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blayaient une partie de l'enceinte de Sion ; que ces ouvriers, on pénétrant dans le tombeau, rencontrèrent des chambres incrustées d'or et d'argent, et une table, sur laquelle étaient le sceptre et la couronne de David ; que ces ouvriers s'évanouirent et ne recouvrèrent leurs sens que longtemps après ; qu'ils allèrent prévenir le Rabbin, et que celui-ci se hâta de faire refermer l'édifice sacré f. Ce récit extravagant ne vaut évidemment pas la peine d'être discuté. Je ne puis m' expliquer comment un homme aussi savant que l'illustre Mûnter a pu lui accorder la moindre créance, et avancer surtout qu'il s'accordait , en ce qui concerne les richesses qui étaient enfermées dans le tombeau, avec le témoignage de Josèphe. C'est précisément tout le contraire qui a lieu, puisque Josèphc affirme qu'Hérode enleva tout ce qui s'y trouvait de précieux, sans y rien laisser. Si Hérode avait tout pris, il est fort difficile d'admettre que les ouvriers de Benjamin de Tudèle y aient retrouvé les trésors dont la vue les éblouit. Ce récit n'est donc qu'une fable sans aucune espèce de valeur historique, comme presque toutes les traditions analogues que croient et racontent imperturbablement les Juifs de Jérusalem.
Le savant qui a le plus vivement attaqué le mémoire quo. j'ai publié sur les Qbour-el-Molouk, et que je viens de reproduire sans y rien changer, a bien été obligé de reconnaître, dans sa critiquo, l'identité des Qbour-el-Molouk et des 2^r,>aïa BasiVtxade Josèphe, et il en a conclu quo Hérode, au commencement, de son règne , s'était fait bâtir un tombeau médiocre, qu'il n'aura plus trouvé digne de lui, quand il s'est vu au faîte des grandeurs et de la richesse ; qu'alors il s'en sera
1. Benjamin de Tndèle oublie d'expliquer comment un ordre quelconque a pu être donnrfpar un Rabbin et exécuté publiquement à Jérusalem. Les pauvres Juifs de Jérusalem ne connaissent là d'antres ordres que ceux auxquels ils obéissent si humblement.
fait construire un splendidc, qui n'est probablement autre chose que les Qbour-el-Molouk. Cela, malheureusement, est contraire à l'histoire; car nous savons1 que lorsque Hérode mourut à Jéricho, ses funérailles furent célébrées avec l'éclat le plus grand, et que son corps fut transporté en grande pompe, par une route de deux cents stades, à Iïérodeum, où il devait être enterré, suivant sa volonté expresse. Hérodeum était éloigné de Jérusalem de soixante stades3. C'est encore Josèphe qui nous le dit expressément. Ceci posé, je demande ce que peuvent être les oirrikaïa. 6aciVvxa, s'ils ne sont les tombeaux des rois de Juda , et j'attendrai la réponse.
En résumé, aucune objection sérieuse ne subsiste, et je crois avoir le droit de dire que les tombeaux des rois de Juda étaient bien dans la cave sépulcrale qui porte encore le nom de Qbour-el-Molouk , de tombeaux des rois.
Jamais, du reste, jusqu'à une époque assez récente, l'entrée du tombeau de la dynastie de David n'a été inconnue à Jérusalem, ainsi qu'on semble le croire. Ce n'est qu'au moyen ûgo, que la tradition vraie s'est perdue à moitié, et que , tandis que le monument authentique conservait son noble nom , on lui substituait un caveau fantastique, situé sur le sommet du mont Sion, dans l'intérieur de la citadelle, c'est-à-dire en un point où il n'y a jamais eu de tombeau.
Josèphe nous affirme qu Hérode avait fait construire un monument expiatoire à la porte du caveau royal. Saint Pierre parle du tombeau de David comme bien connu de tous. Dion Cassius nous affirme que la chute du tombeau de Salomon fut pour les Juifs un triste présage de ruine. Et enfin , ce qui est bien plus positif encore, nous lisons dans la Lettre de saint