‹ Voyage autour de ma chambreChapitre 20 sur 30 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

DUNOIS, endormi. CÉCILE, É.MILIE.

(Elles ejitrent toutes deux par la porte-armoire. Emilie est toujours en homme, elle tient une lanternr sniird<- k la main. Elles luissent ouverte la porte de l'armoire (|ui donne sur le théâtre.)

EMILIE, paraissant d'abord.

Entrons!..

CÉCILE, la suivant.

Pas de lumièrel Emilie; elle est a» fond, vers le milieu de l'alcôve; Cécila est à sa gauche.

Le locataire.

Par bonheur, est sorti...

Coquillard m'a promis de l'éloigner d'ici. EMILIE ET CÉCILE, ensemble, en faisant un pas vers la gauche.

Nuit calme et sombre Épaissis-toi, Et de ton ombre Protége-moil

(Emilie se dirige vers le secrétaire, elle l'ouvre; Cécile va vers la porte du carré pour écouter, puis revient doucement en scène et se trouve & la hauteur et à droite de la table de gauche. — Tout ce trio se dit i demi voix.) CÉCILE, à Emilie.

Mes titres, mes papiers... toute mon espérance. Tu les as?

EMILIE, les tirant du coffret.

Les voici.

CÉCILE, les prenant.

C'est parfait.

(Elle les met dans sa poche.) EMILIE, en cherchant des papiers dans les tiroirs du secrétaire.

Ils étaient là dans ce coffret Avec quelques bijoin... et la correspondance Qui peint de Diego l'amouieuse souffrance. (Cécile remonte la scène de quelques pas, un peu plus haut que la table.) DUNOIS, rêvant.

Cécile!

CÉCILE, à Emilie, se méprenant et revenant sur ses pas. Que veux-tu?

EMILIE, mettant le coffret sur le secrétaire. Qui? moi ? je n'ai rien dit.

DUNOIS, s'éveillant à moitié, après avoir fait entendre on léger ronflement.

Je rêvais... chose singulière!..

Qu'avec mon doigt j'ouvrais mon secrétaire. (En étendant le bras gauche, il fait tomber la pile de livrei qui est sur la table.) CÉCILE, effrayée, se rapprochant d'Emilie. Entends-tu ?

EMILIE, qui a posé vivement la lanterne sur le secrétaire, la lumière tournée vers le mur.

Ciel !

(Elle ferme avec bruit le bottant du secrétaire.) DUNOIS, s'éveillant tout à fait et se levant avec effroi. Quel est ce bruit?

CÉCILE ET EMILIE. [sonne!

Ah! mon Dieu! qu'est-ce donc?., je frémis!., je fris- Avec nous, oui, quelqu'un est entré ! Non... personne! TOUS TROIS, dans le plus grand effroi, la voix tremblante et à demi étouffée.

Mais ça remue, oui, ça remue... Abl que j'ai peur!

Ah! que j'ai peur... c'est un voleur!

(pendant cet ensemble, Emilie et Cécile soin sur l'avanls:ène à l'extrèmc gauche; elle; se pressent l'une contre l'autre. Dunois, tremblant des membres et de la voix, est adossa 4 l'avant-scène de droite et leur fait face. Après l'ensemble, les deux femmes se séparent doucement; Emilie va au secrétaire et fait du bruit en en retirant la clef, puis elle prend le coffret. Cécile a gagné un peu i droite. — La musique continue à l'orchestre.) DUNOISj avec effroi, à part. Ou Cl'OChetle mOll mO-

bili6r! (il se dirige à tâtons vers le bruit.)

CÉCILE, à Emilie, à voix basse. Viens vitC I (Elle

prend de sa main droite lu main gauche d'Emilie, toutes

deux passent doucement, avec précaution, entre la rampe

et la table de gauche ; Emilie tient le coffret de la maio

droite.

DUNOISj s'avançant à tâtons, rencontrant Emilie et lui

saisissant le bras gauche. Ail ! Scélérat! je te ticiis! Cécile:, Ciel ! (Elle remome un peu jusqu'à la hauteur

et i droite de la table de gauclie (1 ).

EMILIE^ effrayée, à Dunois, qui l'a fait ripidcment passer

à sa gauche. Moiisleur 1.. Moiisicur!.. ne me faites rien 1

DUNOIS. Mais, je vas te traiter comme tu as traité mon secrétaire... je vas te fouiller.

CÉCILE, reconnaissant la voix. M. Dunois ! (Dans son effroi, elle remonte un peu, puis redescend doucement à gauche et à tâtons dans la direction de la table.)

É.MiLiE, à Dunois. Au noiii clu cii;l lie criez pasi..

(Lui remettant le coffret.) TeueZ 1 tenCz!.. |)luS tard,

je viendrai le reprendre...; (Elle s'échappe et se dirige

doucement vers le milieu du théâtre.)

DUiNOIS, qui a pris le coffret, "'sur le devant du théâtre, à

part. Comment, il reviendra!., ces voleurs sont

d'une naïveté révoltante! (En 'ce moment Cécile qui, en redescendant, a rencontré la table de gauche, l'a renversée. Elle gagne le milieu de la scène dans le plus grand trouble (2j; elle y rencontre Emilie qui lui prend la main ; mais au bruit de la table renversée, Dunois s'est écrie •) EuCOre un de Ce

côté!... je suis cerné !,..

EMILIE, à Cécile. Et le porticr qui m'avait tant promis de m'en débarrasser ce soir! (Elles se tiennent

par la main, Cécile est à gauche, elles remontent à tâtons trèslentement dans la direction de l'armoire.)

DijNois. CoquiUard est leur complice!., je vendrai cher ma vie!.. Où me cacher? (il remonte à tâtons

entre la table et la cheminée, pose le coffret sur la table, et après être arrivé auprès de l'armoire, il tourne à gauche et se rencontre avec Emilie et Cécile qui cherchaient à gagner le placard.)

TOUS TROIS, jetant un grand cri. Ah ! (Forte à l'orchestre. Dunois a séparé Cécile d'Emilie et passé entre elles deux ; il se sauve en courant jusque sur le devant du théâtre. Dans sa frayeur, Cécile s'est réfugiée dans l'alcôve dont elle ferme les rideaux; Emilie s'est enfuie par l'armoire dont elle referme la porte sur elle.)

DUNOIS, criant à pleine voix. Aux armes!.. (A luimême plein de terreur.) Ils SOnt Une bandc!

1 Cécile, un' pas au-dessus de la tahlc de gaiiclic, Duiiois, Kmilie, à droite.

2 Cécile, Emilie, Dutiois, à droite.

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