CHAPITRE SEIZIÈME
exploration de l'île aussi complëÉe qae possible. En conséquence , dès le lendemain , je me présentai au gouverneur de l'ile , M. le comte de la Ronciére , et lui fis part de notre plan; il l'approuva d'aulant plus que la géologie de Tahiti était à peu près vierge , et qu'il pouvait résulter de notre étude quelque indice ou découverte utiles à la colonie.
Nous fûmes mis en rapport avec le secrétaire colonial, M. Bonet, lieutenant de vaisseau, et rien de ce qui pouvait nous être utile ne nous fut refusé ; nn bateau devait nous suivre le long de la c6te, portant nos provisions, nos instruments, et recueillant nos échantillons; nn interprète indigène originaire des îles Marquises, <i Monsieur Hoki » , nous était attaché; enfin nous étions munis d'une lettre écrite en langue indigène qui nous permettait de requérir auprès des chefs de tribu et des autorités françaises tous les hommes et moyens qui nous seraient nécessaires pour l'accomplissement de notre entreprise. Nous fâmes donc bientôt dans les conditions les plus favorables pour faire un voyage aussi agréable que fructueux, et le surlendemain de mon arrivée nous nous mettions en route le long du rivage, le pied leste et le cœur joyeux, pendant que nos rameurs indigènes entraînaient vigoureusement sur la mer calme la baleinière chargée de nos pro-
Comme on le voit sur la c&rte qne je donne de
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cette île, Tahiti a la forme d'un S qui serait couché dans la direction du nord-ouest au sud-est ; elle est entourée presque partout d'une plage horizonlale qui s'élève de quelques mètres au-dessus du niveau de la mer et repose ordinairement sur une assise de coraux morts. C'est le long de cette plage étroite que ta végétation se montre dans tout son luxe ; les forêts de cocotiers, d'orangers, de papayers, les arbres à pain , y formeol un dame élevé et d'épais rideaux de verdure qui s'entr' ouvrent çà et là Un instant pour laisser apercevoir la mer et son horizon sans bornes. C'est le long de cette plage verdoyante que sont échelonnés tons les indigènes, car vers l'inlériear se présente aussitôt an chaos de montagnes et de pics dont les pentes ont des inclinaisons tellement exagérées et supportent une végétation si touffue que les explorations y deviennent le plus souvent impossibles.
Les villages indigènes sont si rapprochés qu'il nous était toujours facile d'arriver k l'on d'eux pour la halte du soir. La renommée nous y précédait habituellement, et un repas nous attendait, peu varié mais copieux : le traditionnel cochon de lait, cuit tout entier dans la terre au moyen de cailloux rougis préalablement dans un brasier; des poules, des pommes de u l'arbre & pain v , et toute espèce de fruits.
Pendant que nos domestiques étudiaient le mena
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