Ant. Jiul., vm, vi
bin , mais rien non plus ne prouve qu'elle soit différente. Peutêtre Salomon, qui était maître de toute la Palestine et, de toute la terre de Kenàan, profita-t-il de la magnifique position militaire de Hazor, pour y établir une place forte, capable de fenner la vallée du Jourdain, du côté du nord. La ville salomonienne peut donc très-bien avoir été rebâtie sur une partie de remplacement de la Hazor, rasée à deux reprises, par Josué et par Barak. Enfin, l'expédition de Tiglath-Felasar, dans laquelle les Assyriens prirent Kedes et Hazor (K'j^t(xav xal Xcwpa), est racontée en peu de mots ,.
Résumons maintenant, et groupons les faits matériels dont la connaissance se déduit de la comparaison de ces différents passages. Hazor était la capitale de Yabin, principal roi de la terre de Kenâan. Ce devait être une ville immense, à en juger par la puissance suprême de son roi. Hazor était au-dessus (ou devant) du lac Samakhonite, au nord, dit Robinson. Elle fut brûlée par Josué, et sa population fut exterminée. Cette ville continua de subsister, puisqu'elle est comptée parmi les places fortes de la tribu de Nephtali, avec une autre ville dont le nom est Ayn-Hazor. Longtemps après, et pendant la domination des Juges, un autre Yabin, roi de Hazor (qui était probablement un descendant du premier Yabin défait et tué par Josué), redevint assez puissant pour tenir, pendant vingt ans, les Israélites sous sa domination. 11 avait une puissante armée, dans laquelle on comptait neuf cents chariots de guerre en fer. Deborah et Barak battirent l'armée de Sisera, dans les champs deMegiddo, et les Hébreux finirent par exterminer Yabin et sa puissance. Du récit biblique, il résulte que les guerriers des tribus de Nephtali et de Zabulon, après s'être réunies à Kedes, vinrent fondre sur Sisera qui était campé en pays conquis, et qu'ils prirent ainsi à
I, Ant. lad., tx, xi, i.
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 541 revers, en lui coupant la retraite vers Hazor. L'Écriture Sainte ne dit rien de la destruction de Hazor par Barak, après la défaite de Siscra. C'est Josèphe qui raconte que Yabin, après que son armée, forte de trois cent mille fantassins, de dix mille cavaliers et de trois cents chariots, eut été battue par Barak, fut attaqué lui-même et tué, quand il sortit de la ville, pour marcher au-devant des Israélites, et que Hazor fut détruite de fond en comble. Probablement Josèphe a, par mégarde, fait un seul événement, des deux événementsdistincts quiconcernent un roi Yabin et la ville de Hazor. En effet, nous lisons dans son livre 1 : Qu'à la nouvelle des premières conquêtes de Josué, les rois qui habitaient le Liban, et qui étaient de la race de Kenàan, préparèrent une expédition contre les Israélites. Les Kcnâanéens des plaines, ayant fait appel aux Philistins, vinrent camper près de Birotha (rpo; BtptoÔr,), ville de la Galilée supérieure, non loin de Kedesa (kc^gt;;). Ce lieu est aussi sous la domination des Galiléens. L'année entière comprenait trois cent mille fantassins , dix mille cavaliers et deux mille chariots de guerre. Josué, après une marche de cinq jours, arriva en présence de cette armée formidable, et l'anéantit avec le secours de Dieu. Il est clair, ce me semble, que la répétition exacte des chiffres des fantassins et des cavaliers de l'armée des rois coalisés, indique une véritable confusion de faits et de dates, commise par Josèphe. J'admets donc que Hazor ne fut réellement détruite que par Josué, et que Barak ne fit que battre l'armée de Yabin*. Salomon fit construire une place
• 1. Ant. Jud., v, i, 17.
2. Si les textes de l'Écriture sainte n'étaient pas si positifs, pour mettre Ils deux Yabin, l'un à l'époque de Josué, et l'autre après le juçe Abouad (Eboud), c'est-à-dire à au moins deux cents ans d'intervalle, on serait presque conduit à supposer que c'est le même événement qui est attribué à deux éj>oques différentes, et raconté avec d»'s détails particuliers à chacun des d«ux récits qui le concernent. Mais c'est là une supposition que je serais loin d'admettre.
5Hi VOYAGE EN SYRIE
forte nommée Hazor. Était-elle sur remplacement de l'ancienne Hazor? Bien ne l'indique. Sous le règne de Fekah, roi d'Israël, Hazor fut prise par Tiglath-Felasar, avec tout le territoire de Nephtali, et ses habitants furent emmenés en captivité en Assyrie. Enfin Naboukadratzor, roi de Babylone, détruisit Hazor, qui n'avait ni portos ni verrous, selon Jérémie, et dont la population était innombrable. Une ville qui n'a ni porte ni verrous, n'est pas et ne peut pas être la forteresse bâtie par Salomon. Celle-ci était plutôt une citadelle, dépendante de la ville même. De tous ces faits il me paraît résulter que le nom de Hazor peut parfaitement s'appliquer aux ruines immenses que j'ai reconnues, à côté du village d'cs-Souq et autour du monument cyclopéen que les Rhaouarna d'cs-Souq appellent el-Khan. Site, étendue, caractère, tout s'accorde parfaitement avec ce que I1 Écriture Sainte nous apprend. Quant aux matériaux qui constituent ce que j'ai vu de ces ruines, je n'admettrai jamais qu'ils aient pu appartenir à une ville bâtie par Salomon. L' édifice d'el-Khan est certainement bien antérieur à l'origine du royaume de Juda. Hazor fut définitivement détruite par Naboukadratzor, et la terrible prophétie de Jérémie s'est accomplie à la lettre : Hazor est devenue le repaire des chakals, une solitude pour toujours, personne n'y demeure et aucun homme n'y séjourne.
Nous avons vu que la tribu de Nephtali comptait parmi ses villes fortes Ayn -Hazor, en outre de Hazor. La carte de Zimmermann porte très-près de Kedes, au nord -est et à l'ouest de la montagne au pied de laquelle est situé l'Ayn-el-Belathat, une localité nommé Azour. Ou bien c'est la Hazor de Salomon, ou bien c'est l'Ayn- Hazor du livre de Josué. Mais à coup sûr ce n'est pas la Hazor, capitale de Yabin , que je n'hésite pas à retrouver autour du temple cyclopéen d'el-Khan, et sur les immenses co-
teaux qui dominent, à l'ouest, la plaine accidentée où sont ces ruines.
Après avoir achevé le plan du curieux édifice que je viens do découvrir, nous déjeunons en toute hôte et nous nous dépêchons de repartir. Ce matin le temps était fort incertain ; le ciel, couvert de nuages, menaçait de nous envoyer promptement de la pluie, car en ce pays le ciel ne se couvre pas, comme chez nous, pour le plaisir d'être couvert, et les nuages ne paraissent que pour tout de bon, et qu'avec leur compagne fidèle, l'averse. Celle-ci a interrompu notre déjeuner : aux premières gouttes nous avons tous niaisement levé la tête, pour chercher autour de nous l'abri qui pourrait nous tenir à sec, tant est fort l'empire de l'habitude. Il n'y en avait pas d'autre que nos paletots de caoutchouc ; nous les avons donc endossés avec résignation; nous avons laissé faire la pluie qui, de son coté, nous a laissés faire notre chétif repas. Au reste, les Rhaouarna, qui n'avaient pas de caoutchouc sur les épaules, ont sans douto trouvé que notre vue ne valait pas la peine qu'ils se fissent tremper jusqu'aux os, pour en jouir quelques minutes de plus. Ils ont filé au plus vite vers leurs huttes; c'est toujours cela de gagné.
En quittant El-Khan, nous avons marché assez longtemps, en côtoyant des ruines continues ; puis les taches (si je puis m'exprimer ainsi) de gros blocs de lave non taillés, so sont séparées les unes des autres, ont fini par devenir rares et par disparaître tout à fait. Nous avions franchi la limite extrême de la ville cyclopéenne, que je propose positivement de considérer comme la Hazor que brûla d'abord Josué, et que Naboukadratsor mit définitivement dans l'état où nous la voyons. En général, vers cette limite de la ville antique, dès qu'un mamelon un peu large se présente, on est à peu près sûr à l'avance, qu'il sera couvert de ces étranges décombres d'une cité de
géants. J'avoue que sur place, la pensée m'est venue qu'une ville construite avec des matériaux d'une dimension pareille, ne pouvait avoir été que la demeure d'une race éteinte, du genre de celles des Anakim, des Emim et des Rephaïm, dont nous trouvons la mention expresse dans les saintes Écritures. L'abbé qui marchait à coté de moi, renchérit encore sur cette idée, tant il était frappé de l'énormité de ces ruines extraordinaires. 11 avait remarqué un fait, réel d'ailleurs, c'est que partout où il y avait des creux , des fossés, des coupures quelconques dans le terrain, les blocs étaient en plus grand nombre et jetés, pour ainsi dire, les uns sur les autres, comme s'ils avaient été entraînés par de fortes eaux. 11 ne lui en fallut pas plus, pour penser que peut-être nous avions visité les ruines d'une cité antédiluvienne.
Je me hâte de confesser que cette hypothèse ne me séduit pas. Je crois trouver ici la capitale des Kenâanéens, capitale bâtie antérieurement à Moïse , et détruite par Naboutfadratzor. C'est là une antiquité suffisamment respectable à mon avis. Du reste, si je vois, dans la nature de ces ruines, une raison pour leur assigner, à tout le moins, l'époque de Naboukadratzor comme limite inférieure d'existence, je n'en vois absolument aucune pour fixer la limite opposée, c'est-à-dire leur origine première, que l'on peut remonter aussi haut qu'on le voudra, dans les temps historiques, sans risquer grandement de se tromper. On pense bien que notre découverte nous avait grandement émus. Nous étions donc parfaitement heureux , ce matin, d'avoir passé la nuit dans un marécage, puisque nous étions si bien indemnisés de cet ennui. Pour ma part, sans un peu de fausse honte , j'eusse été remercier Matteo de l'heureuse idée qu'il avait eue de trancher hier du maître avec nous, et de choisir à sa guise l'itinéraire qu'il entendait nous faire suivre, à la sortie de Safed.
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 545 Après une demi-heure de marche, à peu près, nous nous trouvons dans l'Ouad-IIasbayah , ravin escarpé et volcanique, mais dont le fond et les flancs, partout où se trouve un peu de terre végétale, offrent une incroyable splendeur de végétation. Ce ravin, c'est le lit d'une belle et large rivière, le Nahr- Hasbayah, que nous traversons sur un assez beau pont de trois arches en ogive, nommé Djesr-el-Rhadjar.
M. de Bertou, qui a suivi ce cours d'eau depuis sa source, fait observer qu'il est bien plus considérable que ceux qui ont leur origine au Tell-el-Qadhi et à Banias, et auxquels on donne le nom vénéré de Jourdain; que par suite, le Nahr- Hasbayah a des droits réels à ce nom, et qu'il ne serait que juste de le lui restituer. Physiquement parlant, M. de Bertou a parfaitement raison ; mais historiquement parlant, sa requête doit être absolument repoussée. De tout temps, le nom de Jourdain a été appliqué aux deux ruisseaux qui se réunissent au Tell-el-Qadhi, et dont le plus considérable sort de la grotte de Banias. Nous n'avons en aucune façon le droit de modifier une nomenclature fixée depuis des milliers d'années, et de dire à cinquante générations , et entre autres aux premiers habitants du pays : — vous avez eu tort de donner tel nom à tel cours d'eau plutôt qu'à tel autre. A votre place, nous eussions choisi autrement; nous allons donc changer ce que vous avez fait, et réparer votre bévue. — Je le répète , M. de Bertou a certainement raison , quant au fait matériel d'appréciation d'importance ; mais dès qu'il s'agit de changer les dénominations antiques des affluents du Jourdain, et du Jourdain lui-même, son droit s'évanouit complètement.
Aussitôt le Djesr-el-Rhadjar passé, deux ou trois lacets nous conduisent sur le plateau qui couronne' le flanc gauche du ravin, au fond duquel roule le Nahr-Hasbayah. Ce plateau, fortement détrempé par les pluies, est d'abord extrêmement
boueux, mais bientôt le sol se raffermit et nous nous retrouvons, encore une fois, au milieu de ruines archaïques, c'est-àdire formées de gros blocs non taillés qui jonchent le sol. Ces ruines, qui sont très-considérables, nous paraissent néanmoins petites, à nous qui venons de reconnaître tout à l'heure les ruines colossales de Hazor. À quelle ville antique peuvent-elles se rapporter? Nous discuterons cela un peu plus loin, quand nous serons arrivés à Banias, et que nous chercherons à rattacher à cette localité , les différentes ruines qui existent entre l'ouad du Nahr-Hasbayah et Banias même.
M. de Bertou, qui a parcouru tout ce terrain, en le mesurant au pas de son cheval , compte, à partir du bord du ravin coupé par le Djesr-el-Rhadjar, douze cent soixante mètres dans un ouad qu'il appelle Ouad-el-Dfila , « qui prend, dit-il, son nom de l'abondance des lauriers roses qui y croissent. Celui-ci me paraît, tant par sa situation que par son nom, correspondre à l'emplacement de la ville de Daphné, citée par Josèphe. Puis vient un terrain couvert de pierres noires, mêlées de fer et de sable, sur lequel on marche pendant deux mille mètres, et l'on arrive au Tell-el-Qadhi , où se voient des ruines qui sont peut-être les restes du Bœuf-Doré, Ce tell est un petit tertre oblong, couvert de beaux chênes, au milieu desquels on rencontre une source abondante, connue des Arabes sous le nom de Neba-el-Leddan, et que les géographes considèrent comme la source du Jourdain. Il y a entre le Tell-el-Qadhi et Banias quatre mille cent soixante mètres. »
Maintenant que j'ai analysé l'itinéraire si précieux et si exact de M. de Bertou, je me hatc de revenir au mien. En arrivant auprès du Tell-el-Qadhi, on traverso un cours d'eau encombré de roseaux et d'herbes aquatiques, au delà duquel on côtoie un tertre considérable , dont les flancs , d'une douzaine de mètres de hauteur, sont couverts de jolis taillis , dans
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 5i7 lesquels se voient des arbrisseaux qui portent une fleur ressemblant singulièrement à celle de l'oranger. Au sommet du tertre sont plantés de beaux chênes. Par-ci par là se montrent, dans les broussailles, de grosses pierres, qui n'ont pu évidemment se trouver sur un pareil terrain, que parce qu'elles y ont été apportées de main d'homme; le tertre lui-même paraît si régulièrement taillé, qu'on est tenté de le considérer comme artificiel. En effet, il affecte sensiblement la forme d'un parallélogramme. Je regrette bien vivement de n'avoir pu en explorer la surface avec soin. Très-probablement j'y eusse reconnu des traces et des ruines, plus développées que celles qu'on y a signalées jusqu'ici. D'ailleurs, il y avait là une source importante à visiter. Mais il était déjà tard, le temps était pluvieux, et en pareil cas on se presse, lorsqu'on voyage en tout pays. C'est donc une localité pour ainsi dire inconnue, encore et dont je signale l'étude, probablement fructueuse, aux voyageurs futurs.
lînc fois que l'on a dépassé le Tell-el-Qadhi , on traverse une plaine assez large et qui est plantée de très-beaux arbres. On se sent heureux à l'aspect de ce pays couvert, dont la nature contraste si fortement avec celle de toutes les régions méridionales de la Syrie. 11 semble que l'on soit, en réalité, à des milliers de lieues des déserts de Kenâan. Une fois cette jolie plaine franchie , on entre dans la montagne, sur le flanc de laquelle se trouve Banias, c'est-àdire que l'on commence à gravir les premières pentes du Djebel-ech-Chcikh ou de l'Anti-Liban. Rien de frais, rien de gracieux comme la route que l'on suit; elle ressemble, à vrai dire, à une belle allée de parc.
Bientôt on atteint le sommet d'un premier coteau, bien planté de bois, et au milieu des arbres, on rencontre des ruines et des tronçons de colonne couchés sur le sol. Ces ruines se
nomment Enkcil. Elles ont un aspect qui ne permet pas de se méprendre sur leur origine véritable, et elles représentent certainement une localité gréco-romaine; Enkeil d'ailleurs est si près de Banias, que très-certainement c'était une partie de la ville elle-même. De là, on descend un peu et l'on arrive enfin à Banias, mauvais petit village arabe, dont le sol est couvert partout de ruines et de débris de l'époque romaine. Un magnifique cours d'eau coupe le village, ou mieux, le longe à l'ouest. Deux petits ponts antiques sont établis sur ce ruisseau qui coule entre des murs de quai, antiques aussi, mais fort délabrés. Ce ruisseau, c'est celui qui sort de la grotte de Pan, c'est, en un mot, le véritable Jourdain.
Après avoir traversé le ruisseau à gué (il n'a guère que deux pieds de profondeur), nous allons mettre pied à terre sur une sorte de petite place, garnie de véritables maisons, dont l'une, placée au sud, nous sert d'asile. C'est une grange dont le sol est un peu en contre-bas du terrain , qui nous sert pour aujourd'hui de salon, de salle à manger et de chambre à coucher. Partout, autour de nous, paraissent des arbres magnifiques qui dominent toutes les habitations du village, et qui donnent à celui-ci l'aspect d'un village européen.
Mon premier soin a été de courir à la grotte de Pan. 11 n'est pas très-facile d'y arriver, à travers les enclos de jardins, les vergers et les amas de fiente de vache qui en garnissent les approches. Quelques huttes de fellah sont adossées au rocher dans lequel est percée cette grotte naturelle. C'est de là que sort en bouillonnant une source admirable qui forme immédia tement le large ruisseau de Banias. Le fond de la grotte s'est éboulé par suite d'un tremblement de terre (probablement celui du irr janvier 1837), et il est impossible d'y descendre sans s'exposer à entrer jusqu'au ventre dans la bouse de vache. Sur les parois extérieures de la grotte, sont
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 519 ou plutôt étaient gravées quelques belles inscriptions votives, qui consultent parfaitement que c'est bien là la grotte de Pan. Des niches élégamment ciselées, surmontent ces inscriptions, et elles ont été sans doute destinées à recevoir des statuettes consacrées à Pan et aux nymphes du lieu.
Après avoir copié tout ce qui peut se lire encore de ces précieuses inscriptions qui, malheureusement, semblent avoir été martelées à dessein, à une époque très-reculée, et vraisemblablement à l'invasion du christianisme en ce pays », nous revenons au gîte avec notre butin. Sur la place même où nous avons pris ce gîte, se voit la maison du scheikh qui domine toutes les autres, et qui est bAtie sur des fondations très-antiques, car les pierres qui forment le parement extérieur de celles-ci, sont de très-gros blocs en bossage, tout à fait analogues à ceux qui constituent , à Jérusalem , l'appareil auquel j'ai appliqué, pour abréger, le nom d'appareil salomonicn.
La pluie est venue pour tout de bon , et elle tombe si bien qu'elle perce la terrasse qui sert de plafond à notre habitation a, et vient nous chercher jusque dans nos couchettes, sur lesquelles nous nous sommes empressés de nous étendre, aussitôt que le travail de la journée a été terminé.
Après notre dîner nous avons eu la visite du scheikh de Banias : c'est un homme d'une quarantaine d'années, d'une politesse irréprochable, et avec lequel j'ai eu le plaisir de causer pendant une heure, en prenant le café et en fumant le tchibouk. Cet homme est de beaucoup supérieur, en intelligence et en bonnes manières, à tous ceux que j'ai rencontrés jusqu'ici en