‹ Voyage autour du mondeChapitre 4 sur 98 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

Texploration de l'Australie : Baudin , pour la France , Flinders , pour l'Angleterre, furent chargés de cette importante tâche. Les travaux hydrographiques du navigateur anglais furent bien supérieurs en exactitude à ceux de Baudin ; mais les observations des naturalistes français, consignées dans la narration de Pérou, jetèrent de grandes lumières sur la oonstitution physique du contin^t australien.

La Russie, à son tour, fit paraître son pavillon sur cette mer ; Krusenstem, en 1804 et 1805, fut chargé d'une expédition à la fois diplomatique et scientifique. Aucune terre nouvelle ne fut signalée, mais des documents utiles pour la géographie furent recueillis. Cette expédition fut en outre la première origine des excellents mémoires que Krusenstem a récemment publiés sur l'OcéaniCr -

L'expédition de l'Américain Porter, dans ces mers , en ISf 8 et 1S14 , fut purement militaire , et causa d'immenses dommages au commerce anglais. Toutefois , il faut poter que Porter consigna dans son journal les documents les plus détaillés et les plus curieux sur les insulaires de Nouka-Hira, encore très-peu connus.

Peu après , Kotz^ue conduisit dans ces parages le brick le Rurick , armé aux frais d'un simple particulier, de Romanzoff. La découverte de diverses fies, notamment dans les Carolines orientales, couronna les efforts de Rotzebue en 1816. Les observations du savant Chamisso ajoutèrent un vif intérêt à la relation du capitaine.

En 1819, M. Freycinet commandait fUranie dans sa navigation au travers de cet Océan. Les résultats de cette campagne , quant à la géographie , furent médiocres , et se bornèrent à la reconnaissance de deux ou trois îlots dans les Carolines , des îles Mariannes , et à la découverte de l'écueil Rose. Des matériaux en histoire naturelle en furent seuls le fruit.

Presque à la même époque , le Russe Billinghausen parcourait l'Océanie ; il y découvrit plusieurs îles nouvelles, entre autres l'Ile Ono, au sud de l'archipel Yiti. Sa relation ne nous est pas connue. De 1818 à 1822 , King complétait avec succès l'exploration des parties de l'Australie encore vaguement tracées. Son travail est un modèle de patience et de courage « et son récit présente des détails curieux sur les Australiens et la nature de leur pays.

En 1823 et 1824, M. Duperrey parcourut la mer du Sud avec la Coquille^ 11 signala un certain nombre d'Iles nouvelles , surtout dans les Carolines , et fit quelques reconnaissances partielles dont les plus importantes sont celles des îles Mulgrave , du groupe d'Hogoleu et des îles Schouten sur la côte de la Nouvelle-Guinée. Cette expédition surpassa celle de l'Uranie par la quantité des objets d'histoire naturelle qui furent rapportés.

L'Américain Paulding a rédigé la relation du voyage fait par le schooner le Dolphin , envoyé , en 1825 et 1826 , à la recherche des révoltés d'un navire baleinier qui avaient dû s'établir sur les îles Mulgrave. Cette relation n'indique qu'une seule découverte, celle de la petite île Uull ; mais elle contient quelques renseignements nouveaux sur les îles Mulgrave.

L'Anglais Beechey, en 1825, 1826 et 1827, traversa TOcéan Pacifique sur le Blosiom. Il ajouta quelques îles à l'archipel Pomotou , qui en comptait déjà un si grand nombre , et

INTRODUCTION. vil

exécuta des traYaux estimables sur la partie la plus reculée de T Amérique vers le N. G. Son ourrage est fertile en documents du plus haut intérêt sur la constitution géologique des lies de rOcéanie, et sur les mcrars de leurs habitants.

En 1826, 1827 et 1828, VÂstrolabey sous notre direction, sillonna les mers de rOcéanic. Sous le rapport géographique, les résultats de cette expédition ont été Pexploration suivie de 400 lieues des côtes de la Nouvelle-Zélande , de Tarchipel Viti , des îles Lof alty, de la partie méridionale de la Nouvell^Bretagne, de. la partie septentrionale de la Nouvelle- Guinée, dans un développement de 860 lieues, et des tles Vanikoro , Hogoleu et Pelew. Par suite de ces reconnaissances , une soixantaine d'Iles , tlots ou écueils encore inownus , ont été signalés à la navigation. Le nombre des objets d'histoire naturelle déposés au Muséum , encombra les salles de cet établissement, ainsi que l'atteste le rapport de Cuvier. Les Français attachés à cette expédition eurent en outre la satisfaction d'élever aux mânes de La Pérpuse et de ses compagnons d'infortune, un monument sur les lieux mêmes où ils périrent, apr^ avoir eu le soin de constater ce triste événement par tous les moyens possibles. La relation de cette longue et pénible expédition est à peu près terminée : il ne nous appartient point de la juger; seulement nous pouvons annoncer qu'elle fournira de nombreux documents à notre voyageur.

Nous mentionnerons le voyage de M. Laplace, exécuté en 1830 et 1881 . Bien que la science ne fAt point le but de cette expédition , cependant des travaux utiles ont été accomplis dans les mers de la Chine ; et la relation de M. Laplace renferme des renseignements fort étendus sur les divers lieux qu'il a visités.

Là se termine la revue que nous nous étions proposé de flaire des voyages exécutés jusqu'à ce jour dans l'Océanie. Nous n'avons point eu la prétention de la faire complète, mais le tableau que nous venons de tracer suffit au dessein que nous avions eonçtf , d'initier le leo* teuràlaccmnaissancedes noms que nous aurons l'occasion de citer.

Tous les voyageurs, sans exception , qui ont parcouru l'Océan Pacifique , y ont remarqué deux variétés de l'espèce humaine très*di£férentes l'une de l'autre, et d'après les traits nom*» breux et essentiels qui caractérisent chacune de ces deux variétés , Ils les ont séparées sur- Ifrdiamp en deux races distinctes.

La première offre des hommes d'une taille moyenne, au teint jaunâtre plus ou moins clair, aux cheveux lisses , le plus souvent bruns ou noirs , avec des formes assez régulières et des membres bien proportionnés, souvent réunis en corps de nation et quelquefois organisées en monarchie.

L'autre race se compose d'hommes d'un teint brun très-foncé , souvent fuligineux , quel* quefois presque aussi noir que celui des Cafres, aux dieveux frisés, crépus, mais rarement laineux , avec des traits disgracieux , des formes peu agréables , et les extrémités souvent grêles et disproporti<Hmée$. Ces hommes vivent généralement en tribus peu nombreuses ; presque jamais ils ne forment un corps de nation , et leur état se rapproche toujours de la barbarie.

Page 1