FONTAINE DE LA VIERGE ET PISCINE DE S1LOË
À cinq cents mètres environ de l'angle sud-est du Haramech-chérif, on trouve, sur le flanc droit de la vallée de Josa-
1 Dentér.j xvt, 18-20.
phal , une source abondante qui sort d'un canal souterrain construit en blocs considérables. D'où part cette source? Je l'ignore. L'opinion générale est qu'elle vient du plateau du Moriah, et qu'elle n'est que le cours d'eau qui desservait le grand autel du temple. Comme il n'est pas possible aujourd'hui de s'en assurer, mieux vaut se dispenser d'élever hypothèse sur hypothèse, au sujet d'un fait aussi obscur. Un autre canal souterrain conduit ces eaux à la piscine de Siloë (nzii n*K?n)'. Celle-ci est une piscine creusée dans le roc et assez profonde; son plan est à peu près un parallélogramme, à l'angle nord-ouest duquel débouche le canal que j'ai mentionné tout à l'heure.
Quelques fragments de colonne se remarquent dans la piscine, au fond de laquelle conduit un escalier taillé dans le roc. L'un de ces tronçons de colonne est encore debout dans l'eau. Cette eau qui est très douceâtre et peu agréable , bien qu'elle serve sans inconvénient à l'alimentation des fellah de Siloam, ne coule pas toujours avec la même intensité. Mais je crois que l'on a raconté beaucoup de fables, sur les prétendues intermittences régulières de la fontaine. Son eau, quelle que soit sa valeur comme boisson, est conduite habilement par les fellah dans les jardins potagers du fond de la vallée, jardins que des irrigations bien entendues rendent d'une fertilité charmante.
Williams suppose que les colonnes qui se voient à la piscine de Siloe, sont les restes d'une église qui la recouvrait. Je suis d'autant plus porté à croire que ce sont les débris d'une sorte de portique qui la décora dans l'antiquité, que le Pèlerin de Bordeaux s'exprime ainsi sur le compte de cette piscine : Item exeunti in Hierusalem, ut ascendas Sion, in parte sinistnl, et dcorsùm in vallc, juxta murum, est piscina quai dicitur Siloa,
1. Néhémie, m, 15, et Isaïe, vin, 6. Ce nom signifie : stagnum immiss ionix. II. 22
habet quadriporticum ; et alia piscina grandis foras (quelle est celle-ci? Je l'ignore). Hic forts sex diebus atque noetibus currit ; septimâ verà die est sabbat uni , in tôt uni nec nocte nec die currit. Enfin Benjamin de Tudèle parle à ses coreligionaires, à propos de ces mêmes débris, d'un bel édifice élevé du temps de leurs ancêtres. Il ne peut donc être ici question d'église.
Je déclare , du reste, que l'aspect de ces colonnes me les avait fait considérer, tout d'abord, comme antérieures à la domination chrétienne en ce pays.
Schultz pense que la piscine de Siloé est l'étang de Salomon, ou du Roi. J'ai plus haut, à propos de l'enceinte du Haram, exprimé les doutes que m'inspire cette identification.
C.IHON, CITERNE DE LA PORTE DE DAMAS PORTES R'ËPHRAÏM . DE DJENNATH , DBS POISSONS ET DES CHEVAl'X.
F,n sortant de la porte de Damas, et en longeant le pied des murailles, on trouve, à une centaine de mètres, au plus, une immense citerne antique creusée dans le roc, et que j'ai toujours vue parfaitement à sec, pendant mon séjour à Jérusalem. La tradition populaire veut que cette citerne abandonnée ait été jadis en communication avec le Haram. Les mêmes contes parlent de bruit souterrain d'eaux courantes, que l'on entendrait, dans le silence de la nuit, à côté de la porte de Damas. Je me dispenserai de commenter toutes ces belles histoires qui ressemblent tant soit peu à celles des Mille et une Nuits, et je me bornerai prudemment à parler de ce que j'ai vu , de mes yeux vu.
Que cette vaste citerne, aujourd'hui à moitié encombrée d'immondices, soit d'une antiquité très-reculée, cela n'est pas sujet à question. Mais quelle peut être cette citerne, et