MARCHE A TRAVERS LE PAYS DE DANDE
LE
22 février. — À 9 heures du matin je me mets en route et continue mon voyage ; je marche parallèlement à une cordillère très étendue qui, tantôt se rapproche, tantôt s'éloigne du chemin, comme pour saluer le voyageur et lui montrer de vastes champs livrés au plus déplorable abandon. À 11 heures, j'arrive au village du nègre Wanhambere, au pied des monts Camoenje, sur les terres du mambo Inhampende, qui jouit d’une mauvaise réputation parmi les habitants de Tête à cause des vols commis par son père en 1851. À 5 heures du soir, je traverse son village ; mais ce héros de Cervantès, bien qu’il ne soit pas l’auteur des vols (il est de règle chez les Cafres que les enfants paient pour les crimes de leurs pères), est réfugié sur la rive gauche du Zambèze, dans les terres des Pembes, de peur d’avoir à payer les gentillesses commises par ses ancêtres. Je campe à un quart de lieue plus loin, dans un endroit découvert, après avoir traversé le ruisseau Moranzé, d'assez faible profondeur. Le chemin que j'ai parcouru aujourd’hui est le plus mauvais que j'aie encore rencontré, car, après des montées et des descentes on ne peut plus difficiles, je fus obligé de marcher dans l’eau, comme un canard, toute la journée.
23 février. — Comme il pleut sans interruption depuis la veille au soir, je me vois forcé de rester ici aujourd'hui, et demain peut-être, car le temps est vraiment mauvais.
24 et 25 février. — Toujours au même endroit.
20 février. — La pluie a cessé hier soir à 4 heures, aussi ce matin je me mets en route à 6 heures; mais le chemin continue à être mauvais et, pendant plus de la moitié de la journée, j'ai à pratiquer l’hydropathie. Je campe enfin à Cheyurinde, sur les terres du mambo Hacanzo, en un lieu désert, après avoir traversé, à 3 heures, le ruisseau Fununo, dont les berges écartées de trois brasses sont élevées de deux brasses au-dessus du fond ; mais il y avait peu d’eau en ce moment. La grande cordillère dont j'ai déjà parlé continue à être orientée parallëlement au chemin.
27 février. — À 5 heures trois quarts, je fais lever lecamp et, à 10 heures et demie, j'arrive au village de Maçanzo, après avoir passé à gué le ruisseau Cicica. Continuant à marcher, Je traverse les rivières Manucuze et Murobué, toutes deux d'environ quatre ou cinq brasses de large sur une de profondeur et, à L heure après midi, je franchis le ruisseau UÜmbase ; enfin, vers D heures, je campe en un lieu désert, en decà du village de Caurréa.
28 février. — Je quitte cet endroit à » heures du matin; à 10 heures je fais halte au village du mambo Casaëé, sur la rive droite du rio Panhame, afin de me procurer des canots pour le passage de ce cours d’eau, car il est profond et large (d'environ 60 brasses), mais n’a pas l’aspect d’une rivière à cause des îles couvertes de roseaux qui en masquent la vue. Ge rio est à sec d'août à novembre. Depuis Inhampende jusqu'ici, le terrain s’abaisse et n'offre plus que des ondulations irrégulières ; les villages deviennent très rares et le peu que l’on en rencontre ont l’aspect triste, à cause de la misère dans laquelle vivent les habitants. Jusqu'à présent, le chemin a continué à être mauvais.
1* mars. — À 9 heures du matin, je commence le passage du rio Panhame, mais ce n’est qu’à 1 heure après midi que tout mon bagage est de l’autre côté. Je dîne auprès des rives fangeuses de cette rivière, puis je marche jusqu'à