Vavct pl. xiv
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 339 l'Écriture en fait-elle mention? Je le crois et je vais essayer de le démontrer. Nous lisons dans les Rois (11, \vu) : — 17. Le roi d'Assour envoya de Lakis, Tartan, le chef des Eunuques et le chef des Sakes, vers le roi Ezekhias, à Jérusalem, avec une puissante armée. Ils montèrent et arrivèrent h Jérusalem, et, étant montés et venus, ils se placèrent auprès du conduit de l'étang supérieur, qui était sur la route du champ du Foulon. — 18. Ils appelèrent le roi; et Eliakim, fils de Helkhias, qui était intendant du palais, et Sibna le scribe et Joah, fils d'Asaph, le chancelier, sortirent vers eux. — Alors eut lieu un colloque entre les chefs assyriens et les officiers juifs qui étaient év idemment restés sur la muraille. Ce qui le prouve, c'est que les menaces du roi d'Assour furent proclamées assez haut pour qu'elles pussent être entendues du peuple assemblé sur. les remparts. Les Juifs demandèrent alors que la conférence n'eût pas lieu en hébreu, afin que les assistants ne comprissent pas ce qui se dirait, et le chef des Sakes n'en cria que plus fort, afin que pas une de ses paroles ne fut perdue *.
Nous avons reconnu, à la porte de Damas, des traces non équivoques de l'enceinte primitive. Le champ du Foulon devait être très-probablement là où était le monument du Foulon , que Josèphe place incontestablement a l'angle nord-est de l'enceinte d'Hérode- Agrippa. La route du champ du Foulon était donc très- certainement celle qui , de la porte de Damas, passe entre notre citerne et la grotte de Jérémie. Cette citerne est exactement au pied de la muraille moderne qui a très-probablement remplacé la muraille antique; il est donc certain, pour moi, que la scène que je viens de rappeler, eut lieu en ce point , et que notre citerne antique n'est que l'étang supérieur
1. Le même fait est rapporté, à peu près dans les mêmes termes, dans Isaïe, mxvi, i, 3 et stuy.
(nrrSyn nron) du verset 17 du chapitre xvm du Iîe Livre des Rois.
Nous lisons dans lsaïe (vu) : — 1. Ce fut au temps de Akhas, fils de Jotham, fils d'Ozias, roi de Juda, que Rezyn, roi d'Aram, monta avec Fckah, fils de Remaliahou, roi d'Israël, vers Jérusalem, pour lui faire la guerre, mais il ne put pas l'assiéger. — 2. On annonça à la maison de David , savoir : Aram se tient en Ephraïm; son cœur fut agité, ainsi que le cœur de son peuple, comme les arbres de la foret sont agités par le vent. — 3. Jéhovah dit à lsaïe : Sors donc au-devant d'Akhas, toi et Sar-lesoub, ton fils, à l'extrémité du conduit de l'étang supérieur, sur la route du champ du Foulon. — Le point désigné dans ce passage est encore le même. Le roi Akhas, dans son inquiétude, devait aller aux nouvelles, du côté où se trouvait le territoire d'Éphraïm : la porte de Damas n'est très-certainement que la porte d'Éphraïm, ainsi que l'a reconnu Schultz : il était donc difficile que la place assignée au prophète par Jéhovah , fût mieux choisie que celle qui lui était désignée, puisqu'il était chargé de rassurer le roi de Juda, sortant de sa capitale, soit à la tète de troupes, soit pour aller au-devant des nouvelles de l'approche de ses ennemis.
Nous voilà donc déjà fixés sur l'identité de l'étang supérieur avec la vieille citerne de la porte de Damas. Mais ce n'est pas tout encore, et je crois que cette citerne n'est pas autre chose que celle qui, dans l'Écriture, porte le nom de Gihon. Nous lisons dans les Rois (I, i) : — 9. Adoniah (fils de David) fit tuer des brebis, des bœufs et des veaux gras, près de la pierre de Zahlet, qui était auprès d'Ayn-Radjel; il invita tous ses frères, fils du roi, ainsi que tous les hommes de Juda, secrétaires du roi. — Adoniah voulait s'emparer de la couronne. David, instruit de ses manœuvres et irrité de l'usurpation de son fils, fit venir Seddouk leCohène, Nathan le prophète, et
Benayahou , fils de Johad. — 33. Le roi leur dit : Prenez avec vous les serviteurs de votre maître, et faites monter Salomon, mon fils, sur ma mule, et faites-le descendre vers Cihon. — 3ft. Là Seddouk le Cohène et Nathan le prophète l'oindront pour roi sur Israël. Vous sonnerez la trompette et vous direz : Vive le roi Salomon! — Les ordres de David furent exécutés. (Verset 38.) — 39. Seddouk le Cohène prit une corne d'huile de la tente et oignit Salomon ; on sonna de la trompette et tout le peuple cria : Vive Salomon !
Adoniah et ses convives entendirent les fanfares et les cris de joie, au moment où leur festin se terminait. Joab, étonné, s'écria : D'où viennent ces bruits et que se passe-t-il dans la cité? 11 parlait encore, lorsque Jonathan, fils d'Abiathar le Cohène, arriva en courant. Adoniah lui cria : Viens ici, brave; nous apportes-tu une bonne nouvelle? Jonathan se hâta de raconter l'événement qui venait de s'accomplir, et, la terreur succédant aux joies de la fête, tous les convives se dispersèrent ; Adoniah lui-même s'enfuit en toute hûte dans le temple, et, empoignant les cornes de l'autel, se mit dans cet asile sacré pour tous, à l'abri de la mort qu'il avait méritée. Rien de plus dramatique que le récit biblique de cet événement , récit que je me suis borné à analyser. Le verset 45 du même chapitre est ainsi conçu, il fait partie du récit de Jonathan : « Seddouk le Cohène et Nathan le prophète l'ont oint (Salomon), près de Gihon ; ils sont remontés de là tout joyeux, et la cité s'est émue : voilà la cause du bruit que vous avez entendu. »
Josèphe raconte de même ce curieux événement 1 ; seulement son récit nous fournit un précieux renseignement topographique. Il nous apprend que le festin préparé par l'ordre d' Adoniah fut servi hors de la ville , auprès de la fontaine qui