‹ Voyage autour du mondeChapitre 17 sur 22 · DES VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

DES VÉGÉTAUX

En y réfléchissant , toutefois, je ne tardai pas à reconnaître qu'on pouvait tirer un grand parti de ce moyen, et le soir même de ce jour, je fis pénétrer des cheveux dans toute l'étendue d’une tige de Cissus qui n'avait pas moins de cinq pieds de longueur. Huit jours après, j'avais fait passer des cheveux , non-seulement dans toutes les tiges des régions tropicales que j'avais recueillies dans mes voyages, dicotylédones, monocotylédones, fougères, lycopodes, etc., mais encore dans les tiges de tous nos végétaux ligneux indigènes, même dans celles des conifères, qui passent généralement pour n'avoir pas de vaisseaux.

L'anatomie et les injections de fluides colorés m'avaient montré les rapports qui existent entre les vaisseaux tubuleux des rameaux et les vaisseaux tubuleux des tiges, entre ces derniers et ceux des racines; je dus naturellement chercher à voir si, par le moyen des cheveux, je ne pourrais pas arriver au même résultat. Le succès le plus complet couronna mon entreprise.

Je fis donc passer des cheveux, des rameaux dans les tiges, des tiges dans les racines, et des racines principales dans les racines secondaires. Je ne bornai point là des expériences qui devenaient de plus en plus importantes.

L'anatomie, base de toutes mes recherches, m'avait aussi prouvé que les vaisseaux tubuleux ou radiculaires des feuilles du sommet d’un arbre passent à la circonférence de tous les tissus radiculaires tubuleux des feuilles précédemment formées, et que c’est par

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