‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 49 sur 211 · Bell. Jud., r, iv, ï · texte numérisé non relu

Bell. Jud., r, iv, ï

le lieu nommé Bethso, vers la porte des Esséniens, et, faisant face au sud, passait au-dessus de la fontaine de Siloë; de là elle reprenait de nouveau une direction faisant face à l'orient, en se dirigeant vers la piscine de Salomon, et, s'étendant jusqu'au lieu qu'on appelle Ophla, venait finir au portique oriental du temple. Il résulte nécessairement de cette description que ce qui se trouve aujourd'hui entre la porte antique, située audessous d'el-Aksn, et l'angle sud-est de l'enceinte actuelle du Haram-ech-Cherif, aussi bien que la face orientale de cette enceinte, faisait partie intégrante de la première muraille * décrite par Josèphé.

Voyons maintenant s'il est possible de reconnaître le tracé de cette seconde branche du mur construit par les rois de la dynastie de David. La tour Hippicus est incontestablement la tour actuelle de David , dont la construction ne saurait être attribuée, en aucune façon, à une époque postérieure à celle des rois de Juda, si ce n'est même à celle de David, dont elle porte probablement le nom à juste titre. La branche occidentale, dont parle Josèphe, devait longer l'emplacement actuel du couvent arménien, vers l'extrémité sud duquel se trouvait le lieu nommé Bethso. La porte des Esséniens ne pouvait déboucher sur l'escarpement abrupt du mont Sion , et elle n'était très-probablement que la porte actuelle de Sion, Bab-en- Naby-Daoud, nommée aussi Bab-Çahioun. Ce nom de Çahioun ne nous a-t-il pas conservé le nom donné par Josèphe (tJiv fcffffr.vûv mftnv)? En vérité, je le crois, et il ms paraît plus naturel de chercher le nom corrompu des Esséniens, dans le nom actuel de la porte Bab-Çahioun , que celui du mont Sion , qui pouvait tout aussi bien s'appliquer à d'autres portes ouvertes dans l'enceinte qui couronnait le mont Sion.

La fontaine de Siloë n'a pas changé de place, et la branche de l'enceinte moderne, qui fait face au sud, à partir du Babn. 4*

Çahioun, se dirige bien au-dessus de la fontaine de Siloë. L'enceinte primitive s'infléchissait ensuite vers l'orient, en passant à la piscine de Salomon. Que peut être cette piscine de Salomon? On n'en sait rien. On voit à la fontaine môme de Siloë une citerne assez vaste qui, dans le plan de Schultz, porte le nom d'étang de Salomon ou du roi; mais il n'est pas possible, d'après le texte de Josèphe, que la fontaine de Siloë et la piscine de Salomon ne soient pas deux choses très-distinctes; il faut donc, de toute nécessité, chercher ailleurs l'étang de Salomon ; or, comme il existe, en communication avec la piscine de Siloë, par un aqueduc souterrain, une belle source nommée ' source de la Vierge, il serait possible que cette source fût un des deux endroits signalés par Josèphe. D'un autre côté, le plan de Schultz mentionne une vieille citerne qui se trouve au nord-est de Siloë, et je préfère voir dans celle-ci la citerne de Salomon (2o>okaû>vo; KoXytxêrftpa) . Le mur primitif d'enceinte pouvait parfaitement passer au-dessus ou à côté de cette piscine, qu'il ne pouvait atteindre qu'en s'infléchissant, ainsi que le dit Josèphe, vers l'orient.

Ophel était une sorte de faubourg placé, de l'aveu de tout le monde, sur la pointe sud du mont Moriah. Le tracé de la muraille à partir de là n'est plus donné par Josèphe ; mais ce mur, se dirigeant vers une porte antique qu'aura remplacé le Bab-el-Morharibeh , venait admirablement rejoindre le grand saillant situé au sud d'el-\ksa, saillant qui touche à Ophel en le dominant; à partir de là, ainsi que je l'ai dit, l'enceinte se continuait le long des faces sud et est du Haram-ech-Cherif. Tel est, en définitive, le tracé que j'admets, en rejetant formellement le tracé proposé par Schultz, tracé qui, militairement parlant, ne me paraît pas admissible. Ce tracé d'ailleurs a pour moi le grave inconvénient d'entourer Ophel , que le texte de Josèphe ( xat Jtfixov jxf/pi Xtopou twoç ov xaXôustv ("hpXàv)

FT AUTOUR DR LA MER MORTR. 2H ne paraît pas du tout placer à l'intérieur de; la muraille.

Revenons maintenant à l'enceinte actuelle du temple. Pour la retrouver il faut rentrer dans Jérusalem par le Bab-el-Morharibeh, gagner la place où sont établies les huttes des lépreux, et descendre, à travers les cactus qui couvrent l'escarpement oriental du Sion, dans le fond d'un petit vallon semblablement couvert de cactus, et sur le bord opposé duquel se trouve l'angle sud-ouest de l'enceinte du temple. Cet angle est de construction salomonienue, et il est facile de voir, par dessus e mur de clôture du jardin d'el-Àksa, mur qui est fort bas en ce point, que la face sud de l'enceinte du temple est, aussi loin qu'on peut l'aperccevoir, de construction salomonienne. Occupons-nous de ce que l'on voit alors de la face ouest de cette enceinte antique.

L'angle même est formé d'assises salomoniennes en très-bon état, et eu retraite de cinq centimètres, les unes sur les autres. Là encore les pierres sont en bossage, c'est-à-dire encadrées chacune par un cordon piqué, d'une dizaine de centimètres de largeur; quelques-unes de ces pierres atteignent des dimensions incroyables : ainsi l'une d'elles a une longueur de neuf mètres trente-cinq centimètres, sur plus de un mètre de hauteur. Qui sait de combien elle pénètre dans la maçonnerie?

k. douze mètres en arrière de l'angle sud-ouest, on voit trois rangs de voussoirs magnifiques, qui ont évidemment appartenu à l'arche d'un pont qui traversait le petit vallon au fond duquel on se trouve alors, et qui n'est, sans aucune espèce de doute, que le Tyropoeon, ou vallée des Fromagers. La largeur du pont est de quinze mètres cinquante centimètres. Un voussoir manque à l'assise supérieure et il est remplacé par de la maçonnerie en petit appareil, se reliant à celle du mur contre lequel est appliqué le pont, et qui est tout à fait analogue. Toute cette partie de la muraille, bâtie au-dessus de ce qui

reste du pont, est donc certainement moderne. Nous reviendrons tout à l'heure sur les dimensions, faciles à calculer d'ailleurs, de cette belle arche salomonienne1. A gauche du pont, c'est-à-dire en se dirigeant au nord, la construction salomonienne se montre sur une étendue de dix-neuf mètres quatrevingts centimètres; là est appliqué un petit escalier à palier, qui monte à l'intérieur du Haram-ech-Cherif. Au delà sont des maisons particulières en retour, appliquées contre le mur de l'enceinte primitive du temple, et qui commencent le pâté de constructions modernes masquant cette enceinte, jusqu'au Heith-el-Morharby que j'ai suffisamment décrit, en commençant mon étude de l'enceinte du Haram.

La voûte, en arc de cercle, commence au-dessus d'une assise de gros blocs salomoniens, en saillie de quarante-cinq centimètres sur la face du mur. Ce qui reste de l'intrados de la voûte, a une hauteur verticale de quatre mètres, jusqu'à la naissance du joint normal à la surface de l'intrados. Cette même naissance du joint est en saillie de un mètre cinquante centimètres sur la surface extérieure du mur d'enceinte, à laquelle la partie inférieure de la courbe génératrice de la voûte est à peu près tangente. Ayant déterminé la corde du voussoir inférieur et la corde de l'ensemble des deux voussoirs supérieurs, rien n'est plus aisé que de trouver le centre, le rayon et, par suite, le diamètre* de la voûte. Le rayon du cercle est de huit mètres trente-cinq centimètres, et le centre est placé à quatre-vingtcinq centimètres au-dessous du plan dans lequel se trouve la saillie que recoupe l'arête inférieure de la voûte. L'arc générateur n'est donc pas une demi-circonférence entière , et le pont avait à peine seize mètres soixante -dix centimètres d'ouverture. Par suite, la flèche de la voûte avait sept mètres cin-

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