‹ Voyage au ZambéseChapitre 2 sur 55 · ZAMBÈSE · texte numérisé non relu

ZAMBÈSE

7 Une rue de la ville de Tête. — Vue prise du fort. — - Pantations

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- Autre rue de la ville de Tête. — Vue prise de tete, Fo dire, rue de la ville de Tête. — Vue prise du fort. . . . Vue du quartier des noirs dans la ville de Tête . . . . : Coupe géologique de la galerie de houille dite de Livingstone

campement de Palira . . . . 2 A UE Mine de charbon dans le lit du Moatizé, en sn du nn

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de Pair: ee ; 2. 00 SERIE Mine de houille dans a lit du Nhépsicon ee : Ve ; a Mine de houille dans le lit du Moatizé, en aval du campement de Palira, au delà du confluent Nhapsicoudo, . . . . . . .. Mine de houille du Moatizé, en aval du campement de Paire et vers l'embouchure de la rivière. .. . . ee à ” Vue de la cascade dioritique du Bas- douce sr PO ROERR

Vue d'une partie de la cascade du Bas-Moatizé (rive gauche.

à 500 mètres en ayant de la cascade [rive gauche). 2.5 n 0

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Carte. Voyage au Zambèse. — Le] es le Ro NES et le Moatizé.

Quilimane.

Le 13 avril 1881, la mission française des mines (!) envoyée pour explorer une partie du bassin du Zambèse arrivait en vue de Quilimane, où le steamer Assyria, de la Compagnie British India, devait décharger le matériel et les approvisionnements nécessaires à l'expédition. Dès que les formalités qui accompagnent toujours les atterrissages eurent été accomplies, les membres de la mission se rendirent à terre, où ils reçurent un bon accueil des Portugais de la ville et des deux ou trois Français qui sont, là-bas, les agents d’une maison marseillaise dont les comptoirs sont répartis dans tous les ports des côtes orientale et occidentale de l’Afrique (°?).

Quilimane, l’une des quatre cités portugaises (Quilimane, Senna, Tête et Zumbo), située sur les rives du Zambèse, se divise en deux quartiers: celui des noirs et celui des blancs. Le premier n’a pas d'emplacement proprement dit; il est nomade. Situé au N. et au N.-E. du second, il est le plus éloigné du port et se compose de pailloites dont l'existence est éphémère et qui disparaissent ou changent de place plusieurs fois l’an, selon les caprices de leurs habitants vivant entassés dans ces réduits enfumés, sans aucun souci du lendemain. +

(1) Cette mission était composée de MM. J. Carlos Païva d’Andrada, capitaine d’ar-

tillerie, attaché à la légation portugaise à Paris ; le marquis de Gourgues ; E. Durand,

. ingénieur civil ; E. Lapierre, ingénieur des mines ; H. Kuss, ingénieur des mines;

P. Guyot, chimiste ; R. Gaffard, médecin ; Rigaïl de Lastours ; Ch. Courret; Avo-

rieu, maître-mineur ; Cabal et Artru, mineurs ; Martinez et Miguel, tous deux Espagnols et laveurs d’or.

(2) La maïson Mantes frères, Borelli de Régis aîné, de Marseille,

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Dans la partie civilisée, on rencontre un mélange de Maures, de Banians et d’Européens. C’est d’abord la maison du gouverneur surmontée du pavillon portugais,

vaste habitation en pierres blanchies à la chaux, rendue

habitable par les nombreux pancas qui ornent chaque chambre et que des domestiques, noirs pour la plupart (boys ou rapaces), agitent de temps en temps afin de renouveler l’air et l’entretenir dans un état supportable de fraicheur. Puis, au bord de la mer, les factoreries hollandaise et françaises qui, avec la maison anglaise, concentrent la totalité du trafic sur le haut Zambèse et sur le Chiré. | | .

La douane de Quilimane, établie il y a une douzaine d'années, est un grand bâtiment rectangulaire en maconnerie situé à 100 mètres environ du bord de la rivière. La partie qui fait face à celle-ci est formée d’un perron aussi grand que la construction; on y aboutit par une rampe en briques ordinaires, posées de champ pour le pavage et à plat pour la bordure. Cette disposition défectueuse dans

sa dernière partie, est cause de fréquentes dégradations .

lors des arrivages. La deuxième partie de la douane est affectée à la poste; un seul directeur surveille Jes deux BEI vices. |

Le débarquement des marchandises amenées par les vapeurs où les voiliers s'opère à l’aide de chalands ou lanches qui les conduisent près d’un quai en pente, avancé dans la rivière jusqu’à l’endroit où les eaux sont les plus basses à l'heure des contre-marées. Ce quai en ciment, posé à même sur la vase et garanti par des ailes en briques, ne paraîtas bien solide ; il se balance lorsqu'on décharge vivement les colis un peu lourds. Le courant dégradant la rive du côté de la ville, une souscription publique a été

ouverte, il y a une trentaine de mois environ, pour la

construction d’une digue en maçonnerie en avant des terres. Les fonds nécessaires furent trouvés en partie et

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l’on commença les travaux qui furent ensuite suspendus pendant quelque temps. Ils ont dû être repris au mois de décembre 1881. |

Une petite voie ferrée a été établie pour mettre en communication la douane avec le quai de déchargement; elle est fort mal entretenue et le seul wagonnet qui sert à son exploitation est en si mauvais état qu’il peut à peine faire d’une seule traite le parcours du réseau, dont la longueur totale n’excède pas 150 mètres. Nous l’avons vu dérailler

jusqu'à trois fois pendant le même voyage et à chaque accident, il a fallu, pour le replacer sur les rails, employer une vingtaine de noirs, ce qui occasionnait une grande perte de temps. Le plus souvent, les marchandises sont transportées à dos d'hommes jusqu’au dépôt, où elles peuvent séjourner pendant six mois sans payer d'emmagasinage. Les droits de douane varient de 6 à 12 p. 100, ad valorem ; les produits destinés à aller au delà du Chiré ne paient que 3 p. 100.

Il existe, à Quilimane, un service de travaux publics qui dépend de celui de Mozambique. Les employés sont payés fort cher et, les premiers, sur les recettes de la douane ou fazenda. S'il reste quelque chose, le reliquat sert à solder les traitements des autres fonctionnaires. Ce système ruine la Zambésie, car on peut dire que, depuis son application, il n’a été fait aucun travail sérieux dans toute la colonie. |

Le seul équipage qui setrouve à Quilimane, —nous pou- vOons même écrire dans la Zambésie, — se compose d’un tombereau et d’un bœuf pour le trainer; les chevaux ou autres bêtes de somme y étant inconnus. Ils appartiennent tous deux au service des ponts et chaussées.

Commerce. — Le commerce de Quilimane est fait par les factoreries pour le gros; par les Banians et les Maures pour le détail. L’importation consiste principalement en eau-de-vie (trois-six, Cognac, rhum et genièvre), en coton

ou étoffe légère et en mouchoirs de toutes couleurs, en toile de Bombay. Les perles sont peu estimées. Les armes à feu et la poudre ne font plus partie des marchandises dont la vente est permise. Enfin, les factoreries écoulent aux naturels les produits qui forment le rebut ou le solde des magasins et bazars européens. Les vieux vêtements militaires, surtout ceux des soldats anglais tués en Abyssinie, au Cap, dans le Transvaal et le Zoulouland, étaient fort estimés en 1881. Toutes ces marchandises sont échangées contre de la monnaie — roupie indienne ou reis portugais (!) — dans le bas Zambèse, mais sont considérées comme numéraire dès qu’on dépasse le Chiré. Leur valeur est de 15, 20 et même 30 fois celle qu’elles ont à Marseille, dans le commerce de détail, ce qui, en défalquant le prix du fret, constitue encore un très-beau bénéfice aux négociants, lesquels au surplus ne se gênent pas pour falsifier les denrées alimentaires, notamment les spiritueux qu’ils coupent avec de l’eau et auxquels ils rendent de la force à l’aide de divers piments,

Le commerce d’exportation consiste en cire jaune, caoutchouc, amandes sèches de coco ou copra, arachides et ivoire. La cire jaune est principalement recueillie à Quilimane, Senna et Chaïmba ; elle est prise par les noirs dans les ruchers du Mato. Après avoir lavé la cire, ils en font des boules d’une livre à une livre et demie environ, qu'ils viennent échanger aux commerçants contre du coton ou des mouchoirs. Les négociants, avant d'envoyer cette cire en Europe, lui font subir une refonte qui épure tant soit peu le produit primitif. Dans cette opération on se * contente d’écumer la matière en fusion; on la coule ensuite dans des bassines en cuivre ayant la forme de

(?) Valeur de la roupie indienne, sur le pied de 180 reis = 1 fr.

A Mozambique. . . . . . . . . 350 reis — 1f945 A Quilimane. . . . . . . . … 375 — = 2084 A 'SCANA: 2e le d'NUTeeMeETLs 400 — = 2 2923

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pains circulaires et d’une profondeur de 15 à 25 centimètres. Ces pains pèsent un ou deux arobes, c’est-à-dire 16*,5 ou 33 kilogr. Le commerce de la cire, en Zambésie, n’est pas d’une bien grande importance ; toutes les expéditions sont dirigées sur Marseille. À Zanzibar, cette branche de commerce est exploitée bien plus en grand; les Maures et les Banians achètent toute la cire de l’intérieur de l'Afrique aux caravanes qui viennent de Tabora. Leurs expéditions, se font soit pour Londres, soit pour New-York.

Le caoutchouc provient de la Chupanga; les noirs le recueillent eux-mêmes et en font des boules de 4 à 8 centimètres de diamètre. Ce commerce est aussi de médiocre importance. | Le copra tient une plus large place dans le trafic de Quilimane; ces amandes de coco, desséchées au soleil, ‘sont expédiées aux savonniers de Marseille qui en tirent de l'huile pour leur industrie. Le copra se vend à la panche de 15 kiïlogr., au prix de 500 reis ou 2 fr. 75 c. En Zambésie, le cocotier n’exige aucune culture; à part les frais de plantation et quelques soins d’entretien, il ne réclame que le travail de la récolte. Chaque cocotier produit un bénéfice annuel et net de 5 à 6 fr. Deux cents arbres environ peuvent être plantés sur un hectare de terrain. Ce n’est que vers sa cinquième ou sa sixième année que l’arbre commence à rapporter.

Les amandes de l’arachide constituent à elles seules les quatre cinquièmes du commerce d'exportation; cette pistache de terre (Arachis hypogæa) si fine, si précieuse pour la fabrication de l'huile et si facile à soigner, est la culture la plus productive du pays. C’est vers elle que tendent tous les efforts des naturels qui deviennent propriétaires d’un coin de terre, car, au prix de 5 fr. les 38 kilogr., séchés et rendus aux factoreries, ils ont dans les bonnes années de très-beaux bénéfices.

L'ivoire, dont le commerce est aujourd’hui bien dimi-

‘ nué, ne se trafique guère à Quilimane; l'éléphant étant devenu très-rare dans le bas Zambèse. Entre Tête et Zumbo on peut encore se procurer quelques défenses, mais alors la valeur varie suivant les dimensions. Voici le cours de la vente, à Tête, pour l’année 1881, le transport jusqu'à Quilimane restant à la charge de l’acheteur :

NOMS VALEUR donnés de larobe aux de ‘défenses. 82 livres (!).

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