‹ Voyage autour de ma chambreChapitre 21 sur 30 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

DUNOIS, CÉCILE, d'abord cachée.

DUNOIS. J'ai entendu le bruit d'une porte... seraient-ils partis?... (Apercevant la lanterne sourde.)

Qu'est-ce que c'est que ça?,. Une lanterne., (n la prend.) sourde!... Que voilà bien Tarme des bandits!.. S'ils n'avaient que celle-là encore!., profitons-en... (En se dirigeant vers la cheminée, il trébuche contre le sabre qui est à terre et s'écrie avec effroi : ) Qu CStce que c'est que ça?.. (U va à la cheminée et dit en

tremblant : ) Profitons-eu pour éclairer cet antre.

(il allume une bougie et se retourne vivement comme s'il entendait du bruit.) Hein!., non, rien, (il allume la seconde bougie, regarde dans la chambre, se rassure, éteint la lanterne qu'il pose sur la cheminée et dit avec aplomb : ) Personne!.. (En descendant la scène:) Ils SOnl tOUS partis!., je

leur ai fait peur!.. Prenons toujours nos précautions! (il relève la table de gauche, ramasse le sabre qu'il tire du fourreau, met le fourreau sur la fable, se coiffe du chapeau à cornes, et prend de la main gauche le fusil qui est appuyé sur la chaise.) Mid qui demandais des émotions de voyage... en voilà!.. Ah! si j'avais pu en sabrer

un!., (il fait le moulinet avec son sabre et atteint la chaise qui est auprès de la table de gauche ; il s'écrie effrayé : ) Qui va

là? (Use retourne.) Ahl c'est celte béte de chaise ! (il

repousse du bout de son sabre la chaise avec mépris. Le rideau

de l'alcôve remue.) Mais il me Semble que... ce rideau

a remué... (Avec effroi.) Us SOnt tous là! (Le rideau remue de nouveau... Il crie avec force , mais d'une voix altérée en reculant jusque sur le devant du théâtre.) Qui... qui...

qui vive? On ne répond rien... Serait-ce le venl? (Se rassurant.) C'est Ic Veiit. (il s'avance vers l'alcôve en

brandissant son sabre.) C'cst ce rideau qui a tremblé, le

lâche! (Cécile écarte les rideaux derrière lesquels elle est agenouillée dans une posture gracieuse.) Quek|u'un !... ( En

détournant la tète.) Ne tirez pas, Moiisicur, ne tirez pas!

CÉCILE, sans le regarder et avec crainte. Je n'en ai paS envie, je vous assure. (Elle lève les yeux et voit l'étrange attirail de Dunois.) Ah!.. (Elle se lève, rit et descend à droite.)

DUNOIS, stupéfait. Cécilc!

cixiLE, riaut plus fort. Ah ! ah ! ah ! quel drôle d'accuulremeiit vous avez là?

DUNOIS, ôtant vivement son chapeau. C'est CllCOre VOUS,

Ma^lamo? Ainsi, ce matin, me croyant absent, vuus vouséles introduite ici pour [irendre mesure de votre crime, et, ce soir, à l'aide de votre troupe... CÉCILE, gaiement. Ma li'oupe?.. D'abord nous n'étions que deux.

nUNOIS. En èteS-VOUS bien SÙie? (a part en descendant à gauche.) J'ai eu peiu" pour plus que ça... (Cécile fait un pas vers lui.) N'apprOChez paS ! (Il tient toujours son sabre de la main droite rt sou fusil de la main gauche.)

CÉCILE, en riaut. Oh ! jc m'en garderai bien!,.. Vous m'eflVayezI..

scÈr^E xni.

DUNOIS, à lui-même, avec humeur. Elle rit !.. elle OSB

rire!

CÉCILK, d'un ton railleur, avec beaucoup de charme et de grâce.

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