‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 60 sur 211 · II · texte numérisé non relu

II

David fut enterré magnifiquement dans la cité de David , dit le livre des Rois, à Jérusalem, dit Josèphe; et comme celui-ci, en parlant de l'expédition nocturne d'Hérode le Grand, ajoute que ce prince prit les plus grandes précautions pour que son attentat ne fût pas connu en ville (tv icoXii), nous sommes prcsqu'en droit d'en conclure que le tombeau de David était hors de la ville.

Après ceci , un autre passage de Josèphe prouve beaucoup mieux encore, que le tombeau de David était hors de l'enceinte de Jérusalem. Voici ce passage :

« Mais au lieu de recevoir une garnison dans la ville , ils « offrirent des otages et cinq cents talents d'argent , dont ils « versèrent de suite trois cents, en donnant les otages qu'il t plut au roi Antiochus d'accepter. Parmi eux se trouvait « le frère d'Hyrcan. Cela fait, Antiochus leva le siège et se « retira f. •

Que conclure de ce fait? Que Hyrcan, enfermé dans ses murailles, n'avait que trois cents talents à sa disposition, et qu'il dut obtenir la levée du siège, pour extraire du tombeau des rois, de quoi parfaire la somme promise. Si le tombeau à violer eût été sur le mont Sion, le roi des Juifs eût-il payé un à-compte aux assiégeants? Certainement non»

Au reste , ce qui est certain , c'est que le tombeau contenait de très-grandes richesses, puisqu'elles suffirent à rassasier la rapacité de deux rois profanateurs. Quant au fait que les sarcophages étaient si bien cachés, qu'en pénétrant dans les caveaux on n'en voyait aucun, la chose (si le tombeau des rois de Juda est le Qbour-el-Molouk) est parfaitement exacte, car il n'y en avait pas un seul qui fût visible, grâce à l'art avec

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lequel toutes le» entrées des sépulcres étalent closes par des portes de pierre.

Josèphe eût-il dit à Jérusalem , si c'eût été sur le mont Sion qu'eût été la cave sépulcrale de David et des rois de Juda? Je ne le pense pas. Pourquoi donc a-t-on cru que ce monument sacré était sur le mont Sion, dans l'intérieur de la ville, et contrairement à toutes les prescriptions de la loi judaïque, sur l'impureté de sept jours, dont était frappé quiconque touchait un cadavre ou même une tombe? Le voici. Nous lisons dans les Chroniques, 1, xi, 5 et 7 :

t David prit la forteresse de Sion, qui est la ville de David...; «puis David demeura dans la forteresse; c'est pourquoi on « l'appela ville de David. »

L'expression TH (v. 7), ville de David, est bien la même dont se sert l'écrivain sacré» quand il désigne ]V« rnao (v. 5), la forteresse de Sion, nommée plus loin TiD seulement, ce qui signifie la forteresse, et rien de plus; aussi quand il parle du lieu où fut enterré David, Tn VjD, le savant traducteur de la Bible, Cahen, dans sa note au v. 10 du ch. u du 1" livre des Rois, dit-il : « David fut enterré à Jérusalem, ap- « pelée TH ly, ville de David, parce que c'était le siège de « sa cour et le berceau de sa dynastie. » Il se garde bien de mentionner la forteresse du mont Sion. Si l'on prenait au pied de la lettre le nom de ville de David, pour l'appellation exclusive de la forteresse de Sion, David eût donc été enterré dans cette forteresse? Personne, je crois, ne soutiendrait cette étrange hypothèse, qui serait singulièrement contrariée par les faits suivants : « Le roi Joram, disent les Chroniques1, « fut enterré dans la ville de David, mais non dans la sépulture « des rois. D,3î»n nmpa NTI ttt Ty;. »

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