VOYAGE AU ZAMBÈZE DE M. P. GUYOT. PI. IX
Albert Barbier, des -aut. Nancy. Lith. E. Munier, Nancy.
MINE DE HOUILLE DANS LE LIT DU MOATIZÉ à 500 mètres environ en aval de la cascade (rive gauche).
6 heures un quart et viens camper au milieu de broussailles serrées, en un lieu appelé Chipéra, sur la rive droite du Zambèze. La pluie tombe à 11 heures du soir. Le chemin continue à être mauvais.
2 mars. — À 5 heures du matin, je quitte ces lieux agrestes ; à 6 heures je traverse à gué le ruisseau Ronga, et à 3 heures après midi celui de Tombua; j'arrive enfin à la demeure d’un habitant de Zambo, Manoel de Rosario Andrade, qui me recoit magnifiquement.
3 mars. — Je reste dans cette maison jusqu à ce que je me sois procuré une embarcation pour me transporter au local qui m'est destiné. À 1 heure après midi, vient à moi un ancien habitant de Tête, actuellement à Zumbo, José Agostinho Xavier; il amène avec lui cinq canots qu’il met aussitôt à ma disposition et à l’aide desquels le détachement pourra se rendre dans ses quartiers.
4 mars. À 9 heures du matin, je continue ma marche, et, à 11 heures, je me trouvais déjà en face de la feira de Zumbo et de l'embouchure du Rangoa. À midi, je traverse le Zambèze et, une demi-heure après, je puis répéter avec notre immortel Doëre:
Ja son chegado, ja tenho diante À terra de riquezas abundante, (Lus. Est. 1, Canto VIL.)
Par suite de l’abandon total dans lequel se trouve la feira, Je suis obligé d’accepter l'offre que me fit M. José Agostinho de demeurer dans une maison qu’il possédait à Mandombe, jusqu’à ce que, la saison d’hivernage étant passée, je pusse commencer la construction de maisons et exécuter les ordres que j'avais recus. Il me reste beaucoup à faire, et il est certain que j'ai assumé une responsabilité au-dessus de mes forces, ce qui me découragerait si je n'avais le désir d’être utile à mon pays; c’est là l'unique but de mes plus intimes aspirations. Vincit amor patriæ, laudemque immensa cupido.
1h be
En sortant du pays de Dande, je veux aussi donner une courte description des mœurs et coutumes de ses habitants, d’après toutes les remarques que j'ai pu faire et les renseiognements que j'ai pu recueillir pendant mon séjour parmi eux.
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Description du pays de Dande, mœurs et coutumes des habitants, etc.
Le territoire de Dande est égal en étendue à celui de Chedima. Ayant pour limites au Nord le Zambèze, à l'Est le rio Mussenguèse, au Sud le Changoé et à l'Ouest le rio Sanhaie, sa surface doit comprendre un nombre considérable de lieues carrées. À
Le sol est montagneux, sillonné de rivières et de ruisseaux, les uns périodiques, les autres innavigables; il offre de petites surfaces propres à la culture (*). Cependant les naturels tirent parti des pentes et des gorges des montagnes, des vallées et des rives des cours d’eau pour y semer les grains dont ils se nourrissent, et en particulier le tabac, dont la culture est l’objet de tous leurs soins. Moins peuplé que Chedima, ce pays se trouve aussi plus inculte. Ces deux pays ont été ravagés par les Landines et leurs populations dispersées ; c’est ce qui explique l’abandon, pour ainsi dire général, dans lequel se trouvent de vastes plaines et des vallées fertiles, que le voyageur parcourt le cœur navré, déplorant une pareille perte, occasionnée non pas tant par les malheurs qui se sont abattus sur les propriétaires du sol, que par l’incurie et la nonchalance de ces derniers, chez lesquels tout est attribué au faltalisme, préjugé impossible à détruire.
(1) Seulement jusqu’au rio Chuoré; à partir de là on rencontre, au contraire, d'immenses plaines qui pourraient convenir à toute espèce de culture.