‹ Voyage autour de ma chambre (volume 5)Chapitre 30 sur 112 · XAVIER DE MAISTRE. XXXI · texte numérisé non relu

XAVIER DE MAISTRE. XXXI

tagc le ciel comme un léger nuage, et aspirant du regard ces émanations des mondes éloignés.

Je rapproche volontiers l'humoriste de Vécrivain sévère, car, si Von n'a jamais nié la grâce, le charme et l'esprit du Voyage autour de ma chambre, on s'étonnera peut-être de lui voir accorder la grande éloquence ; et pourtant, en dépit de sa forme volontairement légère, c'est plutôt de Pascal épouvanté par les « espaces infinis » que de Fontenelle s'amusant à la Pluralité des mondes que Xavier de Maistre se rapproche. Il ne faut pas prendre au mot ces humoristes : il y a plus de profondeur qu'on ne croit sous leur fantaisie, quand elle est sincère. Les pédants seuls gardent éternellement leur sérieux.

Xavier de Maistre n'eût pas écrit cet immortel petit chef-d'œuvre, le Voyage autour de ma chambre, qu'il mériterait encore, au surplus, de tenir le premier rang parmi nos novellieri avec ces trois récits achevés: le Lépreux de la cité d'Aoste, les Prisonniers du Caucase et la Jeune Sibérienne. // paraît que le Lépreux a existé : il s'appelait Pierre- Bernard Guasco, et les docteurs Martignène et Villot allaient, en se couvrant le visage d'un masque, et en mettant des gants, le soigner dans cette tour, où le rencontra Xavier de Maistre.

M. Edouard Aubert, dans un travail intitulé: Quinze jours a Aoste, et M. G. Carrel, qui dans une brochure a reproduit, comme l'avait fait R. Toppfer,

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