Voyez pl. uni
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 647 courir de nouveau les routes du Liban , afin d'explorer des ruines bien connues, et que je regardais à tort comme peu importantes. J'ai donc laissé aller Édouard avec son fidèle Philippe, et je suis resté pendant ce temps-là au logis, pour mettre en ordre tous les matériaux que j'avais recueillis pendant le voyage.
11 y avait cependant une localité que je ne pouvais me dispenser de visiter, et que j'étais bien décidé à voir, quelque grande que pût ôtre la nouvelle fatigue qui en résulterait pour moi , c'était l'embouchure du Nahr-el-Kelb ( Lycus des anciens), lieu très-célèbre parmi les archéologues, à cause des bas-reliefs assyriens et égyptiens qu'il présente, dit-on depuis longtemps, et qui sont taillés dans le rocher. Voir des monuments véritablement assyriens en place, on conçoit que c'était une très-grande joie pour moi ; aussi ai-je organisé avec un très-grand empressement, une promenade d'une journée au Nahr-el-Kelb. Mon ami, Michel Mcdaouar, toujours bon et aimable, a voulu nous faire une fois de plus les honneurs de son pays, et sachant notre projet d'aller passer quelques heures au bord du Lycus, il nous a demandé de se charger de notre déjeuner pour cette charmante partie de campagne, qu'il a voulu faire avec nous. Il va sans dire que nous avons accepté avec très-grand plaisir.
Au jour convenu, nous étions rendus à neuf heures à la porte de Medaouar qui nous attendait, et nous nous sommes mis immédiatement en route. Jusqu'au pont qui traverse le Nahr- Beyrout, nous connaissions déjà parfaitement le pays; mais au delà du pont il devenait nouveau pour nous. Nous avons constamment suivi la plage, en longeant à quelques centaines de métrés les pentes du Liban, sur le flanc duquel paraissent de charmantes collines, couvertes le plus souvent d'arbres verts, quelquefois très-beaux. Nous avons traversé à gué une
rivière assez large, mais peu profonde, nommée Nahr-Anteliyas, et atteint enfin le Ras-Nahr-el-Kelb. En ce point, la route moderne monte assez rapidement, en suivant le tracé de la voie antique. Au bas, et au sud-ouest du Ras ou promontoire , les rochers sont entamés et présentent des traces nombreuses d'une exploitation antique, semblable à celle d'une carrière. Au sommet même du promontoire, on signale une sorte de piédestal pris dans la masse du roc, et sur lequel la tradition du pays veut qu'ait été établie une figure colossale de chien ou de loup, qui a été, dit-on, culbutée et jetée dans la mer; on montre, à l'appui de cette tradition, un bloc qui gît au fond de l'eau et qui, jusqu'à un certain point, présente la tournure d'un corps de chien ou de loup. Dans le voisinage du piédestal, j'ai trouvé, sur un tronçon de pilier rond, une inscription très-usée, très-fruste, et dont il est bien difficile de deviner le sens, à cause du mauvais état de conservation du texte. Voici les lettres que j'ai pu, ou du moins cru y reconnaître, et que je donne prudemment sans explication :
M . . Il