‹ Voyage autour de ma chambre (volume 5)Chapitre 18 sur 112 · XAVIER DE MAISTRE. XIX · texte numérisé non relu

XAVIER DE MAISTRE. XIX

l'avait absolument séduit, et il mettait une vivacité généreuse à recommander au public français, qui V ignorait alors, l'auteur des Nouvelles Genevoises, son disciple.

Lamartine, au moment de ce passage à Paris, adressait ces vers à Xavier, qui par alliance était, je crois, un peu son cousin :

Salut au nom des deux, des monts et des rivages

Où s'écoulèrent tes beaux jours, Voyageur fatigué, qui reviens sur nos plages Demander à ces champs ses antiques ombrages,

A ton cœur ses premiers amours !

Un portrait de cette époque nous montre Xavier de Maistre avec son front élevé, de grands yeux noirs d'une vivacité étonnante, le nez fin et recourbé, la bouche spirituelle, douce, sans ironie. Des cheveux courts et bien plantés encadrent sa tête; la lèvre et le menton sont rasés; toute la physionomie exprime une bonté ardente, militante, profonde. En regardant ce visage, on ne sait trop si c'est celui d'un grand homme, mais on sent qu'à coup sûr c'est celui d'un bonhomme.

Veut-on des traits de cette bonhomie ? M. J. Petit Senn en a conté deux quelque part. Lorsque Joseph rejoignit Xavier à Pétersbourg, il s'aperçut, lui catholique exalté, que son frère cadet était un peu philosophe, et philosophe à la française. Il l'engagea à se confesser. L'idée étonna et effraya Xavier. Se con-

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