CHAPITRE SEIZIEME
habilement édifiées que l'on s'isolait des frimas; rhomme apprenait encore le tissage des étoffes, perfectionnait ses armes pour la lutte contre les animaux dangereux ou utiles par leur chair et leur fourrure. Dans tous ces travaux, la pensée humaine dut se soumettre aux plus grands efforts qui lui eussent encore jamais été nécessaires, et les domaines de notre intelligence s'élargirent; ces premières victoires' contre des difficultés naturelles vraiment redoutables lui firent comprendre la gloire et le mérite de semblables luttes ; chaque jour, du reste , la nature lui en offrait de nouvelles ; s'il avait bien fait, il voulut faire mieux, et successivement le bois remplaça l'écorce et le chanvre, la pierre le bois, le métal la pierre; son type, ses facultés morales s'adoucirent, et, avec les siècles, il y eut entre lui et ses ancêtres sauvages un véritable abimel Mais si les races humaines ne cessèrent de marcher ou plutAt d'errer sur notre planète suivant des directions générales bien marquées, la civilisalion suivait aussi leurs traces, et chaque découverte nouvelle et utile, chaque plante ou fruit, chaque animal domestique et précieux se répandait peu à peu , de proche en proche , parmi les habitants de la terre , n'étant arrêté que par les conditions cli-' malériques ou de grands obstacles naturels. Par contre, il arrivait aussi que les émigrants n'étaient que des bordes rudes et sauvages qui passaient
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comme un brutal et farouche ouragan sur les territoires riches , cultivés , somptueux , et les ramenaient à l'état de pauvreté d'oh les avait tirés le travail des BÎècles; c'est ainsi que durent se passer les choses pour les peuples qui élevèrent en Amérique, en Asie , en Afrique et en Océanie ces monuments qui nous étonnent en nous démontrant qu'une civilisation complète a passé par là. — L'Europe a peu de ces monuments, la plupart de ceux qu'elle possède sont modernes, elle en ssit même Thisloire; c'est que cette partie du monde est, avec l'Amérique septentrionale, le dernier pointoà le courant humain vint ahoutir; le type, l'intelligence « les mœurs étaient déjà améliorés. Si l'on jette ea effet les yeux sur un planisphère, on voit que l'Europe est placée en -dehors du courant humain intertropical, et que les migrations ont dû s'y faire soit au moyen des vents variables et, alors, de la cAte d'Amérique, ce qui est bien peu probable, soit par l'intermédiaire de l'immense continent asiatique, la mer des Indes, la mer Rouge, et enfin la mer Méditerranée; celte dernière marche, au reste, est historique, et l'on sait que la civilisation dans le vieux monde s'est propagée de l'orient h. l'occident; nous l'avons vue avec les navires de Christophe Colomb poursuivre sa marche h l'est et s'installer en Amérique ; aujourd'hui que l'on sait dégager de la houille la force qu'elle contient, les vents perdent leurimpor-