‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 81 sur 211 · I. Voyez pl. ixvw · texte numérisé non relu

I. Voyez pl. ixvw

262 VOYAGI: KN SYRIE

On a dit si longtemps que le tombeau de David était sur le mont Sion , qu'on a fini par le croire. Mais sur quelle base solide est donc assise cette opinion? Est-ce l'Écriture sainte qui nous l'apprend? Non. Est-ce Josèphe? Pas davantage. D'où vient-elle donc? J'avoue que je l'ignore complètement. S'il n'y a pas d'autre raison pour le croire que l'emploi des mots T»pa TH, dans la ville de David, dans les différentes indications que nous fournit l'Écriture sainte, pour le lieu d'inhumation de David et de sa dynastie, cette raison est faible/ainsi que je l'ai déjà montré, et que je vais le faire voir de nouveau.

Je citerai pour cela quelques passages tirés de l'Écriture sainte, et qui prouvent que l'expression iv*i tjj, n'a jamais eu le sens étroit qu'on lui applique d'ordinaire, en tenant compte de quelques versets du texte sacré et en passant l'éponge sur quelques autres, ce qui est commode sans doute pour la discussion , mais seulement jusqu'au jour où l'on trouve sur son chemin un contradicteur qui ne se contente pas d'à peu prhs, lorsqu'il s'agit de démontrer un fait important.

Lorsque j'ai publié mes idées, fort nouvelles j'en conviens, sur le compte des Qbour-el-Molouk , j'ai vu surgir les dénégations les plus passionnées, et les brevets d'ignorance m'ont été distribués avec une générosité rare; j'ai dû naturellement examiner de près les arguments avec lesquels on battait en brèche l'opinion que j'avais émise. Je n'aurai donc qu'à reproduire ici ce que j'ai dit ailleurs, en remerciant sincèrement mes adversaires du service qu'ils m'ont rendu, en m'aidant très-puissamment à compléter la démonstration des faits que j'avançais.

Voici donc deux passages qui prouvent que le nom Cité de David s'appliquait à autre chose qu'à la forteresse placée sur le sommet du mont Sion. Nous lisons dans les Chroniques (11, xxxii, 5) : Et il (Ézékhias) fortifia Meloua (Millo), cité de Da-

vid (sous-entendu qui est la). Meloua, dont on a voulu faire une colline, est une vallée; Meloua, c'est incontestablement le Tyroprpon , le Tyropœon s'appelait donc aussi la Cité de David.

Plus loin encore1, nous lisons: Après cela, il (Manassé) bâtit un mur extériour à la ville de David, vers l'occident de (iihon, dans la vallée, jusqu'à la porte des Poissons, Je continuant jusqu'à Ophel, qu'il éleva, élevant considérablement... Certes, ce qui est désigné ici par cité de David n'est pas exclusivement la forteresse placée au sommet du mont Sion. Notons en passant que ce mur de Manassé n'est très-probablement que te mur magnifique dont deux immenses tronçons se relient au jardin de la mosquée d'el-Aksa.

Les mœurs judaïques s'opposaient invinciblement à ce que des sépulcres fussent établis dans l'intérieur d'une ville; ceci ne saurait être douteux; un curieux passage de Josèphe constate ce fait, à propos de la fondation de Tibériade a. Voici, à propos de la population qu'Hérode implanta dans la ville qu'il venait de fonder, ce que dit l'historien : « Pour les décider à habiter dans

• cette ville, il fit bâtir leurs maisons et leur donna des terres,

• parce qu'il savait qu'il était contraire aux lois et aux mœurs «judaïques d'habiter une ville pareille; en effet, en construisant «Tibériade, on avait détruit im certain nombre de sépulcres, «qui Retrouvaient sur son emplacement, ot notre loi déclare « impur, pendant srpt jours, quiconque habite un lieu sembla- « ble. • Les habitants de Jérusalem eussent donc été impurs à perpétuité, et Salomon tout le premier; lui qui devait donner l'exemple du respect aux lois divines et humaines, il les eut donc enfreintes sans hésitation , et tous ses successeurs eussent

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