Ant. Jnd., x
Dans le livre de Daniel (xi, U) nous lisons : — Il (le roi du Nord, Alexandre le Grand) viendra au pays de la gloire, et plusieurs péricliteront; mais ceux-là seront sauvés de sa main: Édom , Moub et les principautés des fils d'Ammon. — Que ce soit une prophétie réelle ou écrite après coup, il en résulte toujours que le conquérant macédonien n'inquiéta pas les Moabites.
Alexandre Jannaeus, suivant Josèphe (xm, 43, 5), soumit les Moabites et les Galaadites , qui sont Arabes ( dit l'historien juif) , et il leur imposa des tributs, ce qui ne l'empocha pas d'éprouver, peu de temps après, une effroyable défaite dont il ne s'échappa qu'à grand'peinc. Ses adversaires étaient alors les Arabes qui, sous la conduite de leur roi Obeda, luttèrent pendant six années avec le roi juif , et lui tuèrent non moins de cinquante mille hommes. Cette guerre, néanmoins, mit entre les mains d'Alexandre Jannaeus douze villes qu'il parvint à enlever aux Arabes. Josèphe nomme Ces villes1; c'étaient : Medaba, Naballo, Livias, Tharabasa , Agalla, Athone, Zoara, Oronœ, Marissa , Rydda , Lausa et Oryba. Tout à l'heure nous ferons usage de ce précieux document.
Il faut très-probablement rapporter à ces évenomenlsla prophétie de îSeplianiuh (n, 9) : — Certes, Moab sera comme Sodome , les fils d'Ammon comme Gomorrhe, une possession des ronces , une fosse de sel et une solitude éternelle ; le reste de mon peuple les pillera , et le reste de ma nation en héritera. —
Depuis lors, le nom des Moabites comme peuple indépendant, disparaît et se perd dans celui de la race arabe, avec laquelle se fond la descendance de Moab. La conquête romaine s'étendit sur la Moabitide, pendant les luttes éternelles des
î. Ant Jud., xiv, 2. I.
Arabes et de l'empire, et les Romains s'établirent en vainqueurs1 h Rabbat-Moab (la capitale de la Moabitide), qui devint pour eux Arcopolis. Kir-Heraset reçut le nom de Charak-Môba. Nous verrons , en nous occupant spécialement de cette dernière ville, les événements principaux dont elle fut le théâtre.
11 ne nous reste plus qu'à extraire certains passages des magnifiques prophéties d'isaïe et de Jérémie pour avoir réuni tous les documents bibliques qui se rattachent à la Moabitide. Dépouillons d'abord le texte d'isaïe :
(xv). — 1. Fardeau de Moab! certes, dans la nuit d'attaque, c'en est fait d'Ar-Moab; dans la nuit d'attaque , c'en est fait de Kir-Moab. — 2. On monte a Hebeith et à Deïboun, ces hauts lieux sur Nebo et à Meidaba-Moab, pour gémir, avec toute tète chauve, avec toute barbe rasée. — 1\. Hesboun et el-Aalch poussent des cris; jusqu'à Yahas leur voix est entendue. — 5. Mon cœur se lamente au sujet de Moab ; ses fuyards errent jusqu'à Zoar, Veau de trois ans! (Expression fort obscure.) car la montée de Loucith, on y monte en pleurant, et vers Horonaïm (les deux cavernes) on fait entendre des cris de détresse. 0. — Car les eaux de Nimrim seront des solitudes; l'herbe est desséchée, la végétation est détruite, la verdure a cessé d'exister. — 7. C'est pourquoi ils portent sur le torrent des Saules, le reste de leurs biens et leurs trésors. — 8. Car les cris environnent les frontières de Moab ; le gémissement en retentit jusqu'à Adjelim, jusqu'à Bar-Alim leur gémissement. — 9. Les eaux du Deïmoun (Deïboun?) sont pleines de sang; j'amènerai sur Deïmoun de nouveaux malheurs; (je lance) le lion contre les fuyards de Moab et contre le reste du pays.
(xvt.) — 7. C'est pourquoi Moab gémit sur Moab; tout gémit autour des ruines de Kir-Heraset; vous soupirez profondément abattus. — 8. Car les champs de Hesboun sont dans
\l VOYAGE EN SYRIE
l'abandon; la vigne de Sibmah, les maîtres des nations en détruisent les ceps qui atteignaient Iâazer, qui s'étendaient jusqu'au désert ; leurs sarments se répandaient , traversaient la mer. — 9. C'est pourquoi , comme pour làazer, je pleure la vigne de Sibraah ; je vous mouille de mes larmes, Hesboun et el-Aaleh, car sur votre récolte, sur votre moisson a retenti le cri de guerre. — ii. C'est pourquoi mon cœur retentit comme une harpe sur Moab, et mes entrailles (sont émues) pour Kir-IIeras. — 12. On voit alors que Moab est épuisé sur la hauteur; il entre dans son sanctuaire pour prier, mais il ne le peut. — ili. Mais maintenant Jehovah dit : dans trois ans, comme les années d'un mercenaire, la magnificence do Moab sera confondue avec sa grande multitude de peuples ; le reste en sera très-petit et non grand. —
Jérémie est plus précis encore, lorsqu'il prophétise la catastrophe qui menace Moab; mais souvent ses paroles sont pour ainsi dire identiques avec celles d'isaïe. Extrayons tous les passages qui peuvent nous être utiles :
(xlviii. ) — 1. Sur Moab! ainsi dit Jehovah Sebaouth, dieu d'Israël. Malheur à Nebo, car elle est ravagée! Kiriatheïm est dans la confusion ; elle est prise. He-Mosdjeb est confuse et abattue. — 2. La gloire de Moab n'existe plus; dans Hesboun, ils ont médité du mal contre lui; allons, exterminons-le pour qu'il ne soit plus une nation. Madmen , toi aussi tu seras anéanti, le glaive marche derrière toi. — 3. line voix plaintive s'élève de Horonaïm : ruine! grande détresse ! — 4. Moab est brisé ; les enfants font entendre des cris. — 5. Car la montée de Loueith , des gens en pleurs y montent en pleurs. Oui, sur la descente de Horonaïm, on les entend pousser des cris de détresse. — 8. La dévastation viendra dans chaque ville; aucune n'échappera; la vallée périt, et la plaine sera détruite, comme Jehovah l'a dit. — 9. Donnez des ailes
à Moab , car il partira au vol ; ses villes seront réduites en désert, nul n'y demeurera. — 18. Descends (du siège) de la gloire, assieds-toi dans un lieu aride, habitante, fille de Deïboun, car le dévastateur de Moab monte contre toi, il détruit tes forteresses. — 19. Porte-toi sur le chemin et regarde, habitante d'Arouêr, interroge le fuyard et l'échappé, et dis : qu'est-il arrivé? — 20. Moab est dans la confusion , car il est anéanti. Poussez des cris et des hurlements ; annoncez à l'Arnon que Moab est dévasté. — 21. Le châtiment est venu sur le pays de la plaine, sur Holoun , sur Yahasa et sur Moufaat. — 22. Sur Deïboun , sur Nebo et sur Beit-Deblateïm.
— 23. Sur Kéritheïm et sur Beit-Djamoul et sur Beit-Mâoun.
— 24. Et sur Keriouth et sur Basra, et sur toutes les villes de la terre de Moab, les éloignées et les voisines. — 31. C'est pourquoi je gémis sur Moab ; sur tout Moab je gémis ; on soupire pour les gens de kir-Heras. — 32. Je pleurerai sur toi plus que je ne pleure sur Iàazer ; vigne de Sibmah , tes rejetons passaient la mer, ils s'étendaient jusqu'à la mer de Iàazer. — 34. Des cris de Hesboun jusqu'à El-Aaleh ; jusqu'à Yahas s'étend leur voix; depuis Tzoar jusqu'à Horonaïm, veau de trois ans (?). Même les eaux de Nimrim seront déplacées. — 38. Sur tous les toits de Moab, et dans ses rues, partout des lamentations, car j'ai brisé Moab comme un vase sans prix, dit Jehovah. — 41. Les villes sont prises, les forteresses emportées... — 42. Moab sera détruit, à ne plus former un peuple... — 45. Sous l'ombre de Hesboun se sont arrêtés, par ( l'épuisement) des forces, les fuyards, car un feu est sorti de Hesboun et une flamme du milieu de Silioun ; elle a dévoré les sommités de Moab et le sommet des fils du tumulte (ïUW^). — 46. Malheur à toi, Moab, le peuple de Kamous est perdu, car tes fils ont été emmenés en captivité et tes filles en servitude. — 47. Je ramènerai la captivité de Moab
dans la suite des temps, dit Jehovah. Jusque-là, le jugement
sur Moab! —
On voit par la teneur de ces versets 45 et 47 que les Moabites ont été réellement conduits en captivité , ainsi que je l'ai dit plus haut
Passons maintenant aux écritures profanes. Eusèbe, au mot Aajxvaéa, cite un village de ce nom situé à huit milles d'Areopolis, et un autre du même nom placé à sept milles de Hesbon, sur le mont Phogor. Ce nom, Damnaba, est très-probablement altéré , et il faut le remplacer par celui de Medabah. Une ville du nom de Meïdabah est mentionnée dans le partage do la tribu de Ruben , et nécessairement au sud de son territoire, puisque le livre de Josué (xm, 16) en fait passer les limites à Meïdabah. Voici en effet ce que nous lisons : — Et ils curent pour limites Arouër, qui est sur le bord de la rivière Arnon, et la ville qui est au milieu de la vallée, et toute la plaine près (ou jusqu'à) 1 Meïdabah. — - Plus haut (verset 9), on lit déjà: — Depuis Arouër, qui est au bord de la rivière Arnon, et la ville qui est au milieu de la vallée et toute la plaine de Meïdabah jusqu'à Deïboun. — Ces deux passages suffisent parfaitement pour démontrer que la Meïdabah dont il y est fait mention, était située au nord de l' Arnon et dans le territoire des Amorites, c'esUà-dire entre l1 Arnon et le Ynbbok.
Dans les Ethniques d'Etienne, on lit : «Medaba, ville des Nabatéens. Les habitants de cette ville s'appellent lesMedabènes, ainsi que l'écrit Uranius dans son deuxième livre des Arabiques. » Cette Medabah (Mv$«€a) des Nabatéens, est-elle la Meïdabah amorite? N'est-elle pas plutôt la moabite? Je ne me charge pas de le décider. Quoi qu'il en soit, le texte d' Eusèbe
1. Suivant qu'où lit dans le texte ou -jjjf comme le porteut quelques éditions.
nous apprend qu'à huit mille^ d'er-Rabba, doivent se rencontrer les ruines d'une ville moabite qui portait le môme nom que la ville de Medabah, situéo près de Hesbon. Au reste, Roland, parmi les douze villes enlevées par Alexandre Jannaïus aux Arabes, cite Medaba, Zoar etChoronaïm, comme appartenant à la Moabitide proprement dite , et il en conclut qu'Agalla (l'Xgallaïm d'Eusèbe) était, comme ces trois villes, au sud de l'Arnon.
Nous avons vu que Josèphe mentionne Agalla 1 parmi les douze villes enlevées aux Arabes par Alexandre Jannœus; Reland n'hésite pas à retrouver cette XyaXka. dans la ville moabitique nommée d^:n par lsaïe (xv, 8). Il est d'autant plus probable que cette opinion est juste, qu'Ensèbe dit que de son temps, il y avait une localité nommée ÀyatoeijA, à huit milles d'Areopolis, en allant vers le sud.
Eusèbe, au mot Aouai6, nous apprend que cette localité, déjà mentionnée dans la Bible, était placée entre Areopolis et Zoar; évidemment cela veut dire que Loueith était sur la route fréquentée, établie entre ces deux villes extrêmes : et, puisque l'Écriture sainte nous parle de la montée de Loueith, il n'y a pas possibilité de chercher cette localité ailleurs que dans la partie montueuse de la route, c'est-à-dire dans les montagnes mêmes qui séparent le plateau de Moab de la plage de la mer Morte, ou du Rhôr moabitique.
Enfin , saint Jérôme , dans son Commentaire d'Isaïc (xv) , nous apprend que Zoar était de la terre de Moab : « Segor in finibusMoabitarum sita est, dividensab cis terrain Philisthihn.» La Bible est d'accord avec cette assertion de saint Jérôme , puisque le peuple de Moab abandonnant les bords de l'Arnon, est représenté comme fuyant jusqu'à Zoar. De l'ensemble des
i. Ant. Jud., xiv, î-4.
textes analysés plus haut, il résulte que la Moabitide avait pour limites, au nord l'Amon, à l'est probablement encore la vallée de l'Arnon, qui s'infléchissait vers le sud, et au sud une ligne qui passant par Zoar, séparait la Moabitide du pays des Philistins. Vers cette frontière méridionale devait se trouver une localité nommée Soufah. Enfin une route, partant d' Areopolis pour gagner le sud de la Moabitide, et spécialement la ville de Zoar, passait par une localité nommée Loueith.
J'accorderai très- volontiers que la détermination de cette frontière méridionale n'a rien de précis, et qu'elle est même fort vague ; mais là où les renseignements sacrés et profanes nous manquent absolument , nous devons nous estimer heureux de pouvoir planter avec sécurité de simples jalons, en quelque petit nombre qu'ils soient.
Ptolémée , si les longitudes et les latitudes qu'il a déterminées nous avaient été transmises avec correction, pourrait nous être d'un très-grand secours ; malheureusement, les chiffres géographiques qui nous viennent de lui sont si fréquemment entachés d'erreurs palpables, qu'il ne faut s'en servir qu'avec une extrême réserve. En construisant les positions relatives des villes suivantes
Jérusalem... 66 et 31 f
Eugaddi .... M* et 31 f
Thauiara.... «ili -V et 30
Zoara 67 -7 et 30 ^
Chantkiiioba. t>«> -j- et 30
CaMrhoê.... 67 ,'. et 31 f
on reconnaît que les positions de Jérusalem, d'Engaddi, de Thamara et de Callirhoë sont à peu près justes, tandis que les chiffres relatifs à Charakmoba et à Zoara sont parfaitement inadmissibles. Ainsi, probablement, pour Charakmoba c'est 07 qu'il faut lire, et pour Zoara GG (il est bien entendu que je laisse de côté les fractions, sur lesquelles je ne me permet-
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 17 trai pas de faire de corrections), car sans cela Zoar serait dans une position plus orientale que Karak, ce qui n'est pas soutenable.
La frontière méridionale que je viens d'assigner à la région ' de Moab n'a' pas été permanente , et la délimitation de cette région a pu varier au sud, aussi bien qu'au nord. L'Écriture sainte, en effet, donne l'Arnon pour limite septentrionale à la Moabitide, lors de l'apparition des Hébreux, et les prophéties d'Isaïe et de Jérémie nous font voir que les Moabites reprirent le pays entre l'Arnon et le Yabbok, après la captivité des dix tribus. Quant à la frontière méridionale, du temps de saint Jérôme, Zoar était sur' la lisière de la Moabitide et de la Palestine. Pour Josèphe, Zoar était une ville d'Arabie; et dans l'écriture sainte, cette Zoar, ville de la Pentapole maudite, dans la Genèse, devient probablement une ville d'idumée, dans le livre de Josué, c'est-à-dire à l'époque du partage de la terre promise, et enfin, une ville de la Moabitide, lorsque paraissent les prophéties d'Isaïe et de Jérémie.
J'ai dit tout à l'heure que Zoar était probablement une appartenance de l'Idumée , lors de la délimitation des territoires assignés aux tribus; en effet nous lisons dans Josué (xv) : 1. — Voici les limites que le sort assigna à la tribu des fils de Juda, selon sa famille : près la limite d'Edom, au midi, le désert de Sin, à l'extrémité méridionale. —2. Leur limite au sud partit de l'extrémité de la mer Salée , depuis la langue qui tourne vers le sud. — 3. Elle va au midi vers la montée des Scorpions, passe à Sin , et monte du midi à Cadès-Barnea et passe par Hasaroun , et monte à Adar et tourne vers Ilckerkàah, etc., etc. — On voit qu'il n'est nullement question de Zoar dans ce passage, non plus que dans rénumération des villes de la tribu de Juda. Je dois de plus faire observer (pie parmi les villes de Judée situées sur la frontière d'Edom, nous
trouvons mentionnée 1 Adada , que j'ai le premier retrouvée avec le même nom, sur le plateau auquel on parvient par rOuad-ez-Zouera, et après avoir traversé l'Ouad-et-Thaerneh. Lu limite de la tribu de Juda passait donc forcément bien près de Zoar, et c'est avec raison quo saint Jérôme a placé cette ville sur la frontière extrême de la Palestine et do la Moabitide.
Je ne puis me dispenser de mentionner deux passages extrêmement importants tirés du texte d'Ézéchiel, et qui fixent la limite méridionale de la terre promise; les voici (xlvii, 19) : — Et le côté méridional, à droite depuis Tamar jusqu'aux eaux de la dispute de Kades, jusqu'au fleuve qui va à la grande mer, c'est le côté méridional; — et plus loin (min, 28) : — Près de la limite de Gad , au sud à droite , sera la limite de Tamar, jusqu'aux eaux de la limite de Kades, jusqu'au torrent près do la grande mer. — Les commentateurs font Jéricho de la Tamar désignée dans ces deux versets; mais cette identification, déjà proposée par le texte chaldéen, n'est pas évidente, puisque Jéricho n'a jamais été à la limite sud de la Judée. 11 serait possible qu'il s'agît là de la Tamara ou Tamaro, que j'ai retrouvée à Maïet-Embarrheg ; de la sorte, la position de la montée des Scorpions (Maàlet-Akrabim ) se trouverait identifiable avec l'un des deux ouad de Zouera ou de Maïet- Embarrheg.
Je vais maintenant construire un tableau comparatif des localités et des ruines que j'ai rencontrées dans la Moabitide, et des localités antiques qu'il est permis d'y reconnaître.
Kharhot-Zoum-et-Tahtah Zoar, Segor.
Kharbet-Es<l<min Sodnine.
Djebel -Esdouin ou Djebel-el-Mdebb . Montagiie do Sodouio.
i. Joïué, xv, 22.
Djebel-es-Soufoh Soufah.
Kbarbet-Safleh »
RhAr-Satieh »
Rhôr-eu-Neinaïreh »
Kharbet et BordjH'n-Nemaïreh Nimrin, Bennemariin, Benameriuni.
Talaa et Kharbet-Sebàan Seboïm.
Birket-«1-Eçal »
Khartet-Euithaïl »
Kharbet-os-Saïrtbeh »
Taouahln Es-soukkar »
El-Mezràah. »
El-Liçau Hé-Liçoun.
Khirbet-abd-er-Rabim »
Khirbet-Adjerrah Apalla, Adjclim, Agailcim.
Bir-el-llafaïeb »
KharM-el-Hafaït'h »
IharN't-Nnuèbin Loueïth, Maàlah-he-Loiuïtli.
Khaibet-Sarfah >
Rerljuin-Mahfour »
Kharbrt-Etnnlab »
Rwljom-el-Hammah »
Redjom-el-Aàbed »
Kharlit't-Founoûa. ]
Ouad-Emdebèa. . . . j MM*l> Da,nnabft-
Schihau Schihoun.
KkirL.et-Medjdel.ui »
Kharbet-Tedoum.. »
Beit-el-Kenn »
Er-Rabba Ar, Rabbat-M->ab. Aiw^lis.
Ruiues sans nom »
Raines saus nom »
El-Karak Kir-Herasat, Kir-Moab, Charakraôba.
Ayu-Sara ... »
Ayn-Aqbeeh »
Ayn-el-Bças »
Qoubbct-Habisieh »
Delr-el-Mekharib n
Ayn-et-Tbabib »
Ayn-es-Sekkeh »
Ayn-el-Tiuemayu ■
Omm-Sedry »
Ayn-Zeboub >
Ayn-Ersès »
Djebel-el-H;idits . . »
Djebel-Dzafel »
20 VOYAGE EN SYK1E
Ri iljom et Ayn-T.Uàa »
Ou.uli'l-Khanidjth »
Ayu-ed-Diàâ »
Kkarbet-cd-Drâà »
Ruines sans nom »
Reste à discuter maintenant la légitimité des identifications que je propose.
Celles de Zoar, de Sodome et de la montagne de Sel, sont tellement liées entre elles, que, Tune des trois étant une fois établie, les deux autres en découlent immédiatement et de toute nécessité. Prenons donc Sodome , qui est certainement la plus importante des trois localités, et démontrons d'abord par la concordance de tous les textes sacrés et profanes qui la concernent, que Sodome, la ville maudite, exista en réalité à la pointe nord du Djebel-Esdoum , ou Djebel-cl-Melehh , au point où d'énormes amas de décombres, parfaitement visibles et parfaitement reconnaissables , sont restés pour servir à tout jamais d'exemple à la perversité humaine.
Le nom de Sodome, dans les livres sacrés, est écrit dhd ; en arabe il s'écrit p*—', et en grec So^ojasc. Cette ville était située sur le bord du lac Asphaltite; car elle était voisine de Zoar, qui était à la pointe sud de la mer Morte et sur la rive occidentale. En effet, lorsque Loth se sépara d'Abraham, il prit pour lui la plaine du Jourdain (le prn des livres saints, le yAya ics£i'ov des Grecs), jusqu'à Sodome1.
10. — Loth levant les yeux, vit toute la plaine du Jourdain, arrosée partout; avant que Jehovah ne détruisît Sodome et Gomorrhe, elle était comme le jardin de Dieu, comme le pays de Mitsraïm, jusqu'aux environs de Zoar. —
11. — Loth choisit toute la plaine du Jourdain, et il se dirigea vers l'orient. Us se séparèrent ainsi l'un de l'autre. —