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DE LA SÉVE DANS UNE LIANE

Ce Cissus a de grands rapports avec le Cissus trepadera qui couvre les haies de San-Domingos et de Praya-Grande à Rio de Janeiro, et que les habitants de ces lieux désignent sous le nom de Cipù trepadera.

Il parait même n'en différer, ainsi que du Cissus tamoides (Aug. Saint-Hil. et Cambessèdes) et du Cissus ovata, que parce que toutes ses parties sont glabres et à peu près luisantes.

Puisque ces lianes hydrophores. qui n’ont pas moins de deux à trois cents pieds de longueur, lorsqu on les coupe transversalement , ne répandent, par les points de leurs sections , que peu ou pas de la séve abondante qu’elles recèlent, et qu'au contraire, cette séve coule rapidement d’un morceau séparé de la liane, quelle que soit d’ailleurs la longueur de ce morceau, ne doit-on pas inférer de là, que la force qui retient la séve dans la portion supérieure de ces lon-

mulosis ; foliis simplicibus, ovato-cordatis, acuminatis, remotè denticulatis, pellucido-punctatis, utrinque glabris.

Frutex scandens glaberrimus, ramis sarmentosis, non volubilibus. Cuticula virescens, longitudinaliter fissa, laciniis revoluatis. Folia simplicia vel rarissimè sub 3 loba, 3-5 poll. longa, 1 1-2 1 lata, ovato-cordata, acuminata, remotè denticulata, dentibus subulatis, pellucido-punctata. Petiolus 12-18 lin. longus, canaliculatus, basi contortus. Stipulæ minimæ oblongæ, apice rotundatæ, subfimbriatæ, sessiles, minimæ, tardius deciduæ. Ramuli floriferi.….? steriles oppositifoliüi, in cirrhos conversi, furcati, unisquamosi. Flores... .?

Habitat in Brasiliâ. (Voy. Gaudichaud, Bot. de la Bonite, pl. 131- 4132.)

gues tiges est précisément celle qui la forçait à monter dans toute la plante? Ce qui pourrait peut-être servir à le démontrer, c’est que la tranche de la partie inférieure de la tige, loin de chasser la séve au dehors, tendait plutôt à l’absorber; que, vingt-quatre heures après l’expérience, cette tranche était sèche, ce qui ne peut être uniquement attribué à l’évaporation.

Quelle est donc la force qui fait monter la séve dans les tiges, même dans celles qui sont séparées de leurs racines ?

La pression atmosphérique agit sur la séve renfermée dans un morceau de tige ouvert à ses deux extrémités, et la force à en sortir, et tout me porte à croire que cette pression s'exerce sur les liquides contenus dans les vaisseaux tubuleux des lianes comme s'ils étaient renfermés dans des vases inertes.

C'est peut-être aussi cette force qui empêche la séve de sortir par la tranche de la partie inférieure du tronc, tranche qui, dés le lendemain de l'expérience, fut trouvée sèche. Mais pouvait-il en être ainsi pour celle de la partie supérieure de cette liane , qui était longue encore de cent cinquante pieds et plus ? Non, assurément. Il faut donc admettre que plusieurs causes concourent à produire le phénomène de l'ascension de la séve, et ajouter à la pression atmosphérique, qui est probablement une de ces causes, une puissance trois ou quatre fois plus grande qu’elle (1).

Les feuilles du Cissus hydrophora sont très-vertes,

(1) Ce serait peut-être ici le lieu d'aborder quelques points de

DE LA SÉVE DANS UNE LIANE. 231 alternes, pétiolées, ovales-lancéolées, cordiformes à la base, subacuminées, dentées sur les bords, à dents eloignées, tubulées ; à pétioles canaliculés, tordus à la base; à stipules oblongues, subfalquées, très-légèrement frangées sur les bords, particulièrement au sommet, caduques. Les vrilles sont opposées aux feuilles, fourchues, à rameaux inégaux, subglanduleux au sommet, le plus court opposé à une feuille écailleuse très-petite ; ses tiges et ses rameaux sont ligneux. Cette liane, dont la longueur habituelle dépasse certainement trois cents pieds, a généralement de dixhuit lignes à deux pouces de diamètre. Ses tiges sarmenteuses, après avoir formé mille contours, vont

théorie sur ce sujet, si je ne devais y ètre naturellement conduit plus tard par d’autres fai

Je dirai seulement, par sal litées: que ces théories reposeront, si je ne m’abuse, sur les plus simples lois de la physiologie, de la physique et de la chimie; ainsi que mes prédécesseurs l’ont en partie établi.

Je diviserai les forces qui produisent l'ascension de la séve en extérieures et en intérieures.

Les forces extérieures sont la pression atmosphérique, la chaleur, la lumière solaire, etc.

Les intérieures pourront se diviser en forces de nutrition et en forces de sécrétion.

Dans les premières, je rangerai l'absorption des liquides et des gaz, la combinaison des gaz entre eux, la conversion de ces gaz en ‘ liquides, celle des liquides en solides, et les changements de volume qu’ils éprouvent. Dans les secondes, je traiterai du dégagement des gaz, de l’évaporation des liquides, résidus, etc.

Ces phénomènes, qui se subordonnent tous, constituent les grands actes de la vie physiologique dans les végétaux.

se perdre sur le sommet des plus grands arbres. Leur écorce est épaisse et verdâtre, à épiderme glabre, uni et luisant dans les jeunes sujets, rugueux et fendillé en long dans les vieux, à bords roulés.

Cette plante produit deux espèces de tiges. Les unes (les véritables) sont anguleuses, garnies de nœuds et légèrement sinueuses; les autres (les racines adventives) sont régulièrement cylindriques et droites. Les premières ont un canal médullaire très marqué , des fibres corticales rares et des trachées : dans les secondes (les racines adventives), le canal médullaire et les trachées manquent totalement. Il en est de même des vaisseaux fibreux de l'écorce qui sont remplacés par des granules ligneux (1).

Dans ces deux sortes de tiges, les rayons médullaires sont très-peu marqués , et représentés seulement par l'alignement des tubes qui sur la coupe transversale forment des séries qui rayonnent très-régulièrement du centre à la circonférence. Ces vaisseaux tubuleux sont pour ainsi dire libres et faciles à disséquer. Par la dessiccation ou par une légère macération, ils se séparent d'eux-mêmes.

On observe quelquefois un accident qui détermine des renflements de distance en distance sur toute la longueur de la seconde espèce de tige. Il provient sans doute de la piqûre d’un insecte, Si l'on dissèque ces sortes de tubérosités creuses, cloisonnées, qui acquièrent ordinairement les dimensions d’une orange,

(1) Sclérogène.

DE LA SÉVE DANS UNE LIANE. 233 on trouve que les tissus tubuleux de la portion supérieure de la tige se divisent en faisceaux divers pour former les cloisons de la tubérosité, et qu'ils reprennent dans la partie inférieure l’ordre qu'ils affectaient supérieurement.

D'autres fois, ces rameaux tubuleux restent libres et forment autant de racines qui descendent ainsi de cent à cent cinquante pieds de haut jusqu’au sol < où elles s’implantent.

Du sommet des premières tiges, qui sont les véritables, entre les feuilles et les vrilles, partent des racines adventives, rougeûtres et filiformes tant qu’elles sont Jeunes, libres et flottantes, mais qui verdissent et acquièrent l'aspect et le diamètre ordinaire des tiges par le temps, ou dés qu'elles ont atteint le sol. Ces sortes de racines, dont MM. Turpin et Poiteau ont parlé avant moi, seront décrites à part dans l'ouvrage que j'ai entrepris sur la phytologie et sur l'anatomie comparée des végétaux.

Ces deux sortes de tiges, ainsi que toutes les parties de la plante, sont glabres.

Elles confirment et résument à elles seules, ainsi que je le démontrerai bientôt, les théories de La Hire et d’Aubert du Petit-Thouars; théories qui attribuent aux prolongements inférieurs et radiculaires des bourgeons ou des parties qui les constituent, la principale cause du développement en largeur des tiges des exogènes, c’est-à-dire , la formation des tissus fibreux et tubuleux.

Quand je traiterai de l'organisation des vignes et

234 SUR L’'ASCENSION DE LA SÉVE DANS UNE LIANE. spécialement de celle des Cissus, j'indiquerai quelques faits qui caractérisent les tiges de ces plantes. Je ferai connaître l’ordre de distribution des tubes dans les racines adventives; la forme allongée de certains tissus cellulaires au sein desquels on voit distinctement s’opérer, tant qu'ils sont jeunes, le mouvement de translation de la globuline en grains rares, arrondis et d’un beau vert; dans les tissus anciens cette globuline se retrouve encore, mais agglomérée en une seule masse solide et entièrement décolorée; enfin des tubes capillaires, vitreux, transparents (raphides), y abondent aussi.

Le Cissus hydrophora se trouve communément dans les bois sombres des hautes collines qui dominent de toutes parts la plaine de Santa-Rosa, située à l’est et à trois lieues environ de la ville de Rio de Janeiro, derrière Praya-Grande et San-Domingos.

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