‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 57 sur 211 · Bell. Jud., v, iv, î · texte numérisé non relu

Bell. Jud., v, iv, î

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Ce récit bizarre mérite-t-il notre confiance? A-t-il été écrit de visu? Je pense qu'on ne peut répondre que par la négative à ces deux questions. Si Pausanias eût pris de semblables informations sur place, il n'eût pas commis Terreur incroyable qu'il commet, en appelant Hélène une femme du pays ( pvaow; rxiyGjpi'a;).

Quant au mécanisme d'horlogerie qui ouvrait le même jour et à la même heure, une fois chaque année, la porte de pierre de ce tombeau , on me permettra , j'espère , de n'y croire que médiocrement, pour une foule de raisons qu'il serait trop long d'énumérer ici, et qui ressortent toutes de l'appréciation mathématique d'un appareil doué d'une semblable précision. Que pouvons-nous conclure en définitive de ce passage curieux? Que Pausanias avait entendu parler des tombeaux de Jérusalem, et entre autres de celui d'Hélène; qu'il avait, par manque de mémoire, appliqué à celui-ci ce qu'on lui avait conté de l'admirable construction des tombeaux des rois, et qu'il avait transcrit ou peut-être même brodé sur ce canevas, la fable de son mécanisme d'horlogerie. En somme, nous n'avons rien à tirer du récit de Pausanias.

Reste enfin le cinquième et dernier passage; celui-ci est extrait des œuvres de saint Jérôme et de son livre Epitaphium Paulwmatris. L'écrivain, racontant le voyage de sainte Paule à Jérusalem, nous parle de son entrée dans cette ville. Elle vient du côté de JalTa, notons bien cela, et suivant la route battue, elle entre dans la ville après avoir laissé à sa gauche le mausolée d'Hélène. Voici ses paroles : « Pourquoi m'arrêter plus « longtemps? Ayant laissé à gauche le mausolée d'Hélène, « reine des Adiabéniens, qui avait fait distribuer du froment au

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liv. vin, c. 16.)

t peuple souffrant de la faim ; elle entra à Jérusalem , etc. '. • Résumons maintenant : Le mausolée d'Hélène, surmonté de trois pyramides, était à trois stades de Jérusalem, dans le voisinage de la tour Pséphina et vis-à-vis une des portes de la ville; il était au nord de la tour Hippicus, et un peu plus loin vers le nord que la tour Pséphina ; enfin , il était différent des caves royales.

Avec de semblables indications, il était difficile de se tromper, pourvu qu'on eut le désir de ne pas se tromper. Le docteur Schultz, avec sa sagacité ordinaire et sa connaissance parfaite du terrain , après avoir retrouvé le soubassement de la tour Pséphina, n'a plus eu qu'à marcher devant lui, dans le sens fixé par les passages précités, pour tomber à point nommé sur la tombe d'Hélène. Après lui, j'ai fait de même, et je me suis assuré que les indications de son plan étaient excellentes; le tombeau d'Hélène, avec les bases de ses trois pyramides (ce qui est décisif), existe encore, et l'on voit à côté une seconde cave sépulcrale dont l'entrée est encore murée, mais qui a été violée en défonçant le rocher qui lui servait de plafond, de telle sorte qu'au moment où j'ai visité les lieux, cette seconde cave sépulcrale avait été transformée par les pluies en véritable citerne. Dans le caveau d'Hélène, caveau qui, d'ailleurs, est d'une grossièreté de travail qui contraste fortement avec la magnificence de ciselure du tombeau des rois, il n'y a que deux niches ou fours à cercueil, et encore l'une d'elles pourrait-elle bien n'être que le résultat du travail entrepris par les violateurs du tombeau, afin d'y pénétrer. La paroi dans laquelle était percée la porte, avait été taillée avec

1 . «Quid moror ? Ad 1jpv.hu, mausolée* Helenae derelicto, qtiae Adiabenoruro région « in famé i>opulum frnmento juverat, ingressa est Jerosolymam, etc. * Lettre 4M* à la vierge Eustochiuni, avec ce titre : Epitaphium Paula matrit, dans l'édition Migoe,t. I, p. SI».

ET AUTOUR DE LA MER MORTE. Î39 soin; elle a été brisée violemment, et il n'en reste que de faibles traces. Hélène et son fils liâtes sont donc , comme tous les autres princes passés en revue jusqu'à présent, exclus de la possession du tombeau des rois.

On peut se demander comment il se fait que des écrivains, tels que Chateaubriant et le révérend Robinson, ont reconnu le tombeau d'Hélène dans le tombeau des rois, quand ils devaient tenir compte du passage précis de Josèphe, où il est dit que le mur d'Hérode Agrippa passait vis-à-vis le tombeau d Hélène et ensuite par les cavernes royales ».

Du moment que Josèphe distinguait formellement ces deux monuments, il y avait d'autant plus d'imprudence à les confondre en un seul, qu'il serait fort difficile de s'expliquer pourquoi la reine Hélène, faisant elle-même préparer un caveau funéraire pour son fils et pour elle, aurait eu l'idée bizarre d'y faire creuser vingt tombes; c'étaient dix-huit tombes de trop, et si leur hypothèse paraissait plausible aux deux illustres écrivains qui l'ont proposée, ils auraient dù s'efforcer de rendre compte de cette difficulté, qui n'est pas plus légère que celle que présentait la distinction faite par Josèphe, entre le tombeau d'Hélène et les cavernes royales.

Le terrain est déblayé devant nous, mais si j'ai montré ce que ne peuvent être les Qbour-el-Molouk, cela ne suffit pas ; il faut maintenant que je montre ce qu'ils doivent être et ce qu'ils sont en effet. — J'ai avancé que c'étaient les tombeaux des rois de Juda, ét c'est ce que je vais prouver. Cette fois, je suis encore à peu près seul de mon avis; je n'ai plus l'appui d'une érudition aussi solide que celle du docteur Schultz, mais j'espère bien gagner force adhérents à mon opinion.

Je vais donc recueillir tout ce que je connais de documents

1. « ÉirttT* xa&w* ivnxfù tô* fefcivr,; Mvr.aumv x*i Si* anrXeuwv ftowiXw»* f*WiwjtMft, x. t. X" » (BfU. Jnd., V, IV, 1.)

devant intervenir au procès, qu'ils soient favorables ou non; et après les avoir minutieusement discutés, car la question en vaut la peine, je pourrai, si je ne me trompe, laisser tout le monde conclure pour moi, et je m'assure que les avis ne seront guère divisés.

Commençons par extraire du livre des Rois, du livre des Chroniques et des Antiquités judaïques de Josephe, tout ce qui est relatif à l'inhumation des rois de Juda : nous comparons ensuite tous ces passages entre eux.

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