Bell. Jud., v, xn, i
i<4 VOYAGE EN SYRIE
11 n'est pas possible de se méprendre sur le sens de ce passage , qui précise aussi nettement qu'on peut le désirer, le tracé des lignes de Titus, et qui fixe par suite la position de ce tombeau d'un Hérode. La magnifique plan de Jérusalem, publié par le Dr Schultz, présente le tracé de ces lignes et place le tombeau d' Hérode au sud de l'étang de Mamillah , et trèsprès de cet étang. Cette attribution des caves sépulcrales, placées en ce point, ne me paraît pas sujette à contestation ; elle est aussi heureuse que possible. Ces caveaux sont recouverts par des masses de décombres qui sont des indices certains de la préexistence d'un monument très- important, comme devait l'être le tombeau d'un des rois des Juifs. Là, donc, sont placés les sépulcres des princes de la dynastie Hérodienne, et nullement où sont les tombeaux des rois.
Notons de plus en passant que ces caves sépulcrales sont d'un travail plus que médiocre, et que des revêtements intérieurs, qui ont entièrement disparu, ont pu seuls leur donner une apparence de magnificence.
Telles qu'elles subsistent de nos jours, elles seraient, pour le travail, bien au-dessous du plus vulgaire des caveaux funèbres de la vallée de Hinnom. Voici donc encore les Hérodes écartés de la question.
Reste enfin le tombeau d'Hélène, reine d'Adiabène, et d'izates, son fils, tombeau que la plupart des écrivains modernes ont prétendu "reconnaître dans les tombeaux des rois , faute d'examiner d'assez près le sens des textes sacrés et profanes qui parlent des tombeaux des rois de Juda , faute surtout d'oser admettre, ce qui est pourtant certain, que beaucoup d'ornements architectoniques ont été empruntés, par les Grecs, aux Phéniciens qui les avaient prêtés aux Juifs, plutôt que copiés par les Juifs, sur des monuments grecs qu'ils ne connaissaient guère très-probablement.
Le monument funéraire d'Hélène et de son fils est mentionné dans cinq passages des écrivains de l'antiquité. Nous allons les passer en revue l'un après l'autre.
Josèphe nous dit : ■ Monobaze (roi d'Adiabène, fils d'Hélène, t et successeur d'Izates), ayant envoyé à Jérusalem les restes « de sa mère et ceux de son frère, les fit ensevelir dans les trois « pyramides que sa mère avait fait construire, à la distance de « trois stades des murs de Jérusalem '. »
D'après ce premier passage, le tombeau d'Hélène et de son fils était surmonté de trois pyramides, et situé à trois stades de Jérusalem.
Dans la Guerre judaïque a, nous lisons que Titus, à son arrivée devant Jérusalem , tente, à la tête de six cents cavaliers, une reconnaissance vers la place qu'il vient assiéger ; tant qu'il chemine sur la route déclive qui conduit aux murailles , personne ne paraît aux portes de la ville ; mais dès qu'il s'écarte du chemin pour s'approcher de la tour Pséphina, en présentant sa colonne de cavalerie par le flanc, les Juifs, sortis de la place par la porte qui est en face du tombeau d'Hélène ($ià -riïç otvTixpù tôv ÈXévYj; pupeuuv icu^i; ) , s'élancent du pied des tours nommées les Tours des femmes, et fondent sur les cavaliers romains.
Ce passage ne nous apprend qu'une chose certaine, c'est que le tombeau, ou mieux les monuments d'Hélène, étaient près de la tour Pséphina.
Dans le reste du même passage, nous voyons que Titus fut poursuivi par la sortie, au milieu de murailles qui environnaient des jardins en culture. Or, la tour Pséphina , dont la
i. <'» îi MgvJ6xÇc( tï ri cxti'vr.; it-i x«t rà xvZ x^t>o:0 itiit^Xf i{; tipc9oXup.a, fat^ai irp'.TiraÇiv tv raie trupauMoiv, 4» ^ jAiimp xaTiixrjoîxït , rpiî; tov spttfùv, rpî* »r«iix ni; tmv UpcsoXup.irûv TT-Af r.>; èntyoda*;. (Ant. Jud., xx, it, ».)
t. v, xi, t.
base a été fixée par le Dr Schultz, est encore aujourd'hui
tout à fait voisine des murailles de clôture, qui donnèrent tant
d'embarras à Titus et rendirent si périlleuse sa retraite vers le
camp.
Nous lisons encore ', dans la description des trois enceintes de Jérusalem, que le troisième mur commentait à la tour Hippicus, inclinait ensuite vers le nord jusqu'à la tour Pséphina , et de là s* étendant en face du monument d'Hélène, qui était reine d'Adiabène et mère du roi Izates, et passant par les cavernes royales. . . etc. , etc.
Le monument d'Hélène était donc voisin de la tour Pséphina, et faisait lace à la partie delà muraille d' Agrippa qui, à partir de la tour Pséphina , se dirigeait vers les caves royales.
Sans être bien précis, ce passage nous servira tout à l'heure de confirmation , quand il s'agira de reconnaître le monument de la reine d'Adiabène et de son fils.
Le quatrième passage que nous avons à examiner se trouve dans Pausanias : « On voit dans le pays des Hébreux, à Jéru- « salcm , ville que l'empereur Adrien a détruite de fond en « comble, le tombeau d'Hélène, femme du pays; il est tout en « marbre : on y a pratiqué aussi une porte en marbre, qui «s'ouvre tous les ans, à pareil jour et à pareille heure; elle « s'ouvre par l'effet seul de la mécanique , et après être restée « peu de temps ouverte, elle se referme. Dans tout autre « temps, vous tenteriez vainement de l'ouvrir, et vous la bri- « seriez plutôt a. »