Vovoï pl. mu
quante centimètres au-dessus du plan de naissance. Il n'y a rien là d'exorbitant t et, avec un tablier d'un mètre seulement d'épaisseur, le chemin desservi par ce pont devait aboutir, sans rampe aucune, sur le plateau opposé, plateau qui, même avec les remblais qui l'encombrent, n'est guère aujourd'hui que de vingt-cinq pieds au-dessus du fond du tyropœon.
Je n'hésite pas à dire que si les dimensions d'un pareil pont sont imposantes et dénotent des connaissances architectoniques fort développées, elles n'ont absolument rien qui puisse faire révoquer en doute l'existence d'un pont qui, probablement, avait deux arches, et joignait, en ce point, le plateau du Moriah ou du temple , au plateau du Sion. Je ne puis donc admettre l'hypothèse du savant Williams, qui regarde cette arche ruinée comme l'amorce d'une des voûtes qui se voient dans les substructions de la mosquée d'el-Aksa. Ces voûtes, en effet, sont nécessairement à l'intérieur du Haram , et celle dont il s'agit s'ouvre à l'extérieur, en s'appliquant sur le mur même qui servait d'enceinte, dès l'époque de Salomon et des rois de sa dynastie.
Voyons maintenant ce qu'était ce pont, et comment il en est question dans les écrits de l'illustre historien des Juifs. Celui-ci ne nous ayant donné, avec détails suffisants, que la description du temple d'Hérode , en négligeant de décrire tous les autres monuments de la cité sainte, monuments qu'il se contente de mentionner en passant , quand son récit l'exige , il n'y a rien d'étonnant à ce qu'il ne se soit pas appesanti sur les détails de la structure d'un pont, que connaissaient parfaitement tous ceux pour lesquels il écrivait. Josèphe parle à plusieurs reprises du pont qui joignait le plateau du temple au Xystus. Le Xystus était une sorte de forum , ou de place publique, où se tenaient les assemblées du peuple; au nord du Xystus était établi le palais des Asmonéens. Voici, maintenant,
les différents passages du livre de Josèphe, dans lesquels il est question du pont qui réunissait le Xystus au temple. Pendant le siège de Pompée, les partisans d'Aristobule se réfugièrent dans le temple, décidés à s'y défendre jusqu'à la dernière extrémité, et ils coupèrent, avant de s'enfermer, le pont qui reliait le temple à la ville. (Rat r/jv cvvaVrouffav ài:' avroO rîj iroXei yfyupav «iroxo'<|»amç '.) Le même fait est raconté dans un autre passage1; t ceux-ci s'emparèrent du temple et coupèrent le pont qui conduisait du temple à la ville. » (Kal vry reivo-jcav àr'aÙToO yeçupav et; ty-v roXiv exo^av. ) Le même paragraphe contient encore le passage suivant : t Car la partie du temple qui regar- «dait la ville était inaccessible, maintenant qu'on avait coupé « le pont qui communiquait avec la partie occupée par Pom- « pée. » ( ÀTcepptoyei yàp xal t« icpo; ty;v tcoXiv, rfcç yiyûpzs àvaxe- Tpap4«v7iç sç'o-j èwyt Iltojtroi'io; 3.)
Sous le règne de Néron, Gessius Florus ayantété nommé procurateur de la Judée, des plaintes s'élevèrent contre son administration, qui était devenue intolérable pour la nation juive. A cette occasion, Agrippa fit un discours devant le peuple réuni au Xystus, afin de le détourner de déclarer la guerre aux Romains. Voici comment la chose est racontée par Josèphe < : « Le peuple « ayant été convoqué au Xystus, Agrippa, après avoir fait pla-
• cer sa sœur, Bérénice, dans un lieu en vue de l'assemblée, « sur le palais des Asmonéens (ce palais, qui dominait le Xys-
• tus, était situé à l'extrémité même de la ville haute, et un « pont joignait le temple au Xystus ) , s'exprima en ces « termes. »
Plus loin 5, nous lisons encore, à propos du siège du Titus :
1, Bell. Jud., 1, vu, î.
i. Ant. Jud., xi v, iv, S.