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LIVRE III. — Dê Timor aux Marjannes. inclusivement

Vaigiou par M. Gaimard : on pourra les comparer aux mesures du même U» d» Papous, irenre données plus lia tu pour un Gucbéen. . .

O . • 1 .. . «.-comme individu.

Hauteur totale du corps. . * ►. , ............... . 1 624 miJ Inné très.

Longueur de la colonne vertébrale .7,. . 6 23. * ».

Petite circonférence de la tête ..... . . 528. • *

Grande circonférence de la tète. ............... 62,3. .

Circonférence du cou, à la hauteur du thyroïde. ... 329.

- -■ — de la poitrine à la hauteur du sein. ... . 720.

. . ■ . — y compris les bras, 99°f

- du ventre à l’Ombilic 893^

— — i— - — — . du bassin. «,. v ... r. .. ... . ... 8ja.

Lcmgueur.du membre supérieur. . « . , . v. ^ - 677. '

"Circonférence delà cuisse, *u tiers supérieur 47^*

m ■ ■ — ■ ■ — - -- âu-dessu& du genou. . .« '383-

. . — - — — — du mollet. * ‘ 34** ...

* — - — de la jambe, à sh partie inférieure. a ; ip4*

; — — i — du bras, à sa partie moyenne. 277.

— , de l’avant -b ras , -au tiers supérieur.. . . • 266.

*- du poignet. . . v . .. 1 60.

Longueur du nteiftbre inférieur. .... .... 787^ .

„ du pied, . i$7- V.

. ’ Largeur, du pied. .... jotf. \ ,

• Circonférence du coudc-pied. . ' }4i.

•' .«V wu- - F W ,

Le squelette contenu dans le tombeau principal de Rawak, portoit, d’après le même observateur, les dimensions suivantes pour le bassin ?

Grande circonférence du bassin. ......... 7. .... . 812 millimètres.

Circonférence du détroit abdominal.-. :} ........ ^ 386.

Diamètre sacro-pubien . % .. i 08. •

’> Diamètre iliaque ou transversal, . . . sS. ......... . iii; .

Diamètres obliques. > . . , . ... . . 1 13. ’ . «

Circonférence du détroit périnéal. .... , . . • . 4î3*

Diamètre coccr-pubfen 1 . . 1 08.

Diamètre ischiajique ou transverse ............... * 81., , ‘

Diamètres obliques*. ... ; ,#.v:4.,Vi. ....... * ro8.

Hauteur du sacrum. T. ^1.08.

■ • ' Distance comprise entre les deux épines iliaques antçr

. , ’ , heure et supérieure. aJ. . . ...... . . .•;l. . . . 212. *

Voy&gt Je r Uraaie. — Hworique. 'Y. II. * jQ

M» des Papou;. De* six têtes que l'on voyait devant, le même tombeau (pi. 46) . cinq •Oe l'homme avaient lin angle facial de 71 degrés; ■ • - '

corn me individu, £* ^ - P ■ / J r> . * .

Si jusquici nous n 'avons donné aucun détail relatif aux femmes , oeSt qu’on a toujours eu soin de les cacher A nos yeux, et même de les cm- • mener dans les bois lorsque nous nous approchions de quelque village.

La seule que nous vîmes, étoit une jeune fille que le kapitan Guébénous proposa d’acheter; elle avoit les cheveux lisses, la peau basanée, èt des formes assez agréables, quoique ses charmes fussent diminués par son air triste et souffrant. A la vérité, nous ignorons Si elle étoit née aux îles des Papous, à Çuébé,- ou ailleurs. . '

Mal»*». Ces insulaires sont en. proie à un fléau terrible, à ia lèpre, que les Papous" nomment baierai, et les habitans de Guébé, matai; elle influe particulièrement . quelquefois $ur leur physionomie. et sur la couleur de leur peau. Ses ravages sortt 'tellement étendus, qu’on peut, sans exagération, dire que iesfixième de la population en est infecté. Quelque horrible et dégoûtante que soit cette maladie, .sur-tout à cause de la chaleur du cli- " • . mat, elle ne parott guère incommoder lesmalheureux qui en sont affligés, et

ils se livrent, commeles autres, à leurs courses et à leurs travaux habituels.

«* Cette infirmité commence, -autant que j’ai pu l’observer, par une dartre blanchâtre dont la consistance et l’étendue augmentent insensiblement. Bientôt la partie où s’est manifestée l’éruption se couvre d’une écaillé sèche, légèrementadhérentè par utyde ses bords à l’épiderme, et se recourbant tant «oit peu en dehors par le bord opposé, de sorte qu’on peut la détacher avec les doigts. Cette lèpre parmi attaquer indifféremment toutes lès parties du corps, ou plutôt elle finit par les envahir toutes; . . quelquefois c’est la face, la poitrine sur-tout; mais chez le plus grand

nombre. Ce sont les. bràs, les cuisses , &c., qui sont atteints. Une dé ses ' particularités, c’est de produire des écailles à raies concentriques et à raies ondulées, comme l’indique. le dessin de notre planche 44- • ■> Elle sévit confie les individus de tout âge. .Malheureusement je n’ai pu la suivre dans -ses progrès, ni- savoir si les malades crut quelques moyens de se guérir, ou sont'dans la triste nécessité de subir ayec résignation .les- • • effets de sa malignité, H m’a encore été-impossible, et je le regrette, vi-

vement , d’essayer sur eux les remèdes- qui étoient à ma disposition,

LIVRE III. —De Timor aux MaRiaNnes tnclusiviiMent, 5 1 * Cependant les ravages de cette cruelle tnalndlé sont moins'répandus HêiJ« Papou», ici-qu’à Timor-, car-noas vlnfes âCoupangdesenfnns tellement rongés ^i^Ji^hu par »(es ulcères croûttux , aux sourcils, à*la figure, et un eture autres tria -

cheville du pied, qu’ils étoient pour tout le monde, un objet de- -dégoût et d’horreur. - . . . • * ' • „■ • • ■

Causes occasionnelles Je ta lèpre. — ■> Nous croyons que cette affection' a pour causes occasionnelles la nature du sol, celle de l’atmosphère, et la nourriture. Les habitans du Nord de Vaigiou vivent sur des côtes en partie submergées, oit par l'Océan, que la marée fait refluer .sur les. terres , On par des rivières dont le lit a peü de profondeur; l’île Boni elle même est basse et marécageuse. Dans tous ces lieux couverts de bois .règne une humidité constante,' et l’on sait quels résultats peuvent avpir les effluves délétères de marais qui communiquent avec la mer (.1). Aussi -.nous avons attribué à l’insalubrité de leur voisinage f’abandqrym paroissoient être depuis long-temps certaines cases que nous rencontrions dans nos courses; de nombreux tombeaux les entourôient, indice très-probable que ceux qui'avoient Survécu s’étoient réfugiés -sur une terre moins inhospitalière. Lorsqu’une fatale, nécessité les enchaîne à ces. bords, les naturels tâchent du moins d’en' atténuer l’Insalubrité, par ia précaution, presque générale parmi eux, de’ construire leurs maisons sur des pieux hauts de six à sept pieds , mais souvent plantés dans l'eau, comme à Rawak.. ...: -y ;. '■ . . • .* ’,’ y . * . - •

v Quoique l’influence d’un tel séjour suffise pour déterminer cette éruption pernicieuse, je crois que ia nourriture dont ils font usage en est une cause pius active. Leur, manière de retirer la-fécule du sagoufier est st grossière, que le pain qu’ils en furtt cofuient toujours une.forte quantité de parties ligneuses; encore leur arrive-t-il, ainsi que nous l’aVonj Constaté, de ne manger ce pain que lorsqu’il est aigre: et cepèndant c’est peut-être (à leur meilleur mets, avecle poisson. Que sera-ce si l’on considèrequ’îls font une consommation prodigieuse de cotpi i U âges (2), sojt parce qu’ils en sont naturellement avides, soit parce.qu’ils n’ont aucune peine pôurles recueillir?

(1) «. ptg. 164. ... •

{») Coiom le» mollusques appary-nast aux genre'» des bénitiers , des buccins, desplacunq», des pernë*, des woctoli, ôcc. \ * .v*

jï :• . - ; VOYAGE AUTOUR OU MONDE, U i

Resdes Papous. ' « En Europe, où J’usàpe d’un tel aliment est krfndVllfc aussi général ; U ' P* est <ePc!tdant considéré comme très - malsain ; « c’est une opinion reçue

. ' «jue le poisson, indépendamment des vertus aphrodisiaques qu'on lui

-■ . < Stcorde, efisjiose aux mattdics cutanées, qui, par cette raison, se pré- . sentent plus fréquemment chez ceux qui vivent aux bords de la mer.

» A ces deux causes principales on peut joindre la malpropreté habituelle <le ces insulaires , malpropreté que le défaut presque absolu de vêtement rend peut-être encore plus repoussante. ■> ( M. Quoy. }

Fièvres*-*- e Nous avons peu parcouru i’rte Vaigieu, et cçux de ses iiabitans qui nous ont visités sont à-peu-près les seuls sur lesquels nos regards aient pu s’arrêter : il n’est donc pas étonnant que nous n’y ayons observé aucune trace des fièvres intertnitténtes et rémittentes qui se dé-, clarèrent parmi nous (i) après notre départ de cette station. Mais quand même ces^insulaires en seraient tous’exempts , ii faudrait en chercher ia raison dans l’habitude, assez puissante pour neutraliser en-eux les funestes effe ts des exhalaisons marécageuses ; car il est constant que nous n’avons puisé que dans leur île le gerntede ces terribles-maladies. » (M. GaimarJ.)

Ee kapitan Guébé qui parait bien connoître ces contrées, nous a assuré qu’il existe des anthropophages à la Nouvelle-Guinée; assertion •qûi suppose un degré de cruauté et de barbarie dont nos Papous de Vaigiou ne- nous ont pas semblé capables. Quoique intelligens, et même trèsspirituels, la timidité et ia cîainte sont les nuances dominantes de leur caractère. Rien ne-nous a autorisés à croire qu’ils fussent enclins à faire le mai ou à -dérober; ali contraire, ils se sont montrés bons et hospitaliers; et dans une circonstance importante, où iis auraient pu abuser dë notre confiance, nous avons eu occasion de nous louer de leur ( bonne 'toi. ■ ‘ \ ■ \

• ' De l’homme v\yant en famille. ' ' '

Habituions, Ainsi que nous l’avons déjà dit, les cabanes des Papous, à peu d’ex-

• ! . (il Pisprés l'ordre chronologique dus faits, l’histoire de cette épidémie doit appartenirau

* chapitre suivant. ^ •' •

Caractère’ de$ Papous.

LIVRE 111. — De Timor aux M ariannes inclusivement. 5 3 cepiions près, sont construites sur pilotis, soit à terre, soit en mer près du rivage ; coutume suggérée sans doute autant par la crainte desémanations malsaines que par celle des reptiles venimeux. M. Duperrey a, remarqué que, sur Vaigiou , les habitations éroient en grand nombre dans les lieux; où le débarquement est impraticable ou très-difficile, et*que sur ■ ceux d’un abord aisé, elles sont au contraire rares, abandon nées' et en ruine, ce qui semblerait à-la-foi* une preuve et une conséquence du caractère.de'pusillanimité qui distingue les naturels.

Ces maisons se composent toutes de pieux enfoncés enterre, soutenant des traverses auxquelles sont fixées, avec des liens d’èçorce, les côtes principales des feuilles de certaines "espèces de palmiers, taillées et serrées les unes contre les autres. Les feuilles des mêmes arbres, artistement imbriquées , forment .le toit. 11 n’y a ordinairement d’autre ouverture que la porte. Quand les cases sont constrùites au-dessus de l’eau, elles communiquent avec la terre à l’aide d’une espece de plan incliné v garni d’une rampe (pl . 48), et également supporté, par des pieux , ou bien on se sert d’une échelle que les -propriétaires retirent après eux pendant la nuit pour leur plus grande sûreté. Dans les maisons de ce genre que nous avons vues à Rawak, près de notre observatoire, une galerie, divisée en deux dans toufe sà longueur, précédoit le logement prindpai, et une autre régnoit du côté de la. mer. Quoique petites, ces- cabanes, si elles éroient plu» propres et mieux entretenues, seraient assez commodes , car on y est à l'abri de l’humidité, qui rend si malsaines celles qui reposent sur le sot

Les habitations de labaied lnabiavç (i ) avoient étéabandonnées lors de notre arrivée ; mais peu-à-peu les habttaiis, s’étant accoutumés à nous voir, revinrent en prendre possession. L’une d’elles, située à quelque distance de la côte , et non loin de la rivière où nous Élisions aiguade , fût visitéè par MM. Ptdlion et Gaimard t on l’aperçoit dans le lointain à gauche. Sur notre pi, 4p- Également bâtie sur pilotis', elle cto.it remarquable par sa belle apparence, par sqjfparois faites de planches parfaitement jointes, par son parquet et sa toiture en feuilles de cocotier et dé iatanier. Elle avoir, au milieu df sa- faee antérieure, une porte à. deux battans, surmontée d’une * .

{ 1 ) Dan* le Sud-Ouest de Rawak, sur file Vaigiou. (V^eç la planche $ de notre Atlas nautique. ) • * : ‘ * * * * 1 * . ^ -

lie* de» Papous.

De l'homme en fajnilh?.. .

lies des l*àpous. sculpture grossière, qu'nccompagnoient de' chaque côte deux fenêtres

^métriques/ ... ' • 'Y 1 'Y Y

Nnurritnre. Toutes les ressources alimentaires des habitans se composent de sagou, qu’ils tirent du cytas et que de. temps à autre ils vont chercher dans les molTtagnes ; de maïs, de.poisson , de cocos, de bananes, .de riqia, et de plusieurs autres fruits qui croissent spontanément dans leurs bois; de quelques fucus et ulvas , de cochons sauvages , et d’oiseaux qu’ils abattent habilement à coups de flèche; enfin de tortues de terre et de, mer , de crustacés et de. nombreux coquillages de genres, varies. Ainsique iesGuébéenS,' les Papous , font cuire dans des moules d’argile leurs pains -de sagou,, et quelquefois ils les mangent trempés dans du lait de coco.. Pour apprêter leur poisson, ils emploient un treillis fait avec les côtes vertes des feuilles île cocotier (t ), qu’ils assujettissent sur quatre pieds fourchus audessus djuo grand brasier. Le poijsoh, divisé par tranches lorsqu'il est gros, y est placé et cuit promptement, avant même que cette espèce de gril ait pu être attaqué par.Ie feu. Les individus qui mettent de la recherche dans • leurs répas, se .servent, en guise de nappe, de feuilles de cocotier; et quand . la pluie les surprend en pareil cas , loin de leurs demeures , des feuilles de palmier coupées et disposées en moins de temps qu’il n’en faut pour le rp*

, conter, leur fournissent à ia minute un abri aussi commode que pittoresque,! Vèttnfieri,. Leur costume est pn ne-peut pas plus simple : i{ se réduit à un Ltngouti, fait" d’une bande d’écorce de figuier, macérée dans.l’eau et battue. Les chefs . cependant se couvrent assez ordinairement la 'tête d'un fichu, ou d'un morceau d'étofiè; il en est même qui poussent le luxe jusqu’à porter ' un pantalon,- une. -espèce de camisole, ou' une robe à 1’imitatiun des

habitalis de Guébé; desquels Us tireijt, sans doute, ces pbjéts, qui partissent avoir beaucoup de prix pour eux. Ils se servent contre la pluie d'un vaste chapeau de forme conique , en feuilles dé palmier. Les enfans vont entièrement nus;’ . ,

■OrrnnmiJj — « M. ’Quoy a observé que les permîmes de marque portent au poignet gauche un et quelquefois deux bracelets d’une blancheur éclatante, construits avec un coqüUlagedu genre des cônes ; ilsy font . entrer ,

(t.) CeÇ appareil a ordinaire mem '^pieds 'de longueur *ur 3 de large; sou élévation audèsstis do sol est dè 3 plad*.' ( Voyt^ pi. J . J

LIVRE HL — De Timor -aux Marjannes inclusivement.' 55 la main par force , ou on Je "leur place au bras quand ils sont encore trèsjeunes, de sorte qu’il serait impossible de l’enlever à la plupart sans le rompre. J’eus àce sujet, avec l’und’eux , -Une conversation enpaiuomime : désirant Obtenir un de ces bracelets, je lui offris en échange des couteaux , qu’il sembioit convoiter -ardemment. Aptes avoir fait d’inutiles 'efforts pour le retirer de son bras," il m’en monira l’impossibilité. Je voulus lui indiquer qu’on pourroit Je scier, et je iui en' fis le signe-, mais à cause, soit de la distance qui nous séparoit, soit de l’ambiguité de mes gestes, il comprit mai ma pensée, et crut que je lui proposois de lui couper le bras: ce fut alors un éclat de rire général dans toute sa pirogue; pour lui , il contrefit le mort, en me disant m/iti [mourir]. Je cherchai et je réussis à le faire revenir de son erreur; et aussitôt il se montra très-disposé à m’accorder «on bracelet , dont il paroissoit Jâire d’ailleurs peu de cas.

• ’ ‘.s* vr.' '■ ' -> -,

tics des Papous .

De l'homme ^ en ûmiUe.'*

De l’homme réuni en société;

Quoique nous n’ayons vu surfa côte de VaJgiou que des hameaux où de petits villages , nous sommes disposés à croire qu’rf en existe de grands dans l’intérieur, conformément au rapport des habitons: Nous en avons remarque deux assez importait* dans les baies d’Àzoukouel et d’Inambire-, l’un est nommé Variaré', l’autre Hamcmo. Le premiar, qui gît dans l'Est , et 'à peu dé distance de Kiibaréi , doit avoir avec ce dernier de faciles communications ; mais, du côté dé Ta mer,' il nous paroît impossible d’y arriver, à cause d’une ceinture de brisons qui défend l’abord de la côte. Le plus grand de» villages dont nous ayons eu connaissance, situé surTile Boni , en porte lé nom : il a été visitt par MM. Quoy et- Duperrey, et; se composé de vingt maisons semblables à celles que nous avons décrites, foutes bâties près du rivage et sur pilotis: une seule, construite avec plus' de soin et plus spacieuse que les autres , avoit l’apparence d’un temple ; mais on né put s’en assurer. Du Teste, sur toutes ces iles et dans toutes les directions , on aperçoit de nombreux groupés de trois ou quatre habitations : il faut excepter Manouaran , où il ne s’en est offert aucune à notre vue.

Vtllfr.

eh village».

Ilek des Papous.

Di? l’homme en société/

Vio sociale.

Religion.

La Conduite que tinrent avec nofls nos commensaux Moro et Srouane, a pu seule nous donner une opinion favorable de la sociabilité de leurs compatriotes. Nous ignorons au reste complètement s'ils sont réunis en grandes peuplades , sous l’autorité d’un ou de plusieurs souverains , ou si chaque communauté d’habitans n’obéit qu’à son propre chef. Il nous a été également impossible d’évaluer l’étendue de la population ; nous l'avons jugée peu considérable, du moins près dés. bords de la mer.

Les habitans de l’intérieur de Vaigiou ont un langage et peut-être même plusieurs idiomes qui jeur sont particuliers, et qui diffèrent essentiellement du papou et du malais qu’on parle sur les côtes : ils se donnent à eux- ' mêmes le nom d’ ' AHfourous. Nous avons obtenu quelques mots de leur voéabulaire , qui seront réunis ailleurs.

Lé baiser, usité comme salutation chez Jes Européens, n’est point en usage ici. Les chefs fraternisent pourtant par une sorte d’accolade qui se rapproche à certains égards de l’embrassement : elle consiste à porter la main droite à son cœur et à sa tête, puis sur l’épaule de celui qu'on salue, et à se toucher mutuellement du bout du nez ; tout teia se fait avec aisance et célérifé.

II me paroît certain que quelques naturels des îles des Papous , sur-tout parmi les chefs, Sont mahométans. Notre ami Moro nous assura que le roi, mais non le peuple , d’une ville de l’intérieur nommée Vaigiou ellemême, ou plutôt Véghiou selon leur prononciation, étoit musulman. Les nombreuses. idoles ou fétiches placés soit dans les cases, soit dans les tombeaux de ces insulaires ,( i ), révèlent lâ nature de leurs croyances, et portent à conjecturer que la religion la plus répandue dans ces parages a beaucoup d'analogie avec celte des.- indigènes de Timor. JS'amki et Nanek-be'ba sont les noms qu'ils donnent à- la divinité; ce dernier mot signifie peut-être grand esprit -, ééiu’vouiant dire grand. La difficulté de nous faire entendre des Papous ne nous a pas permis d’en apprendre davantage sur cet important sujet. . . ,

..'■lis professent im respect profond pour .les morts, qu'ils enterrent près dé leurs démeures dans des tombeaux en bob, de la. forme d’une loge à-peu-près semblable à celles de nos chiens de garde;

(i) Voyez j>l. 47. • • r -- •

. LIVRE III. — De Timok aux Marianne* inclusivement* 57

quelques-uns seraient assez grands pour loger un homme; tous ont.lindMPapoin.

une fenêtre, par laquelle on y introduit des offrandes, telles que Ile l'homme 1 1 • / 1 en société,

divers ornemens faits de feuilles de1 palmier teintes, des armes, du

tabac-, des cheveux, des boites artistement tissées, des soucoupes en porcelaine, des simulacres d'idoles, des fruits, &c., preuve manifeste d’une croyance à l’immortalité de l’ame. Quelquefois le tombeau n’est qu'un hangar, sous lequel est une statue à-peu-près de grandeur naturelie , dont le corps et les jambes sont d'argile blanche, les bras et la tête * de bois. Nous avons vu le corps d'un, jeune enfant enferme dans une bottç élevée sur des pieux , et recouverte d’une petite pirogue renversée ; touchant emblème dé l’habileté qu’il aurait pu acquérir dans l'art de la navigation, si -la mort eût épargné sa vie ! A Rawak, près de .notre observatoire, six têtes sans mâchoires inférieures , rangées devant un tombeau , figuraient line espèce de trophée; on nous assura que c’étoient celles. des ennemis du mort. >> ( M. Quoy. ) Dans ce cas, il serait douteux quelles eussent appartenu à des habitans de ce pays. A côté de ces têtes oh voyoit un grand buccin percé d'unC ouverture circulaire, espèce de cornet à bouquin (1.), * . • . ■* .

■ Ce tombeau étoit le plus grand qu’il- y eût à Rawak : J es planches employées à sa construction, polies soigneusement , 11’étoient jointes ensemble, que par des mortaises et-des chevilles en bois dont la tête fessortoit à l’exlérieur de plus d'un pouce; On ayoh salis doute conservé cette saillie pour qu’il fût pins facile de démonter les pièces du- monument , lorsqu'on voudrait les renouveler en cas de détérioration , ou bien pénétrer dans l’intérieur, peut-être aussi uniquement pour qu’il fut plus commode à transporter.' La voûte*?tôit en feuilles de latanier et de yacou». A la faveur de l’ouverture ou fenêtre dont nous avons parlé, on distinguoit une caisse en bois ,' dont le couvercle déplacé laissent apercevoir les ossemens du défunt. Le* tombeaux voisins n’en contenoient point; nous- limes creuser, pour nous en convaincre, à plusieurs pieds de. profondeur , mais- à l’insu des Papous, qui sans doute auraient vu de '. .

mauvais oeil notty curiosité : nous nous rappelions ce passage de la Lu-

' ( I ) Le» Cajolinois en ont de semblable» , comme on peut le voie pL jd. - Vq/age l'UutaU. — Historique. T. IJ.

De l'homme eti société:

Couvememerfï.

llfiilci Pgpou». zerpe (1) : « Parcourez les nations de tous les pays, suivez-les dans tous ■■ les siècles; vous les verrez toutes, policées et barbares, instruites et >■ ignorantes, recueillir respectueusement les dépouilles corporelles de ■> leurs morts , révérer, décorer, embellir les tombeaux où ils les ren- » ferment, regarder comme un attentat, souvent même comme un sacri- •• légç-, de les Violer, » .

Les Papous de Vaigiou et des Ues plus petites qui en dépendent, sont gouvernés par des rois qu’ils nomment kolano, et- par des chefs subalternes, jntermédiaires entre le souverain et le peuple. Ces rois relèvent du sultan de Tidor, qui s'attribue la suzeraineté de toutes cesîies-; et les Gùébéens, qui sont eux-mcmes sous sa dépendance, Viennent à certaines époques lever les taxes auxquelles les habitans sont soumis. Ces tributs, exigés à ce qu’il semble d'une manière un peu rude , consistent , je crois , en sagou-, en esclaves , en écaille de tortue, et peut-être aussi en oiseaux de paradis; mais ii ne nous a pas été possible dobtenir sur ce point les lumières qu» nous eussions désirées. Nous avons jugé du moins que la présence du fimalaha de Guébé jetoit parmi les naturels une terreur , extraordinaire; car, comme- nous l’avons déjà dit, tous ceux qui nous loumissoienj des provisions de bouche prirent la fuite aussitôt après son arrivée. -- ... •

Ces , malheureux Papous nous ont paru peu belliqueux ; -iis n’oijt pour armes que des flèches, une sorte de javelot et des boucliers longs et fort étroits, parfaitement "semblables à ceux des Gùébéens, dont on peut voir une "représentation lidèle sur notre planche n.” 40; tour annonce qu’ils se servent aussi de cpnques pour se réunir et vexciter au

ibal.

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