l’une d'elles est si chaude que personne n’y ct « mettre les mains. »
Il existe près du village de Nhamichère, sur la route du Moatisé, une source d’eau minérale, froide, chlorurée-s0dique et sulfatée-calcique. L’eau coule continuellement au milieu d’un fourré très épais et au pied d’une petite côte couverte de débris dioritiques et de feldspath. Les naturels de ce village exploitent aux environs de la source une terre blanchâtre qui contient une certaine quantité de sel. Plusieurs filons de carbonate de fer rouge sont visibles près de Nhamichère.
Instruction. — I] existe à Tête une école communale qui n’est fréquentée que par une douzaine d’enfants des deux sexes descendant pour la plupart des métis qui habitent la ville. Pas plus qu'à Quilimane, il ne se trouve d’école professionnelle. L'enseignement comprend, outre [a langue portugaise, l'écriture, les premiers éléments du calcul, de l’histoire et de la géographie, et le cafre qu'ils parlent dès l'enfance. La bibliothèque publique, située dans une maison particulière, porte le titre brillant et peu mérité de: Bibliothèque de l’Académie des lettres de Téte. — Elle se compose de quelques centaines de volumes, plus ou moins complets, mangés en partie par les mouchins et couverts d’une couche de poussière. Tous les genres s’y trouvent. Ces livres gisent sur quelques rayons, par-ci, par-là, sur une table dite de salon, dans de vieilles caisses, sur les chaises, les fauteuils, et même à terre. Le coût mensuel de l’abonnement est d’une roupie ou 450 reis.
Archives. — Les archives officielles et la correspondance concernant les affaires des prazos sont déposées au palais du gouvernement. IL y a quelques années, leur col-
lection était beaucoup plus complète qu'elle ne l’est actuellement. Un administrateur, pris du beau zèle du débarras, supprima ce qu'il appelait les vieilles paperasses et livra au feu celles que les mouchins avaient quelque peu touchées. Le plus ancien des dossiers actuels date de 1831 ; les années se suivent sans interruption, mais les premières sont fort incomplètes. Nous croyons qu’il serait utile pour l’histoire de la Zambésie de compulser ces écrits avant qu'ils disparaissent entièrement et d’en tirer le principaux faits concernant les nombreuses révoltes qui eurent lieu dans ses divers districts.
Secours contre l'incendie. — Les incendies sont assez fréquents dans les villages et dans les villes habitées par les Européens. À Quilimane, Senna et Tête, où existent des factoreries importantes,, qui ont en dépôt pour plusieurs centaines de mille francs de marchandises de diverses natures, 100 à 150 maisons de commerce de second ordre et plusieurs édifices publics, on n’a pris aucune mesure contre le feu. Ni le gouvernement, ni les autorités municipales, ni même les particuliers n’ont songé à se procurer une pompe et ses accessoires. Ainsi, le 18 octobre 1881, nous avons été témoins de l’incendie d’une factorerie française sans qu'il ait été possible de porter aucun secours ; le matériel eütété plusieurs fois payé par le montant des pertes éprouvées.
Commerce. — Le commerce de Tête est moins important que celui de Quilimane et consiste simplement en échanges d’étoffes et surtout d’eau-de-vie contre des arachides et un peu d'ivoire. Le trafic de la poudre d’or y est presque nul; le transport des marchandises d'importation d euilimane à Tête augmente le prix de 20 p. 100 environ. De Tête à Zumbo, il s’élève encore de 10 p. 100.
Monnaies, manière de compter. — La monnaie en usage à Tête, chez les négociants, est la piastre et la roupie qui vaut une demi-piastre, soit 450 reis. Les reis et les cobres
ont cours forcé comme appoint. Il circule dans la province de Mozambique des pièces en or monnayé d’une valeur de 6,600 reis, de forme rectangulaire, d'un jaune très pâle et de grandeurs variées, avec une étoile comme empreinte. On en a tellement trouvé de fausses, qu’elles sont refusées à Mozambique même. Les transactions commerciales entre particuliers se paient rarement en argent, mais presque toujours en Misanga (petite perle de verre) pour les objets
de peu de valeur et en coton ou mouchoirs pour les autres. .
La brasse d'environ 1",90 est la mesure légale, mais elle n’a rien de bien fixe, puisqu'elle varie selon la longueur des bras du vendeur ou de l'acheteur. Les denrées se paient à la brasse ainsi que le travail des hommes; celui des femmes se paie en verroterie. Les domestiques ou mulecks recoivent par semaine deux brasses de coton étroit et la nourriture; lorsqu'ils sont nourris par leur maître, ils touchent une panche de farine pour 32 rations, c’est-à-dire pour deux semaines. À Tête, la panche ou guisapo vaut 1 fr. 50 c., tandis qu'au Guingue son prix est de 2 fr. 50 c. ou une roupie. Le prix moyen du travail, sans nourriture, est de 3 brasses de coton étroit por 6 jours; ce qui revient à dire que la nourriture d’un homme est d’une brasse par semaine ou 1 fr. 20 c.; il y a donc un certain avantage à payer en aliments. Avec les données précédentes, il est facile de calculer ce que coûte le travail d’un homme et le rapport qui existe entre le gain de l’ouvrier et sa dépense journalière. Prenons, par exemple, la poule dont le prix est invariablement de 6 pour une brasse de coton: