VUE DUNE PAR
la paresse incorrigible des naturels. Il y a dans le pays des vallées fertiles et de vastes champs ; à peine voit-on çà et là le maïs et le mil, le haricot cafre, pareil à notre haricot de Galice, la citrouille, le concombre, un fruit auquel ils donnent le nom de Quivenje, la patate douce, qu'ils
appellent Buare, l’igname, appelé par eux Chirase et quel-
ques autres légumes. S'ils étaient arrosés, le blé, le manioc, la canne à sucre, viendraient admirablement, car le terrain est éminemment propice à cette culture. Le coton indigène, aussi bien que l’indigo, poussent et produisent sans labour ni travail aucun; les naturels tissent le premier pour en faire les Bizas (*) dont ils se servent comme vêtement. Le lin d'Europe vient admirablement à Chedima ; il y atteint une taille et une grosseur étonnantes : j'ai vu à Dégué du lin provenant d’un cadeau de Livingstone ; c’est d’après cet échantillon que je parle de la taille atteinte par cette plante. Le tabac est cultivé, mais en petite quantité ; celui de Masoe est Le plus estimé, et comme dans cette localité il est très abondant, cela explique pourquoi sa culture est restreinte ailleurs, bien que les naturels des deux sexes en consomment des quantités fabuleuses.