‹ Voyage autour du CaucaseChapitre 2 sur 20 · VII · texte numérisé non relu

VII

trésors, tel a été le plan de relation que je me suis propose.

Le lecteur lira et jugera; je le prie seulement d'être indulgent sUr un travail qui , biffli qu'il m'ait coûté quatre années de voyages et plusieurs années de rédaction, sera très imparfait et ofirira bien des lacunes. Souvent sans antécédents, sans guide , j'ai été obligé de me suffire à moi-même , et après de nombreuses recherches dans tous les auteurs que j'ai consultés , je n'ai rien pu trouver de plus que ce que j'avais vu. D'ailleurs toujours seul, toujours isolé, livré à mes propres forces, il m'était impossible 'de songer atout, de tout voir, de tout examiner. Ceux qtii parlaient de m'accompagner se sont laissés eflfrayer a Theure du départ par la guerre, par les fièvres si souvent mortelles dans le brûlant et humide cUtnàt de la Golchide, par les Tcherkesses, les Rourdes, et surtout par les fatigues et les mille privations d'un semblable voyage.

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-** vni — Ainsi j'ai presque toujours été seul , et ce travail que j'offre au public n'est que celui d'un individu qu'on ne doit pas juger avec la sévérité avec laquelle on juge le résultat de ces grandes expéditions scientifiques oit tant de têtes distinguées concourent à l'envi à élever un monument durable de leurs savantes recherches.

Quand je dis seul , je ne prétends point faire passer pour mien dans mon travail ce que je ne dois qu'à l'aide et aux bontés de quelques hommes vraiment généreux et complaisants. Que je leur exprime ici ma vive gratitude^

Messieurs de Buch et Elie de Beau^ mont ont bien voulu de leur longue expérience contribuer à éclaircir et à rectifier mes idées systématiques sur la géologie des pays que j'ai parcourus et sur la riche collection de fos^les que j'en ai rapportés, M« de Buch a spécialement déterminé avec sa sagacité si remarquable les Ammonites^

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les Brachiopodes^ el tout ce qui appartenait axa formations anciennes.

M. Agassiz s'est charge des nombreux oursins sur lesquels il fait en ce moment un si beau' travaiL

^ M. le professeur Gustave Roseii a eu la oon^laisance de déterminer mes minéraux d'Arme'nie.

M. le docteur Troschel, de Berlin^ s'est occupe de mes mollusques terrestres et d'eau douce.

M. Frâhn a traduit mes inscriptions coufiques.

Le prince héréditaire de Mingrëlie et M. Brosset jeune^ à force de patience^ ont su trouver un sens dans celles qui étaient en géorgien.

Le général Béboutof, M. Thomas Kourganof et M. Chopin ont traduit celles de l'Arménie.

M. le conseiller d'état de Stéven a déterminé le peu de plantes que j'ai rappor-

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tées : Ce n'est pas lé seul secours que j'aie reçu de lui; cet illustre isavatit, qui a parcouru h ÇauCase et la Géorgie long-temps avant moi > et avec tant de fruit et dé zèle, ainen voulu me communiquer ses imëriessanls journaux de voy^^e, m^ouvrir sa bibliothèque, et mei laisser puiser dans le trésor de sa vaste expérience.

J'ai reçu parçiUement des communications d'un haut intérêt de MM- de Kôppen, de Nordmann, Ritter, Eugène PoniatovaUi, £^areïçh€|, etc. Que de nômô je pourrais citer encore de personnes qui ont bien voulu m'aider de leurs lumières ! Je-feur vends ici le tribut de gratitiidé que )ê dois à leur amitié, et j'espère n'être jamais ingrat.

Il est u»^^ autre tribut de reconnaissance que je dois. Arrivé en Russie , sans autre recommandation que la volonté de feîre un voyage qui pût être utile à la science , à peine lé gouvernement en a-t-il eu con-

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naissance ^ qu'il m'a accordé la protection la plus large qu'on puisse donner : de tout ce qui pouvait contribuer a la sûreté de mon voyage^ guides^ escortes, convois, ordres partout, rien n'a été oublié. Les employés de tontes les classes et les simples particuliers se sont tous empressés dé £3ivoriœr mes recherches. Partout j'ai trouvé cette hospitaËté franche et large qtd caractérise Forient de ï'Eurqpe et les nations du Caucase : ce n'est pas sans attendrissement que je reporte mes souvenirs sur tant de marques de. bienveillance, tant de témoignages d'intérêt, faisant des vœux pour que le qiel protège en tout et partout les nom-^ breux protecteurs et les amis que j'ai trouvés dans mon long pèlerinage.

Malgré les fièvres, malgré les vrais dangers auxquels j'ai été exposé, je suis revenu sain et sauf dans ma patrie pour faire hommage à une mère chérie, du prix si honorable pour moi dont la société de géôgra-

phie de Paris a bien voulu couronner mes* laborieuses explorations.

Il me restait encore une nouvelle faveur à obtenir • Abandonne à mes propres forces, je n'aurais pu songer à joindre à ma narration Fatlas qui se publie sous mes yeux à Neuchâtel, en Suisse, si le gouvernement russe, par sa munificence et par ses encouragements, n'était venu à mon secours.

Grâce à sa gene'reuse protection, je me suis vu en état de commencer cette grande entreprise pour laquelle je demande edcore l'appui d'un public bienveillant qui vienne par ses souscriptions abondantes, m'aider à l'achever et à la rendre toujqurs plus digne d'obtenir ses suffrages.

Cet atlas , auquel je renvoie toujours dans le texte, est divise en cinq sections ou séries , chacune formant un ensemble qui facilite le coup d'œil général qu'on. peut porter sur l'ouvrage.

Une partie géographique contiendra

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— xni — dans près de 24 feuilles^ des cartes détaillées des différentes parties du Caucase^ des cartes pour kt géographie ancienne et pour rhîstoire du pays, des plans spéciaux des localités les plus remsHrquablei.

La partie pittoresque se composera d'environ 75 vues, les plus intéressantes de mon recueil.

La série d'architecture est destinée à réunir les monuments des styles byzantin, arménien , géorgien et persan.

Sous la rubrique d'archéologie, j^iTéuni les vases antiques, les ouvrages en terre cuite, les statues, les cryptes, les tombeaux, les objets qu'ils renfermiaient, les bas-reliefs, les inscriptions. ^ '

'■ La cinqùiêînîe série n'est consacrée? q[u'à k géologie, coupes, cartes, vues, dessins de fossiles.

Maintenant je dois encore au lecteur quelques explications sur quelques points essentiels qui constituent la rédaction du voyage.

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J['ai adopte pour mesure de distance le verst^ comme étant la plus commode pour se . comparer à toute autre mesure. On compte io4 yerst | pour un degré de Féquateur ; noys auroQS donc 4 verst pour 1 lieue de France , de 26 au degré ; 5 verst pour une lieue de Suisse^ de ao au degré; et très exactement 7 verst pour 1 mille d'Allema^e, de i5 au degré.

Tputes les échelles et mesures de solides sont en pieds de roi.

Comme mesure de surface^ la dissétine équivapt à 109^26 ares de France.

J'ai $uivi dans le texte le calendrier russe ou Julien ; le plus souvent^ j'ai ajouté la date correspondante du calendrier grégorien.

J'ai cherché à exprimer par une orthographe uniforme tous les noms étrangers et leurs sons variés inconnus à notre laûgne.

Le k simple rend le son du c devant a ,

. hekh est le ch des ^Uemainds^ le x de»

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Russes y ley des Espagnols^ c'est-à-dire que le k est aspîre\

Le Cy dans quelques mots géorgiens^ devant a, o, u, est sec, dur.

Le ch se prononce toujours comme dans chai, cheval, et je ne l'ai jamais employé coDGime hh que dans quelques mots dont je n'ai pas voulu changer l'orthographe ancienne, conmxe archéologie , archonte, trachyte. C'est le sch des Allemands. Ue muet après ch dans les noms étrangers ne s'entend presque pas.

Thy en géorgien, est un t dur, légèrement aspiré.

Gh, pour éviter toute équivoque, remplace notre gu devant i et e.

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