‹ Voyage Autour du MondeChapitre 10 sur 165 · S. IV · texte numérisé non relu

S. IV

De l'homme considéré comme individu.

■ Les Papous de Vaigiou et de Boni sont, à ce que nous assura notre Qualités ami Abdalaga, de la même race que les indigènes de la Nouvelle-Gui- phy l?I' née; îls se donfient eux-mêmes le-nom de p/i/wiiiis, mot dont j’ai déjà fait connoitre le sens ( i). « Sauf un petit nombre d’exceptions, dit M. Pelllon, ils sont généralement laids; plusieurs ont des figures régulières, et même assez expressives; quelques-unes annoncent la finesse, d'autrés la douceur; mais, chez le plus grand nombre, on tre voit qu’un assemblage de traits-hideux et effi-ayans. { Voyez pl. ^3-) , ' .

■* Le front aplati, le crâne peu proéminent, l'anglé facial de y y degrés,' la bouche grande, les yeux petits et enfoncés, les pommettes saillantes / le nez gros, écrasé du botit, et se rabattant sur la lèvre supérieure, la . barbe rare, particularité déjà remarquée chez d'autres habrtans de ces régions, les épaules d’une largeur moyenne, le; ventre très-gros éf les ■ membres inférieurs grêles! tels sont les caractères distinctifs de Ce peuple.

« Leur chevelure est de nature et de forme (rès-variées : le plus communément c’est une volumineuse crinière composée d’unfe couche de cheveux lanugineux ou lisses, ■ frisant naturellement,- et n’ayant pas moins de huit pouces d'épaisseur; peignée avec soin , crêpée, hérissée en tous sens , elle décrit , à l'aide d un enduit graisseux qui la soutient, une circonférence à-peu-près sphérique autour de la tête; souvent iis y 1») pW *-i. P- 5*<- .V ' ' ■ ’

livides Papous, joignent, plutôt pour l'orner que pour ajourer à sa consistance, pn fort De l'homme long peigne en bois de cinq ou six dents. » ’ .• <

comme individu. B 6 , . , , , , , . . .

. *> Il en est dont tes cheveux sont agréablement frises comme dans nos contrées d’Europe; d'autres chez lesquels, selon la remarque de M. Quoy, l'angle facial est beaucoup plus aigu, les ont courts, laineux et sem- ■ blabies à ceux des nègres de Guinée; d’autres enfin les ont lisses et longs, ainsi que les Malais. Toutes ces chevelures sont noires; queiques-unes cependant sont mélangées d’un rouge ardent, et même presque entièrement de cette dernière teinte. .

» Chez lès Papous on voit en général des dents fort belles ; un petit nombre les ont noires et limées à la manière des Guébéens. Leurs lèvrès sont épaisses , san&J’être d’unè manière très-prononcée, et la saillie de leur bouche dépend plutôt de la disposition particulière des dents.

. » Ils sont, pont la plupart, trapus et fortement constitués; peu

d’entre eux ont une taille élevée ; il n’est pas rare d’en voir de maigres. Les Tîmoriehs l'emportent de beaucoup sur eux, tant pour la force que pour l'élégance des formes et la noblesse des poses.

>> Leur peau; d’un noir .brun, à teinte sanguine,' n’est que rarement

Les différences que nous avons signalées ont été sans doute multipliées par les alliances et les croisemens inséparables .de la réunion de ces hommes en un même peuple, mais elles ne peuvent devoir leur origine qu'à fa diversité des races primitives. Une des choses qui nous ont le plus frappés, -c'est la rencontre de deux individus qui,- par les traits de la figure et par la blancheur de la peau, se rapprochaient beaucoup des babitàns de l'Europe.: seroit-ii étonnant qu’ils eussent eu pour père un Européen, peut-être un .Chinois ! On sait que dès l’année 1528, Alvaro de Saavedra vit aux Carolihes , i peu de distance de ces parages , des îles dont quelques-uns des ltabitans étoient blancs ( r); et nous-mêmes, nous eûmes plus tard occasion d’y observer aussi ce curieux phénomène.

11 ne sera peut-être pas sans intérêt de rapporter ici le* dimensions des différentes parties du corps 'd’un Papou, prises sur un indigène de

(r) On peut voir, inr la constitution phyiiqut des Papous, les observation» que MM. Quoy et Gaimard pot consignée» dans le premier chapitre de I* Zoologie de notre Voyage.

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