SOUAHILI,. BAS-ZAMBÈSE. HAUT-ZAMBÈSE
Modia. Possé.
Bili. Piré.
Tatu. Tatu.
Nail. Nail.
Tanu. Chano.
Namoda. Standad.
Nabili. Schinoma.
Natatu. Séré, Nanail. Femba Kumi. Kumi.
Dans le Haut-Zambèse, le chiffre 10 s’accentue en frappant trois doigts de la main droite dans le creux de la main gauche, puis on continue à compter en disant : Kumi possé pour 11 ; piré pour douze, sans répéter cette fois le nom de la dizaine, et ainsi jusqu’à 20 qui s’accentue de nouveau par le signal de la dizaine répété deux fois ; puis l’on reprend Kumi possé, 21 ; piré, 22, etc..., marquant chaque dizaine plus élevée, en frappant une fois de plus dans les mains.
Dans le Bas-Zambèse et dans l’U’souahili (°), les dizaines s’expriment de la manière suivante :
SOUAHILI. BAS-ZAMBÈSE.
Acherini. Macoumeli.
Zelazini. Macoumatatu.
Arbaïni. Macoumanail.
Hamsini. Macoumatanu.
Sitini. Macoutanamoda.
Sabuini. Macoutanabili.
Sémanini. Macoutanatatu.
Tissini. Macoutananail.
Mia. Zana.
Les 9 chiffres, compris entre deux dizaines, s'ajoutent à la plus basse à l’aide de la conjonction na; ainsi kumi na modia signifie 11, dans les deux dialectes ; acherini na modia et macoumeli na modia, 21, etc.., selon que l’on emploie le souahili ou la langue du Bas-Zambèse.
En kisouahili, les multiples de 100 et de 1,000 s’ajoutent après ces nombres sans le secours de la conjonction na, sauf pour le multiple 2 qui fait :
200 — Miteini.
2,000 — Alfeini. .
(1) Pays des Souahili ; M’souahili, un habitant ; W’souahili, plusieurs habitants; Kisouahili, langage.
Tandis que 300 s'exprime par mia-tatu et 3,000 par alfu tatu; dans ce dernier exemple, alfu valant 1,000. Pour les unités, les W'souahili ont emprunté sita et saba aux Arabes ; et à partir de 20, les dizaines, les centaines et les milliers proviennent également de la même source. Les nombres ordinaux se forment des cardinaux au moyen de la préfixe ua; excepté le premier, uakuanza et non wamodia. Le dernier s'exprime par uamuicho : uakuanza; uabili; ualatu; uainné; etc.
premier; second; troisième; quatrième ; ualkumis wakumi na modia; uaichérint; dixième ; onzième ; vingtième ; uamia ; uaalfu ; etc.
centième; millième.
Les différentes fractions en usage dans l’U’souahili
sont empruntées à l’arabe et des divisions de la piastre ou réale : :
: SUMUNX ; robo seringt ; robo ; nuSS OÙ NUSSU ; 1 huitième; cinquième; 1 quart; 1 demi; kass robo ; réalé na robo; réalè na nussu.
8 quarts; 1 piastre un quart ; 1 piastre etdemie.
Industrie indigène. — Les industries de la ville de Tête sont peu variées ; essayons de les passer en revue:
1° État servile. — Location des hommes pour un travail quelconque ; muleks ou domestiques ; mariniers et passeurs de bac ; machillaires et porteurs.
2° Professions soi-disant libérales. — Le forgeron taillandier est sans contredit le plus occupé ; il fabrique pour Les noirs des instruments de travail, de guerre et de chasse, tels que haches pour couper le bois, fers de houes dont les femmes se servent pour cultiver la terre, fers de couteaux, de flèches et d’azagaies. Il travaille en plein air et de préférence sous un gros pin ombrageux. Près de lui, l’armurier emmanche les couteaux et les sculpte, fixe les fers de
144 VOYAGE AU ZAMBÈSE. h
flèches au bout des roseaux et pose les barbes de plume qui les ornent; il décore et polit les manches des haches de guerre et y trace de nombreux dessins avec une pointe de fer rougi au feu ; il prépare et courbe les arcs. Enfin, c'est encore lui qui faconne les fers servant de touches à l'instrument de musique appelé sansa.
Il n’y a pas, à proprement parler, de luthier dans le pays. Chaque noir coupe et creuse lui-même le bois qui sert de table sonore à sa sansa ; il en arrange la feuille métallique qu’il orne de coquillages attachés par des fils de misanga ; assis devant sa cabane, il nettoie la calebasse qui doit contenir l’instrument et l’orne selon son goût. De ses mains sortent son tambour de basque, fait en roseaux remplis de grains de mapira, sa flûte de Pan, ses sifflets en corne et le batuque de la povoaçao, indispensable dans toutes les cérémonies et qui, au jour du danger, appelle les tribus sous les armes. Ce tambour salue le negre à sa naissance et à son adolescence; il résonne gaiement lejour du mariage et, par une batterie spéciale, il apprend aux familles qu’un des leurs les a quittées. Otez le batuque et le nègre est un Corps sans âme ; aussi comme il l’aime, comme il le fait avec soins ! c’est au plus habile du pays qu’il le confie pour qu’il y grave ses plus belles arabesques.
Une profession qui réclame certaines aptitudes est celle de décorateur d’armes ; elle est généralement exercée par de vieux noirs. Les armes sont remises à l’ouvrier avec un morceau de laiton de la grosseur du petit doigt, le seul qu'on trouve à Tête. 11 prend ce laiton, le chauffe, le passe à la filière et le tire en un fil excessivement fin en l’attachant à un pieu et en le laminant avec deux morceaux de bois dur qu’il tient à la main et qu’il glisse Le long du laiton en se reculant. Avec ce fil ainsi travaillé, il orne les manches des haches, des azagaies, des arcs et des fourreaux des couteaux, et ne se contentant pas d’en entourer le bois, il le couvre d’un tissu formant des dessins va-
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riés et en relief. C’est une des professions les plus lucratives.
Les orfèvres viennent des environs de Senna; ils travaillent à là confection. On leur fournit l’or en mairical; ils le purifient, le fondent, le martellent, puis l’étirent en fils extrêmement ténus dont ils font des chaînes et des boucles d'oreilles. Ces dernières se font aussi en argent. Il est évident qu'on trouve chez nous des bijoux plus coquets, mais ils n’ont pas le cachet d'originalité de ceux-ci, confectionnés par des mains inhabiles, sans instruments et avec un or pur et vierge de tout usage. Le travail se règle ainsi : l’'ouvrier rend en ouvrage le poids de l’or qu’on lui a confié et l’on paie à partla main-d’œuvrequiestpeuélevée.
Ce sont les femmes qui font la poterie ; elles vont tirer
la terre, la pétrissent, enlèvent les cailloux et rendent l'argile propre à être façonnée. Elles en font alors des panelles ou vases à renfermer l’eau et des pots pouvant aller au feu dans lesquels elles préparent les aliments, la masse et le pombé. Les hommes ne touchent à la terre que pour confectionner quelques petits objets qu'ils vendent aux Européens : tasses à café assez mal tournées et pipes sur lesquelles ils sculptent des sujets plus ou moins grotesques. Toute cette poterie est cuite au feu de paille de roseaux, dont la fumée donne à la terre une teinte noire plus où moins prononcée.
, Les femmes cueillent les calebasses et les apportent à la case; ce sont les hommes qui les creusent et en font les tasses, quelquefois agrémentées de dessins, dans lesquelles ils boivent. Ils sculptent aussi et montent les cocos qui servent à puiser l’eau dans les panelles.
L'homme prépare les matériaux pour construire les cases, place les piquets; mais c’est sa compagne qui fait la toiture, coupe les roseaux du marécage, les fait sécher et les lie en petites bottes dont elle couvre l’habitation.
Si l’homme tresse des nattes de joncs, des guisappôs,
des fumba ou lits et fabrique des vases pour les réservoirs à grains, c’est la femme qui gâche l'argile qui entourera le réservoir et fermera les ouvertures entre les tiges du panier.
C’est le noir qui soigne le cotonnier, cueille le coton, le fait sécher, le carde pour en séparer les semences, le file et le tisse. Le tisserand proprement dit existe, puisqu'il faut, pour préparer la toile, un emplacement spécial et un métier particulier. Ce sont les dona qui tissent les ceintures en fils de couleur tirés des étoffes apportées de l’Inde ou de l’Europe par les blancs. À côté des tisserands, on peut placer les noirs qui font des vêtements en misanga (verroterie), depuis le tablier de la femme noire jusqu’au châle qui pare les épaules de la dona et la calotte qui cou- -vre le chef de son époux. Nous avons vu plusieurs spécimens de ces deux derniers travaux et avons remarqué que les dessins, semblables à ceux dits algériens, étaient très bien nuancés.
À Tête, à Quilimane et à Senna, ce sontles hommes qui blanchissent le linge. Ils le cherchent chez leurs clients, le lavent au fleuve et le repassent après lavoir. enduit d’une sorte d’amidon ; les uns emploient le fer et d’autres un morceau de bois dur, bien poli et chauffé qu'ils font glisser en appuyant fortement sur le linge. Le prix du blanchissage est de 10 reis, soit environ de 5 centimes le morceau, quelle qu’en soit la grandeur.
En Zambésie, chacun sait préparer les peaux qui deviennent des sacs à provision. Une fois l’animal écorché, Le . noir enlève les particules de graisse et de chair restées après la peau, l’expose au soleil et la travaille avec de l'huile et une pierre à grains très fins. Ces peaux sont ordinairement très souples et se conservent fort bien.
Il est à remarquer qu'on ne chasse pas les petits oiseaux, nombreux dans les bois et les broussailles ; aussi les chenilles sont-elles assez rares. Par contre, à presque tous les embranchements de sentiers proches des villages, on voit
sil
des pièges destinés à prendre les rats, dont les noirs sont très friands : chiffres quatre, pièges à bascules ou à portières et mille autres parmi lesquels Le collet en boyau de poisson tient la première place. Le produit de cette chasse est, à une certaine époque de l’année, la seule nourriture carnivore des indigènes. Les peaux, préparées d’une ma- nière spéciale, servent de poires à poudre.
La pêche se fait à la ligne et surtout au filet; les engins sont en fil d’aloès ou de bouazé. Le poisson est vendu frais à raison de 10 ou 12 livres pour une brasse de coton et le reste, vidé, nettoyé et séché au soleil, est mis en réserve pour le temps pendant lequel les rivières sont à sec. Le pêcheur joint à sa profession ceile de fabricant de cordes pour arcs, cordes fortes et flexibles, préparées avec les boyaux des poissons. |
Insiruments de musique. — La danse et la musique tiennent une grande place dans la vie des naturels; tous les prétextes leur sont bons pour s’y livrer avec frénésie, et c’est toujours par elles qu’ils traduisent leur tristesse et leur joie. Le sentiment musical paraît assez développé chez eux; les airs sont souvent monotones, car la même phrase s’y répète sans cesse ; quelques-uns cependant offrent un certain charme par leur cadence strictement observée et l'accord souvent parfait qu’ils exécutent avec la voix ou leurs instruments. Ces derniers sont au nombre de neuf : le tangali, dont nous avons précédemment dit quelques mots; le violon, qui n’a qu'une corde, au tiers de laquelle est fixée la moitié d’une noix de coco ou d’une calebasse creusée. L'ouverture s'applique contre la poitrine du joueur qui, tenant de la main droite une petite baguette dont 1l frappe la corde ordinairement en boyau, produit des modulations diverses selon qu'il appuie plus ou moins contre lui la table sonore.
Le tambour ou batuque a différentes formes : il est parfois long et étroit; d’autres fois, large et court, et formé
d’un tronc d'arbre et d’une peau de chèvre. L’arbre est presque entièrement creusé de manière à ne laisser à la partie inférieure qu'une mince paroi qui ferme complètement le fonds ; on perce une petite ouverture carrée au milieu de cette data La peau, bien tendue à la partie supérieure et fixée à l’aide d’un boyau séché ou d’un fil de bouazé, est ajustée avec de petites boulettes de cire, noir cies à la fumée et collées sur la surface plane. Ce tambour se joue soit avec les doigts, soit avec deux baguettes.
Nous avons vu employer les deux méthodes : quand il se sert des doigts, l’artiste s’assied à terre, prend son instrument entre les jambes en l’inclinant sur la gauche qui lui sert alors de chevalet et s’escrime tant qu’il peut. Quand il emploie les baguettes, il se courbe sur lé tambour, posé sur la peau et travaille sur la peau comme s’il voulait séparer en deux une bûche de bois.
Les flûtes de Pan sont en roseaux ; elles ne donnent que la gamme naturelle. Les roseaux sont accolés les uns aux autres à l’aide de cire jaune, puis liés par un fil de bouazé, d’aloès ou de sensevière. L’instrument est souvent orné de graines rouges de mimosas formant des losanges.
Voici un échantillon des airs les plus populaires de la vallée du Bas-Zambèse.
Batuque et sansa.
Flûte de Pan.
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Batuque et flûte de Pan.
Lento.
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Nos mariniers chantaient presque toujours, surtout en
suivant le courant de l’eau ; la mesure s’accélérait avec le mouvement des rames. En marche, les chants étaient plus rares ; mais, comme les précédents, ils exprimaient, dans la plupart des cas, la crainte que leur inspirent les blancs. Ils se redisent, sans doute, de génération en génération, ce qu’ils ont souffert de la part des premiers occupants; souffrances qui les ont poussés à la révolte, à l'incendie et au pillage de certaines villes, telles que Zumbo, où les jésuites régoèrent en maîtres durs et hautains. Traduisons ici, aussi fidèlement que possible, un des plus populaires de leurs chants :
« Malheur à moi, voici le maître!
« Makeble (')!
« Il estivre de sorgho, « Il lève la chicote, « Le pauvre noir tremble !
« Le blanc est impitoyable, « Son cœur est de pierre ;
LD
« Il veut la femme,
« Il veut les petits enfants ; « Il les prend, les bat,
« Puis en fait des esclaves.
« Sauve-toi, petit noir !
« Craïns ces peaux blanches!
« Malheur à toi, malheur !
« Si tu as un maître.
« Le maître est dur.
« Musungo! Kéfule (?)!
« Il frappe ses esclaves.
« Travaille, nègre, travaille !
« Toujours, toujours!
« Hima! Hima ()! >»
La sansa est l'instrument de musique le plus répandu
(!) Peut presque se traduire par : silence !
(?) Maître! Kéfule, mot qui ne peut se traduire; c’est une marque d’aver sion, de mépris.
(3) Peut être traduit par : vite, vite ! Dépéche-toi!
dans toute la Zambésie et, j'en suis persuadé, dans l’Afrique intertropicale. Lorsque le noir se met en voyage, il n'oublie jamais son azagaie et sa sansa que certains Européens nomment improprement marimba: Dès qu’il a un instant de liberté, le nègre fait vibrer les touches en fer de son instrument et chantonne à son aise. Presque partout se retrouve un air favori, sans doute à cause de la facilité avec laquelle on le joue d’une seule main. La sansa la plus commune est formée d’une table de bois assez épais de 0°,15 de long sur 0",10 de large environ. Ce bois est creusé dans son épaisseur et l’ouverture placée devant soi. À la partie supérieure, qui est fermée et à laquelle on a ménagé un rebord, sont fixées deux lames de fer qui maintiennent un certain nombre de touches étroites, recourbées à l'extrémité et de différentes longueurs. En avant de la table sonore se trouve une plaque métallique vibrante, sur laquelle on a cousu, avec de la filasse, des coquillages découpés et arrondis au couteau.
La disposition des lames de la sansa permet de jouer l’air favori en faisant vibrer les trois premières notes avec le pouce gauche ou le pouce droit, selon que l’une ou l’autre main est occupée. Si c’est la main gauche qui est libre, l’air est en ut mineur et il est rendu par les trois petites notes de gauche placées au second rang. Dans le cas contraire, la main droite joue l’air en fa mineur, à la quinte renversée.
Il est donc certain que la sansa est disposée pour qu'on puisse jouer facilement l’air favori. Ainsi, les deux pre: mières notes de gauche, sol et fa, font double emploi avec les deux premières à droite de la seconde gamme de fa mineur. L’instrument permet de jouer bien des airs, et il est à souhaiter qu’on note ceux que jouent les nègres. La disposition de la sansa est la même que celle des pianos, c’est-à-dire que la note la plus basse est à gauche et que les sons vont en montant de gauche à droite. L’instrument
semble indiquer que la plupart des morceaux sont mineurs ; la septième note manque à l’octave inférieure et à l’octave supérieure ; elle se trouve cependant pour l’octave supérieure en prenant la troisième des petites notes placées à gauche; mais elle n’est là qu’à titre accidentel et comme tierce de la tonalité d’ut mineur. II semble résulter de cela que les Cafres ne se servent pas de la septième.
Comme modulation, il est évident qu'ils n’ont à l’idée que la modulation naturelle de la tonique à la quinte.
À Massangano, nous avons eu entre les mains une sansa dont les touches étaient de fins morceaux de bambous taillés et recourbés. La table, très légère, était faite avec la moelle d’une plante ressemblant à du sureau et les côtés terminés par une tige de bambou. Un mince fil de laiton fixait les touches soulevées par un éclat de jonc; la table était consolidée par deux tiges de laiton traversant les bambous ei la moelle, comme le ferait une cheville recourbée ensuite à ses deux extrémités.
La flûte ordinaire, en bambou, fermée à la tête par le nœud de la tige, est percée de 4 ou 6 trous, sans compter embouchure, imitation grossière de quelque flûte appartenant aux Portugais.
Le sifflet est une petite corne dans laquelle le naturel souffle par la plus large embouchure ; il l’introduit plus ou moins entre ses lèvres et en tire les mêmes sons que si l’on siffle dans une clef forée ou plutôt dans une série de clefs de différentes grandeurs.
Le tambour de basque, rectangulaire, formé de roseaux fins collés les uns aux autres et remplis de petites pierres ou graines de sorgho, a les dimensions suivantes : 0,15 X 0",08 X 0,01. Le joueur tient l'instrument à pleines mains, à hauteur de la ceinture, le secoue et de temps à autre en frappe la surface plane contre le coude gauche. Cela ne ressemble pas mal aux bruits produits par les hochets en osier que nous donnons aux enfants en bas âge.
La marimba consiste en huit ou dix touches en bois, placées chacune au-dessus de calebasses de grosseur différente. On frappe ces touches des deux mains avec une boule de caoutchouc fixée à l'extrémité d’une baguette, Lorsque la marimba est droite, le musicien la poseà terre et joue assis ; si elle affecte la forme d’un demi-cerele, il peut l’attacher à sa taille ou la suspendre à son cou et jouer ainsi en marchant.
Instruments de travail. — À part ceux déjà mentionnés, | ils sont peu nombreux. Les houes sont généralement formées d’un morceau de fer aplati et fixé à l'extrémité d’un manche en bois dur, ordinairement noueux à un bout. Sur le Muaraze, nous avons vu employer des houes dans lesquelles le fer était remplacé par un morceau de bois taillé en forme de palette.
Les haches pour fendre le bois ont un manche assez court, traversé par une lame de fer peu épaisse, rendue tranchante dans sa partie la plus large.
Objets de toilette. — Ils sont peu variés; tantôt les hommes restent nus, tantôt ils entourent leur taille d’un morceau d’étoffe qui tombe à mi-cuisses et qu'ils fixent quelquefois à l’aide d’un fil de sensevière ou d’un boyau de poisson. Cette toile, presque toujours de provenance européenne, est blanche ou teinte en noir avec le chisio, légumineuse abondante sur la rive gauche du Zambèse. Dans plusieurs prazos, ils se couvrent de peaux de bêtes qu’ils ont préparées eux-mêmes.
Les femmes portent une sorte de tablier court en étoffe ou tissé en perles et par-dessus une brasse de calicot qu’elles font tenir comme les hommes. Elles recouvrent le tout d'un pagne, souvent en toile de Bombay, qui prend audessus des seins et descend jusqu'aux genoux; une écharpe faite par les tisserands du pays leur sert de ceinture. Les enfants sont presque toujours nus, ou enveloppés du pagne de leur mère qui les porte sur le dos ou sur la hanche.