I. Brll. Jud., v. vi. i
peu plus avancés que Titus, vers la muraille, afin d'engager les défenseurs qui garnissaient les remparts, à renoncer à la défense, Nicanor fut blessé à l'épaule gauche d'une flèche lancée de la place. Le monument du grand prêtre Jean était donc assez près de la ville, pour que l'on pût, dans son voisinage, recevoir une flèche partie des remparts.
L'historien des Juifs nous reparle, un peu plus loin, du tomneau du grand prêtre Jean, mais beaucoup plus vaguement Il nous dit qu'après que Titus eut forcé la première muraille, Jean et les siens combattaient du haut de la tour Antonia et du portique septentrional du temple, et devant le tombeau d'Alexandre, tandis que la troupe de Simon occupant la portion de la deuxième enceinte située du coté du tombeau de Jean, avait garni de retranchements toute la ligne de murailles qui s'étend jusqu'à la porte par laquelle l'eau est conduite à la tour Hippicus.
De la comparaison de ces deux passages, il résulte clairement que le tombeau du grand prêtre Jean devait être dans le voisinage et à gauche de la porte de Damas, vers le saillant que la fortification moderne présente encore en ce point, Or, il existe eu réalité de ce côté, et fort près de la ville, une cave sépulcrale, ayant une porte ornée de moulures, et que j'ai le vif regret de n'avoir point étudiée avec soin: j'étais fort occupé des monuments dont j'av ais entrepris l'étude approfondie, et le temps m'a manqué pour examiner celui-ci , avec toute l'attention qu'il méritait. Je ne puis donc que recommander de toutes mes forces, aux voyageurs futurs, l'exploration de cet intéressant sépulcre.
Ouel peut être ce grand prêtre nommé Jean? Josèphe, dans 1rs passages qui concernent le tombeau en question, a oublié
i n. ll Jml.. v. vu. i.
KT AUTOUR DE I.A MKH MORTE. M\i de I»' préciser et de nous fixer l'époque à laquelle avail vécu le Jean auquel le sépulcre appartenait. Mais je ne doute pas qu'il ne s'agisse de Jean, fils du grand prêtre Judas, fils luimême du grand prêtre EliasiJ). Artaxerxès II était maître de lu Judée, dont le satrape Bagosès était gouverneur. Le grand prêtre Jean avait un frère nommé lésons, ami de Bagosès. et auquel celui-ci promit le souverain pontificat, lésous. fort de l'appui du satrape, ayant injurié son frère dans l'exercice du sacerdoce, celui-ci en conçut une telle fureur, qu'il tua lésous de sa main, dans le temple même. A l'annonce de cet horrible fratricide, Bagosès courut au temple, criant aux Juifs qui cherchaient à l'empêcher d'y pénétrer: * Vous avez osé commettre un assassinat dans votre temple ! qui peut mettre en doute que je ne sois plus pur que celui qui s'est souillé d'un pareil crime?» — Il entra donc dans le sanctuaire, et profita de la circonstance, pour condamner les Juifs à un tribut extraordinaire de sept ans. Ce tribut consistait en ce que, pour offrir à Jéhovah les sacrifices quotidiens, il fallait payer cinquante drachmes, par tête d'agneau immolé. Quand le grand prêtre Jean mourut, ce fut son frère Yaddous. dont j'ai parlé ailleurs à propos de son entrevue avec Alexandre le (Irand, qui fut investi du souverain pontificat
Ainsi que je l'ai dit tout à l'heure . c'est le tombeau de cet illustre personnage qu'il s'agit de décrire, car il est tout trouvé: et l'on concevra sans peine l'intérêt réel que doit offrir la comparaison de ce sépulcre, de date certaine, avec les autres sépulcres de la nécropole de Jérusalem.
TOMBEAU D'ALEXANDRE JANN£t'&
J'ai déjà dit, à propos des Qbour-el-\lo|ouL ou tombeaux des rois de Juda. que la cave sépulcrale d* \lc\andre Janmeus
avait été reconnut' avec toute raison, par Schultz, dans la cave immense qui porte le nom de Grotte de Jérémie. Je ne reviendrai donc pas sur cette attribution qui ne peut soulever aucun doute, et je me bornerai à dire quelques mots sur l'état actuel de l'excavation. On y reconnaît bien, par-ci par-là, quelques traces des anciennes parois des chambres sépulcrales, mais elles ont été brisées, et semblent avoir été exploitées comme une carrière commode, de sorte que le tout ne l'orme plus qu'une immense grotte irrégulière , taillée grossièrement et sans grand intérêt. A gauche existe une petite avance de rocher en saillie sur la masse, et sur cette saillie, dit la tradition, dormait le prophète .lérémie. Malheureusement cette tradition ne supporte pas l'examen.
Du plafond de la grotte suinte constamment une pluie de gouttes d'eau , que j'ai vu les pèlerins grecs recueillir avec empressement , pour s'en bassiner les yeux. Ktait-ce comme préservatif contre les ophthalmies, ou comme curatif contre la myopie? J'avoue n'avoir pas éprouvé le moindre désir de m'en informer. A gauche, en sortant de la grotte, on trouve un escalier conduisant à une citerne en bon état, et pleine d'eau. Je n'en ai pas examiné la structure avec assez de soin , pour pouvoir parler de son âge probable.
l'n derviche tourneur réside d'ordinaire à la grotte de Jérémie, et il prélève un petit tribut sur tous les pèlerins qui se présentent : cela doit lui constituer un assez joli revenu. Le monticule dans lequel est creusée la grotte de Jérémie est couvert de tombes musulmanes: enfin, l'on aperçoit dans le flanc du rocher, à gauche de l'entrée actuelle de la grotte, une Assez petite excavation naturelle. Voilà tout ce que l'on peut dire, aujourd'hui, des restes mutilés de la somptueuse rave sépulcrale qui fut la dernière demeure de la plupart des princes \sinonéens.
TOMBEAUX S IT U ES AU FOND DF LA VALLÉE DR JOSAPHAT, AU-DESSOUS El AU MORD-EST DU TOMBEAU DES ROIS.
Les flancs de la vallée de Josaphat, au nord de Jérusalem, présentent de nombreuses excavations funéraires qui mériteraient sans doufe une étude toute spéciale. Malheureusement le temps m'a manqué, et je n'ai pu les visiter qu'en courant. Je n'en pourrai donc rien dire de positif, et j'aime mieux l'avouer simplement.
Sehultz, adoptant une tradition juive accréditée a Jérusalem, voit dans une de ces caves funéraires, le tombeau du grand prêtre Simon, surnommé le Juste, fils et successeur du grand prêtre Onias1, et contemporain de Ptolémée Philadclphe. Une autre de ces caves paraît au même savant, devoir être le monument du Foulon, dont il est fait mention dans Josèphc », à propos de Pencointe d'Hérode Agrippa. Cette enceinte, dit l'historien des Juifs, après avoir passé auprès des caves royales s'étendait longuement, et s'infléchissant près du monument du Foulon, a une tour angulaire, venait finir à la vallée du Kedron, en rejoignant la muraille antique. Kaî o\à (nrr.Xauov (btaOuxOv
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Williams pense qu'il serait possible de retrouver les caves royales de Josèphe dans les excavations funéraires que je viens de mentionner; mais je ne saurais admettre celle hypothèse. Voici pourquoi : L'enceinte d'IIérode Agrippa ne pouvait évidemment passer au fond de la vallée de Josaphat, qu'elle couronne au contraire. L'expression o\x , à travers,