T. Il, p. 497 et suiv
d'une très-haute antiquité, et qu'il faut de toute nécessité faire remonter h l'époque des rois de Jnda : Guillaume de Tyr est exactement de cet avis'. Le livre de Néhémie désigne une piscine qu'il appelle étang du Roi (h, 14); est-ce la même? La perpétuité des noms en ce pays, fait que je suis bien tenté de le croire.
Schultz a conclu du verset 16 du chapitre lil de Néhémie, que le Birket-es-Southan était l'étang nommé Asouyah. Voici le verset : « Après lui travailla Néhémie, fils d'Azbouk, chef du demi-district de Beth-Sour, jusqu'en face des tombeaux de David, et jusqu'à l'étang fait (mcyn nzrcn), et jusqu'à la maison des héros. » Comme jusqu'ici je n'ai rien pu tirer du livre de Néhémie, je ne discuterai pas cette identification.
Schultz attribue aussi au Birkct-cs-Soulthan le titre d'étang inférieur, donné, dans plusieurs passages de l'Écriture, à une des piscines de Jérusalem. Ainsi Isaïe, s'adressant aux habitants de Jérusalem, au moment où Ézékhias est menacé par Sankherib, leur dit : (xxn) — 9. Vous voyez les brèches de la ville de David, car elles sont nombreuses. Vous rassemblez les eaux de l'étang inférieur. — 10. Vous comptez les maisons de Jérusalem, et vous abattez les maisons, pour fortifier la muraille. — 11. Vous faites un réservoir entre les murs, pour l'eau du vieil étang. — Voyons dans le Livre des Bois et dans les Chroniques la contre-partie de ces paroles du prophète.
Nous lisons dans le Livre des Rois (II, xx) : — 20. Le récit des faits d' Ézékhias, tous ses exploits, comment il fit l'étang, et l'aqueduc par lequel il fit entrer les eaux dans la ville, (tout cela) est écrit dans le Livre des Rois de Juda. — Dans les Chroniques, les mômes faits sont heureusement un peu plus détaillés. Voici ce que nous y lisons (II, xxxu) : — 2. Ézék-
i. TU, II, p. 747.
hias ayant vu que Sankherib était venu, (et que) sa face était hostile contre Jérusalem. — fut d'avis, avec les principaux et avec ses braves, de boucher les sources des fontaines qui étaient hors de la ville; et ils l'assistèrent. — 4. Beaucoup de monde s'assembla ; ils bouchèrent toutes les fontaines et le ruisseau qui coule à travers le pays, en disant : Pourquoi les rois d'Assour viendraient-ils et trouveraient-ils beaucoup d'eau ? — 5. Il prit courage et rebâtit tout le mur ruiné ; il monta sur les tours et hors de l'autre mur, et fortifia Meloua, cité de David, et il fit beaucoup de projectiles et de boucliers. — 6. Il plaça des chefs militaires sur le peuple, et les réunit près de lui, sur la place près de la porte de la ville, etc. Un peu plus loin, nous lisons encore: — 30. Et lui, Ézékhias, boucha la source supérieure des eaux de Oihon et les dirigea en bas, vers l'occident de la ville de David.
Dans ces passages bibliques il y a plusieurs points a noter. Remarquons d'abord qu'Isaïe, lorsqu'il parle des brèches de la cité de David, ne peut avoir en vue la seule forteresse de Sion, car ce serait absurde. Toutes les brèches de l'enceinte avaient un égal besoin d'être réparées et closes. Ensuite Isaïe mentionne un étang inférieur, et une citerne nouvelle que le roi Ézékhias construit à l'intérieur des murailles, pour l'eau du vieil étang.
La piscine qu' Ézékhias construisit à l'intérieur des murailles, pour recevoir l'eau de la vieille piscine, c'est pour Schultz la citerne qui porte aujourd'hui le nom de Birket-Hammam-el- Batrak (citerne des Bains du Patriarche). Mais malheureusement cette piscine n'était nullement à l'intérieur des murailles de l'enceinte de Jérusalem, telle qu'elle existait sous le roi Ézékhias. Williams voit la piscine inférieure, la piscine du Roi, et enfin lu piscine d' Ézékhias, dans la piscine de Siloë. Je ne puis absolument souscrire à la fois à ces trois identifications :
pour lui, comme pour moi, la piscine supérieure de Gihon est la vieille piscine de la porte de Damas. Je regarde ce point comme parfaitement démontré. En quelque endroit, bien voisin de là, qu'ait été la source qui alimentait cette citerne, ce sont les eaux de cette source et de cette citerne qui ont été détournées par Ézékhias ; cela est constant. Les Chroniques nous disent expressément que les eaux furent amenées en bas, vers l'occident de la cité de David ; or, le Birket-es-Soulthan seul est bien dans la position indiquée par le texte sacré. Je crois donc que Schultz a eu raison de voir l'étang inférieur, dans le Birketes-Soulthan.
L'aqueduc qui conduit l'eau dans la ville, et dont il est question dans le Livre des Rois, pourrait bien n'être en réalité que le Qanât-el-Koufar, qui amenait l'eau des Bourak et des belles sources d'Etham. Ce qu'on ne peut nier, c'est qu'il est aujourd'hui impossible de résoudre le problème de l'histoire des eaux de Jérusalem. Quel que soit le système de distribution que l'on adopte par hypothèse, on ne tarde pas à se heurter contre un texte biblique, qui renverse immédiatement tout ce que l'on avait péniblement imaginé. On doit donc se contenter d'établir le plus possible de points incontestables, en laissant au temps et à de plus heureux, le soin d'éclaircir les points auxquels on a le malheur de ne rien comprendre.
Nous trouvons dans la description de la Jérusalem des croisades, le passage suivant, concernant le Birket-es-Soulthan : « Quant on avoit avalé le mont, si trouvoit-on t lai en la valée, que on apeloit le lai germain , que Germains le fist faire pour recueillir les eaues qui descendoient des montagnes, quant il pluvoit, et là abuvroit-on les chevaux de la cité. D'aultre part la valée, à main senestre, près d'illec, avoit le charnier que on apeloit Chaudemar. » — Cette description de la position relative du lai germain et de Chaudemar, ou Haq-ed-Damm, ne per-
met pas de conserver de doute, sur l'identité du BirkeUes-Soulthan avec le lai germain. Il en est aussi question dans une pièce datée de 1177, et qui se trouve dans le cartulaire du Saint- Sépulcre, publié avec les Assises de Jérusalem '.Voici le passage qui en contient la mention : tVinea quam dominus et pater meus... Rex Amalricus, donavit ecclesiae montis Syon, pro lacu germani, qui communis est usibus univers® civitatis , etc. »
Une tradition moderne, qui ne mérite pas qu'on s'y arrête, place au Birket-es-Soulthan le bain de Betsabée. Comme l'Écriture dit positivement qu'elle se baignait, lorsque David l'aperçut de sa terrasse, il est bien clair que cette tradition doit être rejetée.
BIRKET-MAMILLAH. B1RKET-HAMMAM-EL-BATRAK.
En sortant de Jérusalem par la porte d'Hebron, on aperçoit, à quelques centaines de mètres à l'ouest-nord-ouest , dans une petite plaine basse qui forme la tête de la vallée de Hinnom , et qui est occupée par un cimetière musulman, une large citerne alimentée par l'eau des pluies, et connue sous le nom de Birket-Mamillah. Cette piscine est en communication, par un aqueduc qui paraît en quelques points du chemin conduisant à la ville, avec une autre piscine placée à l'intérieur de celleci, près du couvent des Franciscains, et connue sous le nom de Birket- Hammam -el-Batrak (Étang des Bains du Patriarche).
La seule mention bien positive du Birket-Mamillah, que nous trouvions dans les écrits des auteurs de l'antiquité, est la suivante : Josèphe, en décrivant les approches de Titus et de son