‹ Voyage Autour du MondeChapitre 30 sur 165 · LIVRE III. — De Timor aux Mariannes inclusivement, ijj · texte numérisé non relu

LIVRE III. — De Timor aux Mariannes inclusivement, ijj

Le 4 juin, tous mes effets m’ayant précédé à bord, je m’y rendis dans U*, Marianne!, le canot du gouverneur, où se trouvoient avec lui , le major D. Luis , le «8'9curé d’Agagna et D. Justo de ia Cnit, directeur du collège. Il étoit deuxheures et demielorsque nous montâmes sur le navire. Mes dispositions avoient été faites pour offrir à diner à cette compagnie, augmentée de l'état- major de la corvette, également invité. C’étoit mon tour de traiter; je le fis de grand coeur : les .toasts et les coups de canon , auxquels ripostait un fort de l'ile , marchèrent de concert. Le plaisir d'être ensemble faisant oublier l'heure, on sortit de table trop tard pour que mes convives quittassent le bord tils y couchèrent, excepté D. Luis, qui, se trouvant ià en face de sa campagne de Somayé, voisine du mouillage, alla y passer ia nuit.

- Le lendemain, nous étions sous voiieà neuf heures et demiedu matin» nous comptions être le même jour devant Agagna, et y remettre, en passant, le gouverneur et sa suite : dans cette vue, il avoit gardé un canot ; mais ie ven) contraire ne- permit d’exécuter ce projet que le 6 dans ia matinée. Là se firent nos adieux, et ce n'est pas sans un profond attendrissement que nous prîmes congé de l'homme aimable qui nous avoit comblés de tant de marques de bienveillance : j’étois trop ému pour pouvoir lui exprimer tous les sentimens dont mon ame étoit remplie; mais les larmes qui roui oient dans mes yeux ont dû être ppur lui un témoignage, plus certain que des paroles , de mou émotion et de mes regrets.

Après avoir salué de neuf coups de canon le départ de ce digne gouverneui*, je fis aussitôt servir sous toutes voiles pour rallier ia partie de l'archipel des Mariannes, au Nord de Gaam , dont nous voulions compléter l'exploration.. . ■

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