‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 80 sur 211 · I. Voir pl. xxxm · texte numérisé non relu

I. Voir pl. xxxm

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Mais, pourquoi les tombes d'Amazias et de Jotham n'ontelles pas de réduit destiné à cacher des objets précieux , des trésors? Le voici, je crois: Joas, roi d'Israël, après s'être emparé de Jérusalem et avoir fait prisonnier Amazias, s'en retourna "à Samarie, « emportant tous les trésors du temple et t tout ce qu'il y avait d'or et d'argent dans le palais d'Ama- « zias » Celui-ci, presque aussitôt après, fut forcé de s'enfuir à Lakis, où il périt assassiné. Quels trésors eût-on pu enterrer avec un roi qui s'était fait dépouiller par l'étranger et qui n'avait plus d'amis? Aucun , sans doute : pour lui donc Pahsence de cachette est parfaitement justifiée.

Passons à Jotham. Le règne de celui-ci fut heureux et prospère, il imposa un tribut annuel aux Ammonites; il aurait donc pu laisser des trésors après lui ; mais il dut dépenser des sommes énormes à relever et à orner la cité sainte et le temple ; rien ne nous dit que ce fut un roi songeant à faire des économios, bien au contraire \ L'absence de la cachette, dans son tombeau, est donc jusqu'à un certain point naturelle.

Passons à la 3* chambre, en nous réservant de revenir à la Ie chambre de l'étage inférieur. Nous avons ici six tombes nouvelles.

Sur le côté gauche, celle du milieu a été préparée, mais elle n'a pas de cachette; la tombe d'Akhaz, a dû être préparée, mais n'a pas servi. Akhaz, qui avait payé des sommes énormes au roi d'Assyrie, Tiglat-fela-sar, en ruinant le trésor royal et le trésor divin, n'avait garde de laisser, après lui, des sommes considérables à enterrer dans son tombeau.

Aux deux côtés de la tombe d'Akhaz sont deux tombes ébauchées. Or, Ézékhias devrait, ce semble, occuper une de ces

î . « Tcùî ti toû etoû towawpoî»; «vuXrro, xal î«c; & t» Àu««{« xPua«« **» «PPP** m h T»; BixmXiioïc iÇiçcpr.ai. • (Josèphe, ÀJtf. Jud., II, II, *.) t. Voir Josèphe, Ant. Jnd.. n, il, «.

KT AUTOUR DE LA MER MORTE. 259 deux tombes. Heureusement la Bible nous vient en aide. Ézékhias fut enterré avec luxe dans une chambre particulière, ittyœ. C'est donc à lui que j'attribue sans hésitation la seconde chambre inférieure, dans laquelle on pénétre par l'escalier débouchant dans la seconde chambre sépulcrale que nous venons d'étudier.

Que deviennent dès lors les deux tombes ébauchées de ce côté? Les places abandonnées de Manassés et d'Ammon, qui se firent enterrer dans le jardin d'Oza.

Après ces deux rois, vient Josias, qui reprit avec ferveur le culte du vrai Dieu et qui reposa dans les sépulcres royaux. La tombe qui se présente immédiatement après est complète, et elle contient une cachette à trésors. Josèphe nous rend trèsbien compte de la présence de cette cachette. Voici ses expressions :

« Ensuite, Josias, après avoir vécu en paix et avoir surpassé «tous les autres en richesses et en gloire, mourut de la ma- « nière suivante •

Il raconte alors la fin malheureuse de ce monarque.

Après Josias viennent Joakhaz, Joakim, Joakin et Sédékias, dont les malheurs sont bien connus et avec lesquels finit la dynastie et le royaume de Juda. !l était donc naturel qu'après la tombe de Josias, il n'y eût plus que des tombes ébauchées.

Je le demande maintenant, est-il possible que le hasard seul ait présidé à l' enchevêtrement étrange de ces tombes achevées et inachevées des Qbour-cl-Molouk, lorsque cet enchevêtrement s'explique de lui-même, aussitôt que la vraie attribution de ce monument illustre est trouvée? Je me dispenserai de répondre moi-même.

t. . ïwwk fr'iv urri t«0t« Woc, fci *î **t irXcirw x*i rr ira?» ffâcn*

« iuJoÇl*, *«TI«Tpi<|.l T6ÛTM fi TfOITM fi* {Uw. » (Aflt. Jud.. X, IV, 5.)

D'ailleurs, la disposition de ces tombes, avec réduit destiné à recevoir des objets précieux ou des trésors, ne se trouve absolument que là , dans l'immense nécropole de Jérusalem , et cette disposition présente une anomalie inexplicable , si l'on ne reconnaît pas, dans ces cachettes, la trace de l'habitude que Ton avait d'enterrer les rois de Juda avec leurs trésors.

Nous lisons dans Dion-Cassius, à propos de la destruction de Jérusalem par les Romains : « Ceci leur avait été annoncé par «le fait que le monument de Salomon, pour lequel ils ont un « profond respect, s'écroula et tomba spontanément1. » On me permettra de chercher dans cette assertion une preuve de plus à l'appui de mon système; les oscillations d'un tremblement de terre ne font pas crouler un caveau taillé dans la masse du roc ; cela seul peut crouler qui a été bâti ou qui n'offre pas une résistance égale dans tous les sens. D'ailleurs, pour que les Juifs trouvassent un présage fatal dans l'écroulement du tombeau de Salomon, il fallait que cet écroulement pût être vu de leurs yeux *.

Pouvaient-ils savoir ce qui s'écroulait dans l'intérieur d'une cave sacrée, où il était impossible de pénétrer, ainsi que nous le'dit Josèphe? Je n'hésite pas à répondre que non. Qu'en conclure? Que ce fut le vestibule apparent qui fut abattu par un tremblement de terre, et que ce même tremblement de terre fit également crouler le monument expiatoire d'Hérode, élevé par ce prince, après sa profanation, à la porte même du tombeau

• 1. Histoire romaine, 1. uux, c. 14.

ï. Dans les Actes des Apôtres nous lisons • « Mes frères, qnil me soit permis de m vous dire hardiment sur le patriarche David, qu'il est mort, qu'il a été enseveli, et « que son sépulcre existe auprès de nous, jusqu'à ce jour. l>*Pt; â*ix.?6l, ffr rimât «titra ît*ppti«î*î npoî ûffci; iript toû lUrfii^w A*GJ, 8n xal iriktinn **i iràfr,, » to fi-vf.;** aù?cô î-îtiv iv f,f*îv efypi *Sc T{iipa« t*ûtt,«. Actes, u, ii. ■ Saint Pierre et ceux qui l'écoutaient connaissaient donc parfaitement le tombeau du roi David, qui était encore intact, au moment de la prédication du prince des apôtres.

des rois. Comparons ces faits avec les lieux tels qu'ils sont aujourd'hui. L'entablement du vestibule est fendu dans toute sa hauteur, et l'une des deux parties s'est abaissée d'une manière appréciable. Les deux colonnes qui le soutenaient ont été forcément broyées en ce moment , aussi bien que la face intérieure de la muraille de rocher, dans laquelle est taillée la porte qui amène dans la grande cour de l'édifice. Enfin , le tertre assez élevé, qui est placé juste en face du vestibule, recouvre trèsprobablement la base du monument expiatoire, bâti par Hérode, et que la môme catastrophe aura frappé f.

J'arrive enfin aux objections qui peuvent être élevées contre l'attribution que je viens de donner aux Qbour-el-Molouk. J'espère n'en négliger aucune; mais, dans tous les cas, j'en verrais, avec grand plaisir, surgir de nouvelles, parce que je me crois dans le vrai, et qu'il me serait probablement aisé de les réfuter.

Les seules objections que je crois avoir à combattre sont les suivantes :

1* Le tombeau de David et de sa dynastie était sur le mont Sion, et il y est encore en grande vénération parmi les Musulmans ;

2* Les ornements architectoniques des Qbour-el-Molouk sont formés de motifs empruntés à l'architecture grecque ;

3' Le livre de Néhémie semble placer le tombeau de David sur le mont Sion ;

II0 Enfin ce tombeau a été ouvert par hasard, il y a quelques siècles, suivant le récit de Benjamin de Tudèle, et refermé aussitôt par ordre du rabbin de Jérusalem.

Voilà tout, si je ne me trompe. Examinons donc ces objections l'une après l'autre.

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