XVIII XAVIER DE MAISTRE
d'honneur de l'impératrice, Mllc Sophie Zagrieltzky. Ce ne fut qu'en 1825 qu'il revint en Savoie, pour repartir bientôt et aller s'établir à Naples, ou il vit mourir, à l'âge de dix-huit ans, son fils, son espérance suprême, après avoir perdu déjà quatre enfants, dont une jeune fille de quinze ans, spirituelle et charmante. Il demeura à Naples jusqu'en 1839, époque où, rappelé à Saint-Pétersbourg par des affaires personnelles, il revint en Russie, « voulant, dit-il, ramener sa compagne ou il l'avait prise», y resta et y mourut, le 12 juin 1 852 ^ à l'âge de quatre-vingt-neuf ans. Vers la fin de sa vie, le pauvre et excellent homme ne quittait plus son appartement : on l'y promenait tristement dans un fauteuil. C'était le dernier Voyage
Xavier de Maistre avait à peine traversé la France, « sa vraie patrie littéraire », dit Sainte-Beuve, lorsqu'en 1825 il s'était rendu de Strasbourg à Genève par Besançon; mais en 1 83g^ avant de repartir pour la Russie, il s'arrêta à Paris, et il s'aperçut avec une émotion reconnaissante que sa renommée était grande chez nous. « Il s'était cru étranger, ajoute Sainte- Beuve, et chacun lui parlait de la Sibérienne, du Lépreux, des mêmes vieux amis. » D'ailleurs modeste, aimant peu à parler de lui, et, lorsqu'on le pressait d'écrire encore, répondant: « A quoi bon? Lisez Toppfer. » Rodolphe Toppfer, dont il avait trouvé en Italie le traité sur le lavis à l'encre de Chine,