‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 94 sur 211 · Ant. Jud., vu, x · texte numérisé non relu

Ant. Jud., vu, x

2. S-.u-rtM îi ÀCiaxXwuu,; «v rfi xctXetôt rfi fWiXixf, arrïxv XtÔsu u*;;j.x:>.vj, $iic <ira- Kwc iwt'xwoaw hjo<j6>.ûaG«, f.v ccr.-jc'piuaiv iitav y.iîp*, etc. Puisque Josèphe savait que le monument d'Absalom était à deux stades de Jérusalem, il savait parfaitement où il était ; donc il existait de son temps, ou au moins il en existait des restes suffisants pour lui permettre de dire que le cippe était une orrXn Xifte-j pKppoffatt. Remarquons en passant que le tombeau d'Absalom est justement à deux stades de Jérusalem.

concernant ce monument, lorsqu'ils ont été admis, par grâce, à habiter de nouveau l'enceinte, sacrée pour eux, de la capitale de David. Pas un Juif ne passe devant le prétendu tombeau d'Absalom sans cracher dessus et sans lui jeter une pierre, punissant par ce double outrage, le crime du fils rebelle.

Maintenant, est-ce à dire pour cela que je prétends démontrer que le Tombeau d'Absalom est bien positivement le monument funéraire dont parlent la Bible et Josèphe ? Non , sans doute; une conjecture de moi ne peut et ne doit être une démonstration pour personne. J'avoue néanmoins que, comme je ne vois rien d'absolument impossible à ce que la tradition sur ce point soit admise comme bonne , je l'admets jusqu'à démonstration du contraire; tout à l'heure j'en dirai le motif.

La sainte Bible nous mentionne encore un monument funéraire important, à ce qu'il paraît, et je vais transcrire le passage qui y est relatif. Nous lisons dans Isaïe ( xxii ) : — 15. Ainsi dit le Seigneur, Jehovah Sebaout : Va vers ce haut fonctionnaire, Sibna, qui est préposé au palais. — 16. Qu'astu ici, et qui est des tiens ici, que tu te creuses ici un sépulcre? Il creuse dans la hauteur son sépulcre , il taille dans le roc sa demeure. — Cette portion des prophéties d' Isaïe se rapporte au règne d'Ézékhias, dont ce Sibna était probablement l'intendant. Le tombeau sompteux creusé par l'ordre de Sibna, seraitil un des deux sépulcres voisins de celui d'Absalom? Je ne me charge pas de le décider : mais, ce que je prétends conclure de ce passage c'est que, sous les rois de Juda, des tombeaux magnifiques étaient creusés, taillés dans le rocher.

Pour les habitants chrétiens de Jérusalem, le mausolée que je viens de décrire se nomme aussi le Tombeau d'Absalom. Pour les musulmans, c'est une autre affaire; ils ne connaissent ce monument que sous le nom de Tantourah-Farâoun (tantourah

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est le nom d'une coiffure en forme de corne, et longue de plus de deux pieds, dont s'affublent les femmes du Liban).

J'ai le malheur de me trouver en désaccord complet avec les antiquaires et les architectes, sur l'âge de ce curieux monument, qui, pour eux, est un excellent modèle de la plus déplorable décadence de l'art grec. .le suis désolé de ne pouvoir en aucune façon me ranger à leur opinion. Je connais beaucoup de monuments de la décadence ; mais je n'y ai jamais vu paraître le mélange bizarre, que nous rencontrons ici, des membres caractéristiques des ordres les plus différents, c'est-à-dire de l'ionique et du dorique, le tout surmonté d'une corniche égyptienne. Me sera-Uil permis, à mon tour, de croire et de dire que des monuments hybrides de ce genre, peuvent être parfaitement antérieurs à l'époque où les Grecs opérèrent le départ des éléments à l'aide desquels ils constituèrent leurs ordres classiques, en empruntant à tous les monuments qui leur passaient sous les yeux, ceux de ces éléments qui leur paraissaient se marier le plus heureusement, pour en faire un tout devenu désormais homogène.

Je ne sais si l'on m'accordera cela, mais ce qu'il faudra bon gré mal gré m'accorder, c'est un fait contre lequel il n'y a pas d'objection possible. A la vue du tombeau d'Absalom, les antiquaires, aussi bien que les architectes se sont écriés unanimement : ceci est un monument de la fin du IV siècle , au plus tôt ! Je suis affligé d'être obligé de leur enlever cette croyance, de la façon la plus péremptoire.

Souvent déjà j'ai fait usage du journal écrit en 333 par le Pèlerin de Bordeaux, mais jamais aussi heureusement que cette fois. Or voici ce que je lis dans ce journal : « Item ab Hierusalem euntibus ad portam, quœ est contra orientent, ut ascendatur in montent Oliveti, vallisquaedicitur Josaphat. Ad partent sintstram ubi sunt vineaj, est et petra ubt Juda Scarioth Chris-

tum tradidit k parte vero dextrA est arbor palma?, de quâ infantes ramos tulerunt et veniente Christo substraverunt. Inde non longé, quasi ad lapidis missum, sunt monumcnta duo monubiles (sic) mirœ pulchritudinis facta. In unum positus est Isaias propheta, qui (sic) est vere monolitus (rie) et in alium (tic) Ezechias Rex Judœorum. »

Concluons : en 333, c'est-à-dire justement au bout du premier tiers du siècle à la fin duquel les antiquaires font remon ter les deux tombeaux de la vallée de Josaphat, ces tombeaux étaient admirés de notre pèlerin, qui n'a probablement pas inventé que l'un (celui qui est monolithe ) était le tombeau d'Isaïc, et que l'autre (celui dit aujourd'hui tombeau d'Absalom) était te mausolée d'Ézékhias, roi de Juda. Sans aucun doute le Pèlerin avait recueilli la tradition locale, et, on le voit, celle-ci, au commencement du IV siècle de notre ère, reportait au temps des rois de Juda des monuments dont très-certainement la population de Jérusalem ignorait l'origine, précisément parce qu'elle était très-reculée, et que la chaîne de la tradition s'était trouvée interrompue par l'expulsion des Juifs de Jérusalem. Maintenant, donc, que l'on dise tant que Ton voudra que je me trompe, cela impliquera que le Pèlerin de Bordeaux s'est trompé aussi, et qu'il a admiré préventivement des monuments qui ne devaient exister que cinquante ans environ après son passage à Jérusalem.

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