‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 42 sur 211 · Ml. RêjmarrhM, t. II, p. *7i · texte numérisé non relu

Ml. RêjmarrhM, t. II, p. *7i

moines grecs. Ce lieu fut jadis la retraite de saint Jean- Baptiste, quand il était au désert; et en vérité, ses environs sont si désolés qu'ils méritent bien ce nom. Les moines de céans nous montrèrent une main qu'ils nous dirent être dudit saint Jean-Baptiste, et devez savoir que ces moines ne sont pas catholiques, mais Grecs schismatiques. » Je regrette vivement de n'avoir à. ma disposition que cette traduction médiocre du texte primitif. En 1522, Salignac retrouva ce monastère habité par des moines de l'ordre de saint Basile; mais Quaresmius le mentionne comme une ruine. C'est effectivement une ruine très-intéressante, bien qu'elle soit assez moderne, et il y aurait des dessins fort curieux à y recueillir, si l'on voulait y copier toutes les peintures religieuses, assez bien conservées encore, et que l'on y rencontre sur les murs de toutes les salles et de la chapelle. Des légendes grecques accompagnent ces peintures.

11 est assez difficile, assez dangereux même, de se promener dans ces ruines, qui sont encombrées, jusqu'au faîte des murailles, de blocs de pierre de taille, restes de toutes les voûtes de l'étage supérieur, et qui cèdent parfois sous les pieds, en vous exposant à vous rompre les jambes. Papigny en fait l'expérience; il s'aventure sur une voûte qu'il croit solide, et sa jambe droite la traverse immédiatement, en s'écorchant et se meurtrissant de la façon la plus désagréable; heureux encore d'en être quitte à si bon marché 1

Avant d'arriver au Qasr-Hadjlah , nous avons dérangé une panthère, que deux ou trois de nos Arabes ont poursuivie vainement, comme toujours, et au risque de s'embourber, eux et leurs chevaux, de façon à ne pouvoir jamais s'en tirer. Il paraît que ces aimables animaux affectionnent ce quartier, où ils sont assurés de trouver une abondante nourriture, grâce à la présence des sangliers qui pullulent dans ces ravins humides. Mais ceux-ci

ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 141 qu'y trouvent-ils à manger? J'avoue que je ne le devine pas. Le fait, c'est qu'ils y vivent, et qu'ils y vivraient fort heureux et fort tranquilles, n'était le voisinage désobligeant des panthères. Nous quittons le Qasr-Hadjlah à neuf heures quarantedeux minutes, en nous dirigeant d'abord au nord-est. Nous avons à quinze mètres sur notre gauche le large ravin que nous avons traversé avant d'arriver au couvent de Saint-Jean. Trèspeu de temps après, notre route tourne et se dirige à l'est-sudest. A neuf heures cinquante minutes, nous traversons de nouveau le ravin, et, en marchant au nord-est, nous arrivons, à dix heures trois minutes, à une belle fontaine, entourée de broussailles et d'arbres nains. C'est l'Ayn-Hadjlah. Là, sans aucun doute, exista la cité biblique nommée dans l'Écriture Beit-Hadjlah (Beth-Choglah des traductions de la Bible).

BeiVHadjlah était une ville de la tribu de Benjamin — Les villes de la tribu de Benjamin, par familles, furent: Jéricho, Beit-Hadjlah (nVin r*r) et Amik-Kaziz. — En arabe, le nom moderne de cette fontaine s'écrit : iLsr*, et il est bien clair que le nom hébraïque n'a pas été le moins du monde altéré. Très-certainement, le monastère, dont nous venons de visiter les ruines, et qui n'est situé qu'à environ deux kilomètres de la fontaine, a pris son nom du voisinage de celle-ci. Quant à l'existence d'une cité biblique auprès de l'Ayn-Hadjlah, elle est, pour moi , démontrée par la présence de gros cubes de mosaïque primitive, que j'y ai ramassés, et auxquels le savant Bobinson n'a pas fait attention, puisqu'il déclare qu'autour de la fontaine, il ne reste aucune trace de localité antique, quoiqu'il soit démontré pour lui que là fut la Beit-Hadjlah de l'Écriture- Sainte. Cette ville biblique était sur la limite de la tribu de Juda et de la tribu de Benjamin, puisque nous lisons dans Jo-

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