Bell. Jud., iv, Tin
Ce matin , aussitôt que j'ai été sur pied , je me suis fait conduire au Bordj-er-Riha , au sommet duquel je me suis installé avec ma boussole , afin de prendre des directions sur toutes les localités importantes qui étaient bien en vue. Le chef de la garnison, moyennant une dizaine de piastres, a été d'une affabilité charmante ; il a mis le plus louable empressement à me faire la nomenclature de tous les lieux que je lui montrais, et à me désigner les points curieux que je n'apercevais pas d'abord, ou dont je ne devinais pas le voisinage. Voici, par rapport au nord magnétique, le tableau des directions que j'ai pu recueillir.
Qalaat-«r-Rabad N. 33« E.
Sommet du Djebel-es-Saltb N. 70» E.
Kharbet-Hesban ( Hesboun ) E. 7° S.
Tête de l'Ouad-el-Mehakkar E. 80° S.
Arkoub-Abou'l-Haçan . E. 57» S.
Sommet du Djebel-Àtarous (yont Nebo) E. 67» S.
Pointe nord de la mer Morte E. 48« S.
Sommet du Djebel-el-Hatrour-fy-el-Beqâa S. 84» 0.
Sommet du Djebel-naby-Mousa S. 40° 0.
Sommet du DjebeWFechkhah S. 15» O.
Ras-el-Akabeh O.
El-Oorontol (la quarantaine) N. 34» O.
Tahouahin - es - Sak kar , Ayn-es-Sakkar, Fontaine
d'Elisée (à quatre kilomètres du Rordj) N. 37» O.
Qereyn-Sartabah (à quatre lieues au moins), la petite corne dp Sartabah ' N.
1. Je suis assez porté à croire que la Sartabah que j'ai aperçue au nord de Jéricho, du haut de la tour d'er-Riha, n'est autre chose que l'une des localités situées au tord du Jourdain, et entre lesquelles Salomon Ht fondre les ornements du Uuiple. On se rappelle qu'il est dit, dans Josué ( 3, 1 6 ) — Alors l'eau descendue d'eu haut s'arrêta... du côté de Sartanah ( »n-iy ). Cette viUe n'est certainement pas autre que celle qui est indiquée dans les Rois (î, 7, 46 ). — Le roi les lit fondre dans la plaine du Jourdain, dans l'épaisseur de la terre, entre Sokouth et Sartan. Nous trouvons encore dans les Roii (1, iv, il) une Sartanah (nimtf ) 1™ wt probablement la même.
Kharbet-Nimriu (Nimriii) ■
Sommet du Djebel-Adjloun
Tell-Arraueh
Le Nahr-el- Kelt ne passe pas à plus de vingt-cinq mètres au sud de la tour.
Rien de plus malpropre, rien de plus délabré que le Bordjer-Riha. Cavaliers et chevaux y vivent pêle-mêle, assez misérablement; mais, ce qui y vit triomphalement, c'est la vermine. La tour a un premier étage sans toit, duquel on monte, par un escalier qui ne vaut pas mieux que celui qui y conduit, à une sorte de plate -forme régnant sur les quatre faces de la tour, et à laquelle les murs extérieurs servent de parapet. Tout cela est horriblement enfumé, disloqué et croulant. Un beau jour, la forteresse tombera sur le dos de la garnison et l'écrasera d'un coup, à la grande satisfaction des Arabes qui, bien qu'ils aient affaire à une dizaine de cavaliers irréguliers peu tracassiers, ne les en aiment pas plus pour cela.
Nous avons été obligés d'accepter le café offert par les défenseurs de la forteresse, ce qui nous a encore coûté une dizaine de piastres, ensuite de quoi nous avons bien vite regagné notre camp , que nous avions donné l'ordre de lever promptement , vu que la journée que nous devions faire était longue et rude.
A huit heures vingt- quatre minutes, nous étions à cheval, et nous nous dirigions vers le Jourdain , en faisant toutefois un détour "qui nous permît d'aller visiter les ruines du monastère de Saint-Jean. Nous coupons d'abord le Nahr-el-Kelt, au delà duquel nous marchons au sud-ouest, à travers des terrains en culture, mais en culture fort médiocre. A partir de huit heures
I. C'est la Nemrah (mOj) de la tribu de Gad. ( Nombres SI, 8 ), la w.«f* d'Eu s^be, et probablement la Heit-Nimra du livre des Nombres rsî, 36), Ri»«M qu"Eu- «èbe ].lac«- pitede latins.
trente minutes, nous longeons un ravin placé à une trentaine de mètres à notre gauche, et qui coupe un terrain garni de petits arbres. À huit heures quarante minutes, nous rencontrons un aqueduc qui traverse ce ravin et que l'on nomme Djesr-el- Maïeh (le pont de Peau). Nous marchons alors à l'est-sud-est, et nous conservons invariablement cette direction jusqu'à la ruine curieuse que nous allons voir. Un peu au delà de l'aqueduc, nous coupons un ravin qui va converger avec celui dont nous suivions le bord.
A huit heures quarante-six minutes, nous rencontrons à notre droite une ruine carrée, qu'entourent des amas de décombres assez clair-semés. L'ensemble de ces ruines se nomme Kharbetel-Moharfer. Robinson \ qui a traversé ces mêmes ruines, suppose qu'elles peuvent être celles de la Oilgala, mentionnée par Eusèbe et par saint Jérôme, comme étant à deux milles de Jéricho et à cinq milles du Jourdain. A neuf heures dix minutes, nous sommes au milieu d'un terrain tout à fait effondré et pâteux, qui nous rappelle, pour la consistance, celui du pied de la montagne de sel , avant d'arriver à la Sabkhah. Nous traversons encore alors un très-large ravin peu profond, et après avoir parcouru une plaine entièrement coupée de ravins boueux, mais plantés de bouquets d'arbres nains, nous arrivons, à neuf heures vingt-cinq minutes, à la ruine que nous sommes venus voir et que les Arabes nomment Deïr ou Qasr-Hadjlah. C'est le monastère de Saint-Jean que les quatre chevaliers messins, dont j'ai déjà cité le pèlerinage, à propos du Rhan-el-Ahmar, mentionnent de la manière suivante : « Après nous être baignés dans les eaux du Jourdain et avoir fait nos dévotions, nous allâmes à un bel hôtel, en forme de maison forte, où se trouve une très-belle et très-dévote chapelle, desservie par des